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21/01/2012

Résolutions très tardives

La Libre, Momento, Dehors, bonnes résolutions, organisationLes premiers jours de l’an nouveau apportent immanquablement leur lot de bonnes résolutions. Elles ne durent souvent que l’espace de quelques matins.

De bon conseil: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


CE QU’IL Y A DE POSITIF, c’est qu’il en reste toujours quelque chose. Prendre conscience des améliorations possibles sans pour autant être obligé de les mettre en œuvre est en soi intéressant. Chacun sait que le propre des bonnes résolutions est de ne pas être tenues. Il en va de même des conseils. Tant mieux car s’il fallait les suivre tous on y perdrait son latin. En outre, ils sont souvent contradictoires. Il n’y a pas une méthode mais des méthodes que chacun d’entre nous accommode à sa façon. C’est pourquoi, faisant fi de toutes recommandations, l’expérimentation est une pratique à laquelle peu de jardiniers résistent. Ils en tirent généralement d’intenses satisfactions et, dans le cas contraire, quelques apprentissages désabusés mais inoubliables.

Malgré les mises en garde répétées d’âmes bien intentionnées, tous, nous subissons ou avons subi une fascination pour la découverte. Entendons par-là, l’attrait irrésistible qu’exerce sur nos modestes personnes la plante nouvelle et inconnue, gage d’ébouriffantes surprises.

Dès que les végétaux ordinaires sont installés dans nos jardins, il est difficile de ne pas succomber à l’envie de cultiver des espèces moins connues, voire d’en acclimater d’autres plus délicates. C’est l’un des côtés captivants du jardinage. Beaucoup pensent qu’il est ridicule de s’intéresser à des choses qui manifestement ne sont pas adaptées à notre contrée ou, pire, ne veulent pas de nous. Erreur. Par une sorte de défi personnel, le jardinier tente l’expérience. Quitte à s’obstiner après chaque échec. Avec l’intime conviction que, peut-être, il réussira là où d’autres se sont cassé les dents. Les “non-jardiniers” ne peuvent pas comprendre une attitude aussi dénuée de raison. Ils ne savent pas, les pauvres, qu’au jardin, les erreurs, les essais et les échecs sont au moins aussi amusants et aussi instructifs que les succès. En fait, en cette matière, ce n’est pas la destination qui compte mais le “voyage”. Tester de nouvelles plantes, semer des graines improbables, bouturer l’imbouturable, acclimater l’inacclimatable, voilà ce qui fait le bonheur du jardinier. La raison n’a rien à voir avec cela. Les bonnes résolutions de l’an neuf n’y changeront rien.

Ce comportement particulier à l’espèce se manifeste aussi lors des fêtes des plantes et des visites de pépinières. "Aujourd’hui, je n’achète rien, je n’ai vraiment plus de place”, nous exclamons-nous à la cantonade. Trois heures plus tard, les bras chargés de sacs d’où dépassent des feuillages eux-mêmes étonnés d’être là, nous repartons ravis de nos trouvailles. Murmurant avec la plus parfaite mauvaise foi qu’il y a toujours moyen de caser une plante. Incorrigible.

Le passage à la nouvelle année a immanquablement conduit plus d’un d’entre nous à prendre quelques décisions raisonnables pour organiser intelligemment les mois à venir et son emploi du temps. Histoire d’en gagner et de repartir du bon pied pour ne pas être noyé dès les prémices de l’été.

Qui ne s’est promis à cette occasion de ranger la cabane à outils, d’en profiter pour trier les vieilles graines, les sachets vides et de désinfecter ses outils. Mieux de se débarrasser des vieilleries accumulées, arrosoirs percés, seaux rouillés, râteaux édentés. Vœu pieux car, aussitôt formulé, on leur imagine mille affectations inattendues beaucoup plus amusantes que la déchetterie.


Idées reçues

Beaucoup vous diront qu’il y a autant d’avis et donc de conseils que de jardiniers. Départager le bon grain de l’ivraie n’est pas une sinécure. Ce n’est pas faux mais parfois la confrontation des expériences peut apporter réponses et explications inattendues. Ainsi, on conseille toujours d’éviter aux racines l’humidité stagnante en hiver et de soigner le drainage à la plantation en terre argileuse. Cela conduit à ajouter des cailloux au fond des trous. L’idée en soi n’est pas mauvaise, et pourtant. En sol lourd, on crée alors un puisard qui va collecter les eaux en excès des terres environnantes. Les racines n’auront pas d’autre choix que l’argile compacte sur les côtés ou l’eau au fond. Pas formidable pour l’arbre fraîchement planté sauf si c’est un saule ou un aulne. Autre conseil mille fois lu et répété, alléger les terres lourdes avec du sable. L’expérience vous apprendra que c’est une fausse bonne idée car seule la matière organique sous forme de compost ou de fumier bien décomposé rendra votre sol plus souple et plus léger à travailler.


Ph.: MNC & MPV

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