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11/02/2012

La "galanthophilie", une folie?

La Libre, Momento, Dehors, galanthophilie, perce-neigeEtre galanthophile n’est pas anodin. Cela pose son collectionneur. De quoi nous direz-vous ? De charmants petits perce-neige pardi !

Collectionnite aiguë: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


ILS SONT DE PLUS EN PLUS NOMBREUX à s’éprendre du Galanthus, appellation botanique d’un petit bulbe, le ou la perce-neige. A vous de choisir, tout est permis. Outre-Manche, on ne les compte plus. Là-bas durant les deux premiers mois de l’année, baptisés “galanthuary”, il sied à tout connaisseur averti de rassembler quelques craquantes nouveautés du genre snowdrop sous les frondaisons nues des arbres et arbustes. Les visites de jardin y sont sold out et les cohortes de touristes ont le chic de se recroqueviller, transis de froid, le genou à terre dans les borders tout illuminés de blanc. Il faut bien avouer que si ces minuscules clochettes fleurissaient trois mois plus tard, personne ne leur prêterait la moindre attention. Mais en début d’année, lorsque le jardin est encore endormi et qu’il n’y a rien d’autre à se mettre sous la dent qu’une branche d’Hamamelis ou une fleur d’Hellébore, il fait le printemps. Chez le mordu du genre, une sorte d’ivresse sévit de janvier à mars, au point que certains bulbes changent parfois de main pour la coquette somme de 45 livres. C’est en février que culmine vraiment la floraison. Cependant, certaines espèces fleurissent déjà à l’automne comme G. reginae-olgae originaires de Grèce et de Sicile ou, tel le G. ikariae, tardent à scintiller dans la lumière d’avril-mai. Leur floraison s’avère donc très longue. Ce que beaucoup de jardiniers ne réalisent pas.

Sans devenir nécessairement “aficionado” du perce-neige, laissez-vous tenter par ces merveilles de la nature qui reviennent sans soucis chaque année. Peut-être pensez-vous qu’un perce-neige blanc ourlé de vert ne fait que ressembler à un autre perce-neige ? Eh bien non ! En réalité, il y en a une grande diversité. De longues fleurs étroites ou plus grosses, blanches avec des taches vertes ou jaunâtres, simples ou doubles et des feuilles vertes grisées, bleutées, pointues, étroites ou larges. Beaucoup d’espèces sont encore découvertes de nos jours dans le Caucase, la Tchéquie et la Turquie. Le Galanthus nivalis, le plus commun dans nos régions, s’est naturalisé à grande échelle. Ceci dit, chaque année de nouveaux cultivars croisés par des spécialistes voient le jour. On en compte environ 500.

En Belgique, Cathy Portier de la pépinière de plantes alpines près de Bruges réunit une très belle collection de sneeuwklokjes. Plus de 200 variétés. Lors de ses portes ouvertes les week-ends des 11 et 12 février et des 3 et 4 mars, vous pourrez la découvrir et suivre une promenade guidée dans le jardin. Et sans doute apercevoir un joli bébé de Cathy, G. ‘Funny Justine’ qui garde ses fleurs bien dressées. Il porte le prénom de sa petite-fille. A Schoten, à l’orangerie du Vordenstein, une expo-vente agrémentée de conférences est organisée sur le sujet le 19 février prochain (www.galanthus.be, 0495.20.64.23). Enfin à l’arboretum Kalmthout, les 25 et 26 février se tient la quatrième édition d’un snowdropsshow (www.arboretumkalmthout.be/fr, 03.666.67.41). Avis aux amateurs.


La Libre, Momento, Dehors, galanthophilie, perce-neigeEn pratique
Ce petit bulbe est extrêmement tolérant quant au sol. Il se plante à l’automne à 5 cm de profondeur dans un sol humifère, sous le couvert d’arbres et arbustes caducs. Il se naturalise facilement mais pas toujours rapidement. Les plus lents mettent de cinq à dix ans pour former un tapis. Ceci dit, le perce-neige réclame peu de soins et brave le froid sans sourciller. S’il neige ou s’il gèle, il se replonge dans une brève hibernation dont il émerge à la moindre hausse de température. Lorsque ses corolles sont fanées, il conserve un peu de feuillage juste le temps de se recharger en énergie pour refleurir l’année suivante. Il est vraiment irréprochable. Diviser la touffe tous les quatre ans à la fourche bêche maintient sa vigueur et assure sa prolifération. Le plus facile est de le faire en fin de floraison quand le feuillage est encore vert. Les bulbes sont alors replantés par groupe de 6 à 8. A la fin du printemps, le perce-neige disparaît et s’endort sous la terre.


Ph.: MNC & MPV

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