Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

14/01/2012

Combat de chefs

La Libre, Momento, Derrière l'écran, comme une chef, saison 2Cette fois, la RTBF a définitivement fait son “coming out” en matière de téléréalité. Alors que RTL-TVI s’apprête à diffuser la 3e saison du “Top Chef” de M6, la RTBF lance cette semaine la nouvelle saison de son émission culinaire maison “Comme un chef”. A dévorer dès ce jeudi sur La une à 20h20.

Mise en bouche: Hubert Heyrendt


LE MOUVEMENT AVAIT ÉTÉ LANCÉ au Japon avec “Iron Chef”, avant d’être relayé dans le monde anglo-saxon avec “Top Chef” ou “MasterChef” : la cuisine et la téléréalité pouvaient faire bon ménage. Tellement bon ménage que, rapidement, ces émissions ont quitté les chaînes spécialisées comme Food Network aux Etats-Unis par exemple (qui produit quantité de téléréalités culinaires comme “Iron Chef America” “Chopped”, “Ace of Cakes”…) pour gagner les grandes chaînes généralistes. Depuis l’arrêt de “La Nouvelle Star” et de “La Star Academy”, elles ont même pris le relais, dans le même registre, des télécrochets. Même si le succès de “The Voice” sur la RTBF (et bientôt TF1) prouve que la téléréalité musicale a encore de beaux jours devant elle…

Face au succès de “MasterChef” sur TF1 ou de “Top Chef” sur RTL-TVI, la RTBF se devait de réagir. Et elle a choisi de le faire en produisant sa propre émission, qui ne joue pas dans la même cour que ces grands formats internationaux. Mais c’est justement ce qui fait la spécificité et le charme de “Comme un chef”. Si le concept a bien été acheté à l’étranger, la RTBF l’a tellement retravaillé qu’il n’a plus grand-chose à voir avec la version originale : l’émission de France 3 “Plus près des étoiles” en 2006, qui était plus une série documentaire, sans l’aspect concours. Et désormais, Futur TV et Guy Job, propriétaires du concept, se servent d’ailleurs de la version belge pour vendre leur format à l’étranger  !

Ce sur quoi a d’abord misé la RTBF, c’est la proximité. Même si certains candidats des deux premières saisons de “Top Chef” étaient Belges et que Sandrine Corman y faisait de la figuration – ce ne sera même plus le cas dans la 3e saison, qui débarque sur RTL-TVI dès le lundi 30/1 –, difficile, pour le téléspectateur bruxellois ou wallon, de s’identifier dans “Top Chef” ou “Master Chef”. Ici, pas de doute, les accents sont fleuris, on reconnaît les paysages, les produits locaux, la cuisine… Pour autant, la réalisation soignée et la dose suffisante de mise en scène permettent à l’émission de ne pas paraître cheap. Et cela marche ! Pour preuve, la finale de la première saison avait été suivie, en février 2011,  par 465 166 téléspectateurs (soit 25 % de part de marché), se classant ainsi à la 95e place des 100 meilleures audiences de l’année.

Autre point fort, la durée (une heure et demie par émission) fait que, contrairement à “MasterChef” ou “Top Chef”, le rythme est maintenu sans devoir en passer par une dramatisation à outrance et l’entretien d’un faux suspense. Bref, “Comme un chef” ne ressemble pas à un clone bas de gamme de ses concurrents français, autrement plus armés en termes de moyens, mais possède sa propre personnalité.

Si la notion de compétition est bien présente (la finale départagera les trois candidats qui arriveront en tête des épreuves des six émissions précédentes), l’accent est plutôt mis sur l’apprentissage. Il ne s’agit en effet pas ici de transposer en télé le principe des grands concours culinaires (Bocuse d’or, MOF…) mais bien de mettre les sept candidats en conditions réelles. S’ils persévèrent dans la cuisine, ces jeunes gens âgés de 19 à 22 ans en 6e ou 7e année technique ou ayant terminé leur cursus – la RTBF a réduit cette année les différences d’âge et de niveau technique – seront en effet amenés à faire de nombreux stages dans de grandes maisons. Dès lors, plus que les épreuves elles-mêmes, c’est cet aspect de transmission d’un savoir-faire qui prédomine et qui donne tout son sel à l’émission.

Alors que Brusselicious, année bruxelloise de la gastronomie, vient d’être inauguré officiellement par un lancer de toques géant sur la Grand-Place, nul doute que la cuisine sera omniprésente en 2012. Et pas seulement sur le petit écran…


Une compétition très bon enfant

Passé un générique toujours aussi enlevé, façon “Ratatouille” de Disney, la première émission de "Comme un chef" nous fait découvrir les sept candidats de cette 2e saison, aux aspirations très variées : ouvrir une table étoilée, une pâtisserie, un resto-cabaret, rejoindre un frère au Canada pour lancer un resto… Tout débute pour ces trois filles et ces quatre garçons par la rencontre avec Lionel Rigolet sur la Grand-Place de Bruxelles. C’est là que se déroulera, en public, leur premier test de compétence. Le chef leur demande de réaliser, en une demi-heure et sous la pression des curieux, 15 amuse-bouches froids identiques à base de saumon et de gambas. Ensuite seulement, ils pourront rejoindre le “Comme chez soi” pour leur baptême du feu : passer leur premier service en cuisines. L’occasion de s’acclimater à la complexité des cuisines d’une grande maison : garde-manger, pâtisserie, rôtisserie, légumes, viande, poisson… Sans oublier le passe, où officie le chef… Le lendemain, direction le marché du Midi. Ils ont une demi-heure et un budget serré pour faire leurs courses, en vue de la préparation d’un menu complet pour huit convives, dont le mythique Pierre Wynants, ancien chef trois étoiles du “Comme chez soi” et beau-père de Lionel Rigolet.

La première saison ayant bien marché, on sent bien que la production a un peu plus les moyens pour des tournages en extérieur. Les sept apprentis cuistots mettront donc le cap sur les Pays-Bas, en Zélande, où Rigolet les emmène à la pêche aux moules à bord d’un chalut. Leur pêche, il s’agira de la cuisiner en plein air, sur une petite île de Zélande. Une épreuve inattendue pour ces jeunes gens. Pas facile en effet de trouver l’inspiration pour cuire des moules au barbecue. Pourtant, entre brochettes, moules fumées ou papillotes, ils feront preuve d’une belle imagination !

Mais c’est la dernière épreuve qui impressionne le plus. Non pour la compétition en elle-même mais par ce qu’elle peut apprendre à ces jeunes qui rêvent de percer dans la gastronomie. Voir le grand Marcel du “Comme chez soi” découper un agneau entier est enrichissant. Chacun des candidats devant ensuite en préparer l’une des pièces : gigot, selle, riz, épaule, carré, rognons… Et si tous n’ont assurément pas le même niveau, certains se débrouillent déjà comme des chefs, sortant des assiettes qu’on a sacrément envie de goûter ! Rigolet n’a qu’une ambition : que les candidats ressortent de chez lui avec “un bon souvenir de notre maison et de notre métier en général”. Au vu de cette première émission, on semble sur la bonne voie.


Ph.: RTBF

Les commentaires sont fermés.