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26/11/2011

Allez les vers!

La Libre, Momento, Dehors, vers de terre, utilitéDès lors qu’elle est saine, la terre de nos jardins est un lieu très fréquenté, animé d’une multitude d’organismes. Un univers fascinant pour qui prend la peine de s’y intéresser.

Microcosmos: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


LES JARDINIERS INGÉNIEUX SE PENCHERONT sur elle et l’observeront avec curiosité. Un bon sol n’est pas qu’un simple soutien de la vie végétale. Quelques cloportes sous la litière de feuilles ne suffisent pas à crier victoire. Une terre vivante grouille littéralement de vie. Tout une microfaune et une microflore doivent y être en constante activité. Visible ou invisible.

La plupart des amateurs de jardin pensent que les plantes se contentent de pomper des nutriments par l’intermédiaire de leur réseau de racines. En réalité, leur survie est liée à l’interaction entre les différents organismes et micro-organismes du sol. L’un des plus connus de ces travailleurs de l’ombre est notre ver de terre familier, le lombric. Mais il en existe des milliers d’autres. Pas tous des stars comme lui bien entendu.

La présence des vers de terre est essentielle. Précieux auxiliaires du jardinier, ils sont indispensables à la bonne santé de notre terre. Ils contribuent au développement de la couche d’humus ainsi qu’à la croissance de plantes saines et vigoureuses. Ils les approvisionnent en minéraux. Un sol sans vers est un sol qui ne se reconstitue pas.

Les hommes semblent avoir pris conscience de leur réelle importance depuis que Charles Darwin (1809-1882) a apporté quelques lumières sur leur mode de vie dans son livre “Rôle des vers de terre dans la formation de la terre végétale” (1881). Il mit en évidence le fait que le ver de terre ne nuit pas aux plantes mais, bien au contraire, favorise par son travail de laboureur souterrain l’enrichissement du sous-sol. On sait aujourd’hui que dans leurs excréments se trouvent de grandes quantités d’azote, de phosphore, de potassium, de calcaire et de magnésium bien plus que dans la terre de jardin ordinaire. En l’espace d’une quinzaine d’années, ils peuvent retourner entièrement les dix centimètres supérieurs de la couche arable et cela sans charrue. Ils se gavent continuellement de terre et de déchets organiques et rejettent des petits tortillons. Ces petits monticules sont extrêmement fertiles.

Réjouissez-vous donc de leur présence ainsi que de celle de ces turricules à la surface de votre précieux gazon. Les vers vivent dans des galeries et viennent la nuit se nourrir à la surface. Ils sont actifs surtout aux demi-saisons, quand il fait doux et humide. Quand la météo n’est pas favorable, ils se terrent dans les profondeurs et entrent dans une sorte de léthargie. Ils peuvent pendant ce laps de temps perdre la moitié de leur poids mais c’est la seule façon pour eux de survivre aux rigueurs de l’hiver ou à la sécheresse. Par leurs allées et venues, ils favorisent la circulation de l’eau et de l’air. Leurs galeries servent de voies toutes tracées aux racines. Elles poussent dans ces chemins qui leur sont ainsi ménagés pour s’enfoncer plus profondément qu’elles ne pourraient le faire par leurs propres moyens. La bouche de ces invertébrés est extrêmement musclée et leur permet de tirer les débris des végétaux jusque dans ces galeries. En broyant et en mélangeant la matière organique, ils en accélèrent la décomposition, offrant aux bactéries et aux champignons un meilleur terrain. Ainsi, à l’évidence, ils facilitent le recyclage des nutriments en direction des plantes.

Hermaphrodites, il faut néanmoins deux vers de terre pour qu’il y ait progéniture. Autant le redire pour en finir avec cette légende décidément très urbaine, un ver coupé en deux meurt et n’en donne pas deux comme on l’entend parfois. Aucun phénomène de régénération, juste une mort certaine.


Traitements chimiques
Première biomasse animale de la terre, ils sont classés en trois grands groupes écologiques : les épigés, les endogés et les anéciques. A chaque groupe correspond un habitat différent : de la surface du terrain aux profondeurs du sol. Ils habitent à tous les étages sans se confondre. Les épigés se classent dans la catégorie des vers digesteurs, ils se nourrissent uniquement de matières organiques de surface, les vers du fumier en font partie. Un bon compost de jardin en renferme des centaines. Les endogés et les anéciques se classent dans la catégorie des vers laboureurs. Les endogés, dépourvus de pigments, vivent en permanence dans les profondeurs. Les autres, dont nos lombrics familiers, vivent dans les galeries subverticales et viennent se nourrir à la surface. Ils sont, par leurs allées et venues, les architectes des sols fertiles.

Ph.: Photonews

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