Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

10/12/2011

Le jeu de société fait un fulgurant retour

La Libre, Momento, Sorties, jeu de sociétéA l’heure du tout virtuel, du numérique et des jeux vidéo tridimensionnels, le bon vieux jeu de société ne s’avoue pas vaincu. Au contraire. Les ventes augmentent. Les boutiques spécialisées se multiplient et la gamme s’adresse à un public de plus en plus large. De quoi satisfaire tout le monde avant les fêtes.

Y.C.


LE SUCCÈS QUE RENCONTRENT aujourd’hui les jeux de société dépasse largement le cadre de quelques fanatiques. Encore que, parmi les adeptes des retrouvailles ludiques autour d’une table, on retrouve pas mal d’anciens fanas de jeux de rôles qui ont pris quelques années et ne trouvent plus forcément, à 30 ou 40 ans, les partenaires ad hoc. Or, il se fait qu’en l’espace d’une bonne dizaine d’années, l’univers des jeux de société a vécu une véritable cure de jouvence.

Car le jeu de table ou de plateau n’a jamais vraiment disparu. Depuis l’incontournable Monopoly des années 30, des milliers d’autres titres ont été publiés sans jamais pourtant devenir incontournables. Bien souvent, jusque dans les années 80, l’alternative au jeu immobilier américain était une boîte réunissant les inévitables jeux de l’oie et petits chevaux dont le hasard est le seul moteur.

Les choses ont changé dans les années 80 donc avec de réels phénomènes qui ont eu pour nom Pictionary ou Trivial Pursuit. Des innovations qui non seulement apportaient un nouveau type de jeux dans le marché mais, surtout, mettaient en scène un nouvel élément : la communication.

Et depuis cette époque, on peut dire que deux grandes écoles de jeux se sont développées. Les uns ont poursuivi dans la lignée du Monopoly en s’efforçant de maîtriser le facteur chance pour le remplacer par de la réflexion, de la logique, de la stratégie. C’est l’univers des véritables jeux de plateau. L’autre courant, c’est celui de ce qu’on appelle aujourd’hui les “party games” ou jeux d’ambiance.

Et cela, c’est un véritable phénomène qui prend de l’ampleur d’année en année. On parle aussi de jeu d’apéro, car on le sort souvent en début de soirée pour tenter de briser la glace en attendant le repas ou les retardataires. Il s’agit souvent de jeux qui ne durent guère plus d’un quart d’heure, dont la règle s’explique en 2 minutes et où chacun a sa chance de gagner. Ou de remporter la manche suivante car il s’en dégage comme un phénomène d’addiction qui fait que les parties se répètent. C’est le cas de classiques comme Jungle Speed ou de Dubble. Des petites boîtes qui coûtent de 10 à 15 € maximum et qui ont le don de provoquer un effet d’entraînement : on y a joué chez des amis et on s’empresse de l’acheter pour l’emporter chez d’autres amis à une prochaine soirée.

A côté de cela – et même en plus de cela, car c’est souvent une suite logique –, les jeux de plateau n’ont plus du tout la même fonction. Cette fois, c’est du sérieux : on n’est plus là pour rigoler mais pour gagner. On gère des voies de chemin de fer (les Aventuriers du rail), des colonies (les Colons de Catane) ou on érige les 7 merveilles du monde (7 Wonders). A chaque fois, on est dans l’imaginaire, dans la mise en situation, dans le conflit ou, à tout le moins, dans la compétition. Et finalement on se rend compte qu’on n’est bien souvent proche de situations réelles : comment réagir ? Comment riposter ? Faut-il riposter ? Faut-il faire une alliance ? Ou alors faut-il ne compter que sur soi-même ?

Le jeu Seven Wonders a remporté pas moins de 29 prix internationaux cette année, y compris les plus prestigieux d’entre eux. Cette nouveauté 2011 s’est déjà vendue à plus de 250 000 exemplaires et, cocorico, son éditeur est une petite société belge du nom de Repos Production. Les deux initiateurs de l’entreprise Thomas Provoost et Cédrick Caumont se sont retrouvés à l’époque à Essen, en Allemagne, à la plus grande foire internationale consacrée aux jeux de société. Ils y ont découvert un autre jeu qui est devenu incontournable aujourd’hui dans les game parties : Time’s Up. Une idée toute simple venue des Etats-Unis et qui a conquis toute l’Europe aujourd’hui : faire deviner à son partenaire un personnage, une œuvre, un objet mais en respectant un minimum de règles. Convivialité, humour et simplicité. Tous les ingrédients étaient réunis pour faire un buzz et c’est ce qui a permis à Repos Production de se lancer dans d’autres projets. Avec en apothéose, ce Seven Wonders conçu par Antoine Bauza et qui se joue de 3 à 7 mais avec suffisamment d’interaction pour animer le jeu mais pas trop malgré tout, pour l’empêcher de s’enliser. Il déroute à la première partie mais comme elle ne dure guère plus qu’une demi-heure, les manches s’enchaînent. Et on ne voit pas le temps passer. C’est cela aussi la qualité d’un bon jeu de société.


Ph.: BSIP/Reporters

Écrire un commentaire