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04/02/2012

De la verdure dans une cour ombragée

La Libre, Momento, Dehors, cour ombragée, végétationCe petit espace clos n’est pas inévitablement synonyme d’ennui. Bien au contraire, il oblige à être ingénieux et créatif.

Métamorphose: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


PARADOXALEMENT, UN PETIT JARDIN emmuré est souvent plus exigeant qu’un grand. Tout s’y voit. Tout y est exposé aux regards en permanence. Espace à ciel ouvert cerné de murs ou de bâtiments et dépendant d’une habitation, il est le plus souvent au départ un lieu déshérité au sol battu et infertile, qui paraît bien difficile à aménager. Et pourtant, il suffit parfois de peu de chose pour lui donner un tout autre visage.

Voici quelques idées et pistes de réflexions pour métamorphoser votre cour :
– prévoir des rangements. A cause de son exiguïté, le moindre désordre la transforme en capharnaüm. Une “armoire cabanon”, adossée au mur dans le coin le plus ingrat, abritera l’indispensable;
– travailler les verticales est un bon moyen de gagner de l’espace pour la verdure. Si un petit arbre existe déjà, le garder, tout en l’élaguant pour laisser passer la lumière et lui donner de la transparence;
– déterminer l’atmosphère que l’on souhaite donner à l’endroit et s’y tenir. Bien accorder les matériaux si l’on souhaite unifier l’ensemble. Car associer trop de couleurs, multiplier les matières ou les objets différents fait paraître l’espace plus petit encore et lui fait perdre sa force.

Libre à vous ensuite de choisir un style : jardin zen, naturel, à la française, de graminées, etc. Quoique ce soit parfois ajouter une difficulté. Toujours garder en tête l’ensoleillement; les plantations et l’esprit général en dépendent. Pas facile, en effet, de créer un jardin méditerranéen sans soleil.

Avant de planter, il faut songer à l’organisation de l’espace. Aussi petit soit-il, cet enclos ne peut n’être qu’un décor. La circulation doit y être aisée pour inciter à la promenade, même si elle ne conduit pas très loin. Une miniterrasse est toujours la bienvenue pour déjeuner ou pour l’apéritif, soit près de l’accès de la maison, soit là où le soleil est le plus fidèle.

Bref, un coin de repos, les pieds au sec. Ce qui amène à parler du problème majeur de ces cours ombragées souvent humides : le gazon. Autant le dire tout de suite, il a toutes les chances de se transformer très vite en tapis moussu dans le meilleur des cas, et, dans le pire, en bourbier... Pas beaucoup d’espoir d’y faire pousser un green anglais. Le mieux est de ne pas s’obstiner et de trouver une solution de remplacement. Si c’est un impératif absolu, le réserver à l’endroit le plus ensoleillé. Sinon, place aux gravillons et graviers, pavés, briques sur champ, copeaux de schiste ou de bois, pas japonais et dalles irrégulières. Osez cette rupture avec la tradition, vous ne le regretterez pas.

Autre point important, la terre. Souvent tassée, malmenée, voire inexistante, car recouverte de gravats, il faudra la travailler, l’aérer et l’amender avant de songer à planter.

Lors d’une réhabilitation, il arrive que quelques végétaux puissent être sauvegardés. Un lierre, un vieil arbre rabougri, après une séance de taille et de toilettage, reprendront du service pour quelques années tout en donnant à l’ensemble un petit air vénérable. Privilégier la lumière dans ces espaces, où elle est toujours si rare, doit rester la première préoccupation. Crucial pour les plantes et les humains.


La Libre, Momento, Dehors, cour ombragée, végétationEn pratique
Selon que l’ombre est humide ou sèche, totale ou partielle, vous ne planterez pas les mêmes espèces. Le choix des plantes pour cette situation s’est beaucoup élargi ces dernières années. En ce qui concerne les feuillages persistants, prenons l’exemple de ce bon vieil aucuba, ils n’ont pas tous le feuillage tacheté de certaines anciennes variétés. Il est possible aujourd’hui de trouver sans difficulté des variétés qui réconcilient amateurs et détracteurs du genre, tels l’Aucuba japonica ‘Rozannie’, l’Aucuba japonica ‘Salicifolia’. Ils portent de beaux fruits. Les pieds femelles en seront garnis si un pied mâle n’est pas loin. Pour ‘Rozannie’, pas de souci, car la variété est hermaphrodite. Si vous avez de la place pour un petit arbre, choisissez un feuillage léger. Les cytises (Laburnum) ne sont pas trop exigeants en heures de soleil; le Styrax japonica se plaît à l’ombre claire. Le cornouiller à fleurs apprécie, lui, les sites abrités et semi-ombragés. La gamme des sureaux décoratifs permet, aujourd’hui, bien des fantaisies. Pour peu qu’on les taille, ils peuvent prendre des airs de petit arbre très charmant.
Pour habiller un mur un peu triste, un pyracantha avec ses fleurs blanches au printemps et ses jolis fruits d’automne. En ce qui concerne les vivaces, anémones du Japon, digitales, persicaria, Geranium phaeum, pervenches, Saxifraga urbium, luzules, sceaux-de-Salomon, fougères, Alchemilla mollis. Un coin très humide fera le bonheur des Rodgersia.


Ph.: MNC & MPV

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