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04/02/2012

C'est dans le sac! (ou les outils du pouvoir)

La Libre, Momento, Tendances, sacs, pouvoir, femme politiqueL’intervention de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, et de son sac à main, à Davos, la semaine passée, nous a donné envie de nous pencher sur le contenu des sacs à main des femmes puissantes. Femmes et figures politiques, influentes de manière différente, les protagonistes choisies ici ont plus d’un tour dans leur sac.

Aurore Vaucelle


Christine Lagarde
Des sous pour renflouer la crise

Au Forum économique mondial de Davos la semaine passée, Christine Lagarde brandit son sac à main pour illustrer son propos, à la fois anodin et sentencieux. “Je suis là avec mon petit sac pour récupérer un peu d’argent…” Afin de lever des fonds internationaux, qui serviraient à assainir le système financier international, la directrice du Fonds Monétaire International joue sur deux tableaux : le bons sens (prenons l’argent là où il est !) et le pragmatisme – deux qualités que l’on attribue bien volontiers aux femmes… Ce sur quoi ont surfé les médias après l’intervention télévisée. On avait cependant l’impression d’entendre parler plus du modèle du sac en question que de la teneur de son propos. Lagarde sait ce qu’elle fait quand elle porte aux nues un grand sac à main, par ailleurs griffé Louis Vuitton. La dame est puissante et a le goût des choses, son grand beau sac de luxe le dit pour elle : elle érige son sens pratique comme un emblème politique, en profite pour saluer le savoir-faire à la française (LVMH ne sera pas mécontent d’une telle pub) et semble vouloir dire que les femmes ne s’en laissent pas compter lors d’une période critique. La question qui demeure ? Son modèle “Lock-it” de Vuitton sera-t-il assez grand pour renflouer la crise mondiale ?
(Ph.: Associated Press / Reporters)


La Libre, Momento, Tendances, sacs, pouvoir, femme politiqueAngela Merkel
Des livres de comptes

Au centre de l’actualité européenne, la chancelière allemande fait plus parler d’elle pour son rigorisme financier que pour sa plastique et ses choix vestimentaires. Evidemment, les commentateurs machos qui se plaisent à réduire les femmes au rang d’individus sapés mais décérébrés ont aussi dit que si, durant les négociations, Angela avait un si grand sac à main, c’était sûrement pour trimballer les livres de comptes de l’Europe, en apothicaire radine. Mais la chancelière ne chancelle pas. Et quand elle est en représentation, elle n’en perd pas moins ses moyens. Elle porte un sac à main, mais sans s’en trouver handicapée, celui-ci est attaché à son poignet, comme un bracelet (cf. photo), histoire de garder les mains libres – pour donner des accolades ou lever sentencieusement la main, en guise de décision.
Attention cependant, dans la configuration ci-dessus, à la petite monnaie qui peut tomber du sac quand elle secoue chaleureusement des mains !
(Ph.: DPA / Reporters)


La Libre, Momento, Tendances, sacs, pouvoir, femme politiqueMargaret Thatcher
Les secrets les mieux gardés

Celle qui fut Premier ministre durant 11 ans et qui mena la barque politico-économique du Royaume-Uni en se faisant honnir de ses concitoyens, celle dont on dit qu’elle avait une main de fer dans un gant de velours, femme seule parmi les hommes de pouvoir qui n’avaient grande confiance en son beau sexe pour diriger un pays en crise, elle n’en garda pas moins les attributs féminins les plus marqués, dont son sac à main qui la suivait partout. Elle avait même coutume de dire que son sac était l’endroit le plus sûr pour garder un secret au 10, Downing Street. Gageons que Meryl Streep n’a pas oublié le sien dans le biopic consacré à Mrs Thatcher, qui sort en salles le 15 février.
(Ph.: Reporters/Empics)


La Libre, Momento, Tendances, sacs, pouvoir, femme politiqueHillary Clinton
Le numéro d'Obama

“J’adore les beaux sacs à main. […] Je pense que personne ne peut se moquer du sac à main que choisit sa voisine.” Selon la Secrétaire générale de la Maison Blanche, un sac à main, c’est d’abord personnel, car il reflète un certain rapport au monde, la manière dont on souhaite l’organiser, pour soi et pour les autres. Son Ferragamo tout rose, elle ne le quitte plus depuis la saison passée et dit volontiers vouloir traîner son “sac d’été” en toute saison, et ajoute comme une coquette : “Comment pourrait-on être malheureux quand on se balade un sac rose à la main ?” La femme politique tient ce propos et cependant n’en est pas moins “powerful”, car après tout dans son sac à main rose, il y a un GSM en ligne directe avec Obama, et ça, c’est plutôt puissant.
(Ph.: Reuters)


La Libre, Momento, Tendances, sacs, pouvoir, femme politiqueLa reine Elisabeth II
Des gâteaux pour ses chiens

La reine des British fête son jubilé de règne ce lundi. 60 ans, toujours bon pied, bon œil et tailleur assorti au chapeau, elle n’a pas lâché une once de pouvoir à son fils qui se morfond dans la salle d’attente du pouvoir. Pendant ce temps, Elisabeth voit les gouvernements changer – elle a dansé avec le président René Coty en 1957, elle serrait la main de Sarkozy et dame Bruni en 2008 –, mais n’a toujours pas épuisé la presse people qui ne manque pas de commenter ce qu’elle porte. A ce propos, la reine ne sort jamais sans un sac à main dans lequel elle cache, dit-on, des mots croisés, une photo de famille et des biscuits pour ses chiens. Enigmatique et croustillant, de quoi écrire un dossier dans le “Sun” !
(Ph.: Reporters)


La Libre, Momento, Tendances, sacs, pouvoir, femme politiqueCarla Bruni-Sarkozy
La potion pour séduire les puissants

Que transporte la première dame des Français dans son sac à main ? Des lectrices de la revue “Femme Actuelle” avaient été conviées à l’Elysée en 2009 pour une rencontre avec Carla Bruni Sarkozy, une occasion qu’une des invitées avait saisie pour l’interroger sur le contenu de son sac. Rien de vraiment excitant n’en était sorti – elle avait soigneusement choisi les objets qu’elle montrait à la caméra. Soit : une gigantesque trousse à maquillage d’un jaune doré, des lunettes de soleil, un passeport italien, un autre français, un carnet de chèques et des lunettes de vue. En guise de trophée final, son cahier de chansons – très dodu –, qu’elle sortit du sac marron glacé en disant qu’elle l’avait toujours sur elle. Elle ajouta, en guise de boutade, que ces sacs à main qu’elle arborait lors des cérémonies officielles sont, en fait, vides. Mais on n’y croit pas vraiment, car elle s’y accroche trop pour qu’il n’y ait rien dedans. Elle y range sûrement quelque secret de femme à puissants, potion de séductrice et confidences sur l’oreiller.
(Ph.: Alpha/Reporters)



Pour les femmes, quel(le) mode d'emploi?
Les femmes en vue politiquement sont non seulement scrutées dans leurs faits et gestes, dans leurs prises de position, mais aussi dans leurs choix esthétiques. Le jour de la prestation de serment d’Obama, combien de journaux n’ont pas commenté le manteau doré et les gants vert olive de Michelle O., au point que l’on ait autant lu sur le couturier choisi par la femme du président que sur le chemin qu’allait prendre la politique défendue par le mari. Les femmes ne sont pas des hommes politiques comme les autres. Même si elles sont brillantes, mêmes si elles font preuve de finesse et d’intelligence politique, même si elles trébuchent et parfois se fourvoient, les médias ne pourront jamais s’empêcher de lire leurs actes au travers de ce qu’elles portent extérieurement. De fait, le vêtement, le sac, l’accessoire, que l’on choisit de porter pour s’accompagner au quotidien ne sont pas des choix anodins – c’est ce que dit elle-même Hillary ci-contre. Ce que l’on porte – ou choisit de ne pas porter – révèle les facettes des personnalités en présence. De fait, les femmes politiques s’exposent à cet égard plus que les hommes, pas vraiment capables de braver le code, en portant autre chose qu’un costume-cravate. Le règne de l’anonymat vestimentaire chez les hommes politiques (costume gris, costume bleu nuit, costume gris, costume noir, costume…) a- immanquablement fait tomber leurs homologues féminins dans le travers inverse, la superficialité ! Les foulards de Lagarde sont autant commentés que sa politique libérale, on a parlé de révolution à la Maison-Blanche avec les Kennedy mais, assurément, ce ne sont pas les calots coquets de Jacky qui ont changé la face du monde – bipolaire à l’époque.
Dis-moi ce que tu portes, et je te dirai ce que tu as comme idée dans la tête, tout un programme… Mais si tel prodige existait, qu’aurait-on à découvrir ? Que ce qu’une femme veut dire d’elle passe par ce qu’elle dégage visuellement ? Evidemment. Mais pas seulement. Ce serait trop facile sinon. Le mode d’emploi est un peu plus compliqué que cela.

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