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04/02/2012

Recherche (le bon) partenaire de vie

La Libre, Momento, Bien-être, amour, autodiagnostic amoureux, trouver le bon partenaire, Bénédicte AnnEt si on commençait par faire un autodiagnostic amoureux ? C’est ce que propose Bénédicte Ann.

Entretien: Laurence Dardenne


AUTODIAGNOSTIC AMOUREUX. “Je me réconcilie avec moi-même. J’analyse mon CV sentimental. Je trouve un bon partenaire de vie.” A lire ces quelques bonnes intentions, ainsi formulées sur la couverture rose bonbon de l’ouvrage de Bénédicte Ann, “Autodiagnostic amoureux” (1), la solution à la “misère affective et sexuelle” que nous sommes trop nombreux à traverser se trouverait là, en partie du moins.

La Libre, Momento, Bien-être, amour, autodiagnostic amoureux, trouver le bon partenaire, Bénédicte AnnFormée en psychologie, cette “coach amoureux” a dirigé quinze années durant une agence de mise en relation. Créatrice des Cafés de l’Amour et des Cafés diagnostic amoureux qu’elle anime dans les pays de la francophonie (voir par ailleurs), l’auteure de “Le prochain, c’est le bon !” sort à présent “Autodiagnostic amoureux”, un guide censé éviter de longues années de thérapie, en amenant le lecteur à poser son propre diagnostic amoureux et à choisir les méthodes qui l’aideront à trouver son bon partenaire.

Est-il, à notre époque, véritablement plus difficile de trouver l’âme sœur qu’autrefois ? Si oui, pour quelles raisons ?
Oui, incontestablement. Pourquoi ? Parce qu’avant, en Europe, nous n’avions qu’un seul modèle judéo-chrétien auquel nous référer et qui faisait que, soit on rentrait dans le moule en faisant comme nos parents, soit on était vieille fille, fille mère, bonne sœur, ou libertin, c’est-à-dire catin (et l’équivalent au masculin !). Bref, si on n’était pas le modèle, on était une pauvre chose montrée du doigt. Aujourd’hui, tous les modèles coexistent. Il y a eu une liberté extraordinaire avec la révolution sexuelle qui fait que cohabitent les libertins, les polyamoureux, les ascètes, les gens qui sont vierges jusqu’au mariage, les serial-monogames ou encore des personnes qui traversent une période de leur vie d’abstinence totale par choix. Puis, il y a, évidemment aussi, le modèle classique, mari, femme… et éventuellement amant ou maîtresse dans la discrétion. La multiplicité des modèles fait que trop de choix perturbent finalement beaucoup de monde.
Ensuite, les règles du jeu ont changé. Il faut se dire que ce qui était transgressif dans les années 50 – c’est-à-dire pour un homme réussir à faire l’amour – n’est plus vrai à présent; c’est presque le contraire qui serait transgressif. C’est-à-dire avoir un certain nombre de rendez-vous sans passer par l’étape charnelle. Aujourd’hui, le sexe est devenu quelque chose à la fois tellement galvaudé qu’on le pratique comme si on allait chercher une baguette à la boulangerie et en même temps, paradoxalement, le nombre de gens qui n’ont plus fait de câlins depuis des années est assez impressionnant, toutes générations et situations confondues. Qu’ils soient trentenaires ayant déjà eu plusieurs partenaires ou quadragénaires ayant une vie conjugale. Parallèlement, donc, on rencontre des gens qui sont hyperlibérés, et qui n’ont aucun sens du sacré en ce qui concerne la relation intime, et en même temps des personnes élevées dans une génération de liberté post-68 et qui, pourtant, sont totalement mal dans leur peau.

Un triste tableau sur le plan affectif…
Affectivement, c’est le pire : la liberté qui est supposée être la grande mode ne peut conduire qu’à la solitude. Il y a beaucoup de gens qui sont effectivement libres, mais qui sont seuls, et que l’on retrouve évidemment sur Internet. Il y a une solitude énorme qui n’existait pas avant alors qu’il y avait la famille, le clan, la religion… Aujourd’hui, beaucoup de gens crèvent de solitude, des hommes, des femmes, évidemment pas les plus méchants, les plus teigneux, pas des Cruella ou des séducteurs… Non, des gentils garçons, des filles sympas, des personnes qui ont des valeurs, qui ne sont pas compliquées… Mais bon, voilà, le gentil, ça n’excite pas les nanas. Ce sont des gens souvent bien physiquement – et c’est troublant –, qui se trouvent complètement désabusés, ne comprenant pas ce qui se passe. Et lorsque, par hasard, ils arrivent à rentrer dans un modèle de relation, au bout d’un, deux ou trois mois, l’homme ou la femme va dire : au fond, je te jette, ça ne m’intéresse pas. On a fait notre temps, tu ne me conviens pas, je veux le même en rouge avec des poils verts…

Dans quelle mesure l’évolution des modes de communication a-t-elle influencé les relations sentimentales ?
C’est à double tranchant. Cela peut être un outil extraordinaire. J’ai rencontré mon partenaire sur Internet ! L’avantage des sites de rencontre, c’est qu’on a le CV avant de se voir. C’est tellement difficile de partir à la recherche de l’autre que si ça doit prendre six mois, certains se découragent. Selon moi – et j’ai tout essayé –, Internet bien géré, c’est l’idéal. On peut rencontrer des gens que l’on n’aurait jamais rencontrés avant et qui sont des gens “sur mesure”. En même temps, Internet, c’est la trop grande liberté, c’est le lieu de la manipulation, de tous les écarts, de comment je saute sur la petite nouvelle qui ne connaît pas encore les règles du jeu pour me l’approprier...

Un des obstacles, naît souvent d’un attachement inconscient ou nié pour un ancien partenaire, écrivez-vous.
Dans mon précédent livre (NdlR: “Le prochain, c’est le bon !”),  je pensais qu’il fallait tout simplement avoir fait la paix avec son passé et digéré son ex. Or, aujourd’hui, je me rends compte que, parfois, derrière l’ex – qui est souvent un mari ou une femme –, il y a un fantôme.

Alors, comment trouver la bonne méthode qui permettra de trouver l’âme sœur ?
Ce n’est pas compliqué : il suffit de se poser les bonnes questions et d’y répondre honnêtement. Mais la plupart des gens se racontent des histoires. Ils sont fous amoureux d’une personne qui leur est toxique, mais ils ne le voient pas ou ils ne veulent pas le voir, et ils se donnent des excuses. Ils ne se respectent pas, mais ils ne veulent pas le voir, et ils excusent le comportement inhumain de l’autre. Ils vont trop vite en besogne sans connaître l’autre. Ils se mentent à eux-mêmes et à l’autre. Le vrai processus consiste donc à se poser les bonnes questions et à y répondre. A savoir : qu’ai-je envie de vivre ? Et est-ce que je mets en place ce qu’il faut pour que je puisse vivre ce que j’ai envie de vivre ?

Alors, comment s’y prendre, concrètement ?
Il faut déjà être au clair avec son passé, ses histoires précédentes et, éventuellement, ses fantômes. Puis, surtout, avoir tiré les enseignements de ses ruptures précédentes. En d’autres mots : dans quelles situations de répétition me suis-je mis(e) ? Suis-je toujours avec des personnes qui me trompent, qui me font des scènes de jalousie, qui mentent, qui ont des addictions, qui m’enferment dans une prison dorée… ? En d’autres mots : y a-t-il, dans ma vie amoureuse, des constantes ? Dans le livre, on peut cocher des cases; je fais alors établir le lien entre les constantes des partenaires amoureux, tant dans les côtés négatifs que positifs, et de même avec les personnes qui ont élevé le lecteur. Je montre alors qu’il existe des constantes très troublantes, dans les points forts comme dans les points faibles, entre les partenaires amoureux et les personnes qui ont été proches dans l’enfance.

Quelles sont donc les différentes méthodes que vous préconisez ?
En se posant les bonnes questions et en répondant aux bons quizz, on arrive à comprendre que quelque chose bloque. Qu’est-ce qui fait que je n’arrive pas à être heureux en amour ? En général, c’est soit une répétition, soit une loyauté, soit une mission qui a été confiée. Une fois que l’on a identifié ce qui bloque, il faut se poser la question : ai-je, ou non, envie que cela change ? Tout changement passe par une intention. On mettra alors en place des choses très concrètes. On va, par exemple, se libérer des liens toxiques. Toutes les méthodes répertoriées dans le livre aident les hommes et les femmes à certains moments où ils se trouvent dans leur vie. A commencer par “aller dans son corps”, et entreprendre un travail en douceur avec des méthodes très douces comme le jeu du tao ou d’autres qui amènent à se poser des questions sans entrer dans le circuit thérapeutique. Ensuite, la répétition; là, il faut aller plus loin, éventuellement travailler en transgénérationnel, soit en psychodrame. Ensuite, il y a la résistance…

(1) Autodiagnostic amoureux, Bénédicte Ann, Les Editions de l’Homme, 18,40 €.


AU CAFE DIAGNOSTIC AMOUREUX
Animés par Bénédicte Ann, les cafés diagnostic amoureux ont lieu une fois par mois à Paris et dans d’autres villes francophones. La Love coach sera ainsi à Boitsfort (8/02), Charleroi (9/02) et Bruxelles (10/02). Lors de ces soirées, sont abordées toutes les questions que peuvent se poser les participant(e)s sur leurs relations, leur inexistence, leur courte vie ou leur actualité, et sont apportées les réponses pour avancer… Des volontaires confient leur parcours de vie. Bénédicte Ann les analyse et les éclaire à l’aune d’une grille de lecture éclectique dans l’objectif de dénouer des situations bloquées ou répétitives. Des pistes pour accélérer leur résolution sont proposées.
Renseignements et réservations : www.cafedelamour.fr

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