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14/01/2012

Chassez le naturel, il revient au galop

La Libre, Momento, Dehors, noisetier, noisetteMon premier est un petit arbre ou grand arbuste tout terrain, mon second est un fruitier, mon tout va bientôt fleurir. Qui suis-je ? Le noisetier.

Le tour de l'arbre: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


LE NOISETIER APPELÉ AUSSI COUDRIER ou avelinier fait partie de notre paysage, de nos campagnes. Corylus avellana est indigène chez nous. On le trouve en lisière des bois, dans les taillis, les haies et le long des cours d’eau. Aussi dans les jardins. Heureusement. De la famille des Bétulacées, il cousine avec le bouleau et le hêtre. Les jardiniers l’installent sous sa forme dorée, C. avellana 'Aurea', ou pourpre, C. maxima 'Purpurea'. Aussi dans sa forme tortillarde, C. avellana 'Contorta'. On aime ou on n’aime pas. Il ne laisse personne indifférent tant ses branches sont tortueuses, et est particulièrement présent en hiver lorsque les feuilles sont tombées. Dans un autre style, plus grand – carrément un arbre –, Corylus colurna ou noisetier de Byzance borde de plus en plus souvent les rues d’aujourd’hui. S’accommodant de n’importe quel sol, acceptant grâce à son enracinement profond des conditions très sèches, on le reconnaît à son élégant port pyramidal.

Avec la floraison du noisetier, le spectacle va bientôt commencer. Dès février, de jolis chatons se balancent au bout des rameaux. En réalité, ce sont les fleurs mâles. Elles sont bien différentes des petites fleurs femelles, des glomérules à peine visibles ressemblant à de minuscules bourgeons. Le noisetier porte des fleurs séparées, unisexuées, mâles (à étamines) et femelles (à pistil) sur le même arbuste. En termes scientifiques, il s’agit d’une essence monoïque. Ce n’est pas pour autant que l’autofécondation est possible. Il existe en effet un décalage entre les deux floraisons. Selon la variété et le climat, les chatons apparaissent quelques jours voire deux semaines avant les glomérules. C’est la raison pour laquelle il est conseillé d’avoir au jardin plusieurs variétés aux floraisons concomitantes pour induire une bonne pollinisation indispensable à la fécondation qui a lieu en mai-juin.

La quantité de pollen délivré est très importante : cinq millions de grains par chatons qui s’envolent au gré du vent. Parfois très loin. Dans le jargon, on appelle cela une pollinisation anémophile – par le vent – dans laquelle les abeilles n’interviennent pas. Ceci dit, le noisetier est réputé très mellifère. En effet, les abeilles butinent allégrement son pollen et c’est tant mieux car, à ce moment de l’année, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent.

A la fin de l’été vient la dégustation. Selon les variétés, l’amande est plus ou moins sucrée et plus ou moins grosse. La quantité de production de chaque arbuste diffère aussi. Si le but est de se régaler, il faut mettre toutes les chances de son côté, les noisettes n’étant pas toujours au rendez-vous. D’abord jeter son dévolu sur un arbuste indigène et choisir un endroit au soleil. Ensuite, un noisetier isolé ne donnant jamais de production régulière, il est utile d’installer dans les environs un ou plusieurs fiancés et de veiller à combiner les variétés fleurissant en même temps. Un bon conseil, informez-vous auprès de spécialistes pour connaître les bonnes associations.


Mode d'emploi

A l’achat, entre octobre et mars, choisissez un arbuste à racines nues, en motte ou en conteneur. Plantez-le, pourvu de 3 branches minimum, dans tout type de sol pas trop sec, le noisetier aimant la fraîcheur. Attention, le démarrage est souvent fort lent – trois à quatre ans –, et les premières noisettes visibles seulement après 5 ans. A l’âge adulte, il faut lui prévoir une envergure de 5 m de diamètre environ. Pour constituer une haie, les plantes sont rapprochées à 1m50 l’une de l’autre. Point de vue entretien, rien de bien compliqué : simplement une taille au ras du sol tous les deux ou trois ans des branches les plus âgées.

Au rayon dégâts, il y en a peu. On peut lui reprocher de drageonner, mais s’il y a de la place, ce n’est pas gênant. Quelques variétés se tiennent mieux que d’autres comme la ‘Géante de Halle’. A part cela, on repère parfois le balanin, un coléoptère, par le petit trou qu’il laisse dans la coque. Il pond ses œufs dans les jeunes noisettes. Les larves se nourrissent alors de l’amande, puis sortent par un trou latéral laissant la coque vide. Que faire ? Griffer le sol au pied des plantes deux ou trois fois en hiver. Les larves mourront exposées aux gelées et aux oiseaux tels les merles.


Ph.: MNC & MPV

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