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19/11/2011

Les vins de Figeac

La Libre, Momento, Papilles, Vins, chateau FigeacEric d’Aramon a fortement augmenté les prix de Figeac depuis le millésime 2009, afin de rejoindre à nouveau le club très fermé des “Super Seconds”.

Mise en bouteille: Baudouin Havaux


AU CHÂTEAU FIGEAC, Premier Grand Cru Classé de Saint-Emilion, on ne cultive pas seulement de la vigne, mais aussi des valeurs et des traditions, ce qui, à Bordeaux, n’est pas un vain mot. La propriété possède un passé historique particulièrement riche, dont l’origine remonte à l’époque gallo-romaine où ce grand domaine s’appelait villa, et la demeure, construite à l’emplacement de l’actuel château qui s’appelait Domus, appartenait à la famille Figeacus.

Depuis le IIe siècle, la propriété a traversé, avec des fortunes diverses, le Moyen Age, la Renaissance, pour atterrir, finalement en 1892, dans les mains des propriétaires familiaux actuels. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Thierry Manoncourt quitte Paris avec son diplôme d’ingénieur agronome en poche pour reprendre les rênes de Figeac. Il a non seulement marqué la propriété par la construction de nouveaux chais, mais tout le paisible village de Saint-Emilion par ses travaux œnologiques. Décédé l’année dernière, des rumeurs de vente ont couru, ce qui n’est pas étonnant connaissant les problèmes de succession propres à la France, liés au niveau élevé de taxation lors du transfert de patrimoine. Heureusement, il n’en est rien, la destinée de ce fleuron de Saint-Emilion est assurée par sa fille Laure et son mari, le comte Eric d’Aramon.

Figeac – situé à quatre kilomètres à l’ouest de la ville de Saint-Emilion, en bordure de l’appellation de Pomerol – poursuit l’écriture de son Histoire dans un contexte économique mondial en crise, qui contraste avec la santé financière florissante des grands crus bordelais. Eric d’Aramon a fortement augmenté les prix de Figeac depuis le millésime 2009, afin de rejoindre à nouveau le club très fermé des “Super Seconds”, grâce au dynamisme des marchés émergents comme la Chine, l’Inde ou la Russie qui tirent les prix de ces vins convertis en véritables produits de luxe vers le haut. C’est aussi le résultat d’un travail acharné pour améliorer sans cesse la qualité du cru et du programme d’investissement conséquent dans le vignoble, dans les chais et dans la structure d’accueil, comme la réhabilitation des anciennes écuries en bureaux et espaces de dégustation, ou l’aménagement de la grande cour du château.

Figeac partage avec ses voisins de Pomerol et de Saint-Emilion un sol et un climat particuliers que le professeur Enjalbert appelait le “plateau Pomerol-Figeac”. Sur ce plateau au sous-sol maigre, bien drainé et perméable aux racines, on retrouve aussi Vieux Certan, Pétrus, L’Evangile, La Conseillante ou Cheval Blanc. Le vignoble s’étend sur une croupe qui se distingue également par ses graves qui lui ont valu le nom de Colline de l’Enfer. Le sol de graves joue un rôle important dans le microclimat de Figeac. En effet, ce sol emmagasine la chaleur et la restitue par rayonnement la nuit. De plus, la couleur claire du sol, constitué majoritairement de graves quartziques, permet de refléter la lumière et de bénéficier donc d’un apport thermique supplémentaire.

L’encépagement des 40 hectares de vignoble – constitué de 35 % de cabernet sauvignon qui dévoile dans sa jeunesse un aspect floral et dans son vieillissement la structure, 35 % de cabernet franc qui apporte beaucoup de finesse dans les tanins et 30 % de merlot qui contribue à la rondeur et au corps – confère la spécificité et l’esprit du cru. Sans jamais succomber aux chants des sirènes de Parker, Figeac n’a jamais été un vin excessivement concentré, puissant ou tannique, il a toujours suivi sa voie qui mène à des vins souples, équilibrés, soyeux, relativement complexes. Reconnu pour son potentiel de vieillissement, il révèle au cours des ans une belle complexité qui se traduit par des notes de sous-bois, de cuir, de boîte à cigares, de réglisse, soutenu par une belle fraîcheur et des tanins souples.

Les vins de la propriété sont déclinés en trois catégories : Le Château-Figeac un Premier Grand Cru Classé de Saint-Emilion, Petit-Figeac en appellation Saint-Emilion Grand Cru et La Grange Neuve de Figeac, un Saint-Emilion générique qui, élaboré à partir des plus jeunes vignes, joue le rôle de second vin.


Le millésime 2009

La maturité du millésime 2009 se déroula sous des mois d’août et de septembre chauds et secs, avec des amplitudes thermiques importantes qui favorisèrent la formation des polyphénols. Des effeuillages modérés permirent de protéger les grappes du soleil tout en préservant un très bon état sanitaire et en développant la qualité aromatique des raisins. Les vendanges s’étalèrent sur presque un mois. Elles débutèrent par les merlots le 22 septembre, se poursuivirent par les cabernets francs et se terminèrent, le 19 octobre, par les cabernets sauvignons. Le rendement moyen tourne autour de 40 hl/ha, et, malgré un degré alcoolique naturel de 13,5 % vol., le vin présente une belle fraîcheur aromatique et un très bon équilibre. L’attaque est intense, fruitée (fruits rouges, cassis), épicée et racée. Les tanins sont fins et racés. Une très grande réussite.


Ph.: Château Figeac

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