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11/02/2012

Trois jours comme une milliardaire à St. Moritz

La Libre, Momento, Escapade, ski, St.Moritz, luxembourg belgeLa station mythique des Grisons a commencé à se développer au XIXe siècle. Aujourd’hui, elle compte cinq hôtels cinq étoiles où on mène grand train. Mais elle a aussi d’autres attraits que la vie de luxe. A commencer par un site magnifique qui offre de nombreux loisirs. Dont certains insolites…

Découverte: Ariane van Caloen


VIVRE TROIS JOURS À SAINT-MORITZ presque comme une milliardaire. Façon de parler, bien sûr… C’est l’expérience que nous avons vécue grâce à l’invitation de l’office du tourisme de Suisse et de la fameuse station des Grisons. Nous allons vous la raconter si pas minute par minute, palace par palace.

Pour arriver dans ce qui fut (et est toujours ?) un haut lieu de la “jet set”,  on a pris le Bernina Express à partir de la ville de Coire. Le Bernina Express n’est pas un train comme les autres. Avec ses grandes fenêtres, il permet d’admirer le magnifique panorama. Il serpente la montagne, il passe sous une kyrielle de tunnels et sur des ponts vertigineux, il fait des virages à 180 °. C’est féerique. Après un peu moins de deux heures, on arrive à la gare de Saint-Moritz. Une gare digne d’une ville de 5 000 habitants, qui a pris son essor au XIXe siècle. Habillés en gris, des pieds à la tête, deux portiers du Carlton, un des cinq hôtels cinq étoiles, viennent nous chercher. Fermé pendant un peu plus d’un an pour cause de rénovation, cet hôtel a pris l’option du grand luxe. Dans cet énorme bâtiment datant de 1913, on trouve 60 suites, dont certaines vont jusqu’à 120 m² à 7 900 francs suisses la nuit. Qu’on se rassure : dans celles-là, il y a deux chambres et deux salles de bains... Dans les couloirs, on croise une famille chinoise, de la grand-mère au petit-fils, les yeux rivés sur son iPad, ou encore des couples russes tout guillerets. Les familles fortunées des pays émergents ne rachètent pas que les entreprises en Europe. Elles y passent aussi leurs vacances. Là, elles trouvent tout le confort qu’elles cherchent. Que ce soit de l’aéroport tout proche où elles peuvent venir en avion privé ou les magasins de luxe (comme Prada, Vuitton, Hermès) qu’elles affectionnent tant, ou encore des distractions d’un monde à part comme le polo sur glace ou les courses de chevaux début février. Le maître mondial de la sidérurgie, l’Indien Lakshmi Mittal, a d’ailleurs un chalet à Saint-Mortiz. Un énorme chalet que l’on peut voir du massif de Corviglia.

Le dîner a lieu dans la salle à manger baptisée Romanov, en souvenir de la famille de tsars, qui passait ses vacances à Saint-Moritz. Enorme salle à manger où le personnel est attentif à la moindre miette qui tombe. En pleine saison, 135 personnes travaillent au Carlton, soit plus que le nombre de clients maximum (120)…

Le lendemain est consacré au ski à Corviglia. Un ski facile. Les noires ne donnent pas vraiment le frisson. Mais l’entretien des pistes est parfait. Aussi bichonnées que les salles de bains des palaces. Pour déjeuner, on s’arrête au Paradisio avec vue imprenable sur un autre domaine skiable, Corvatsch, paraît-il un peu plus difficile, et le lac Silvo Plana. L’endroit, bien décoré, se veut très select, donnant, raconte son chef, la priorité à ses 100 membres. Mais le touriste lambda est aussi bienvenu. Surtout, s’il est prêt à payer 38 francs suisses pour un croque-monsieur ou 78 francs suisses pour une côte de porc, de 300 grammes quand même… On n’y a pas vu de vedette connue ou de prince arabe.

L’après-midi, on repart à ski, notamment du côté de Suvretta, là où “les plus riches des plus riches” se sont installés, nous dit notre guide. On ne connaît pas le prix du m², mais il paraît qu’il dépasse largement les 30 000 FS pratiqués pour les nouvelles constructions dans le centre de Saint-Mortiz. Un des premiers à s’être installé dans ce nid pour nantis est le shah d’Iran. D’autres l’ont suivi.

Le soir, rendez-vous à la Baracca pour dîner. L’endroit est cocasse, le patron aussi avec son (faux) look de postsoixante-huitard. Comme son nom l’indique, c’est une baraque qui avait été installée sur une aire de parking. De provisoire, elle est devenue définitive. Au début, c’étaient les locaux qui y venaient. Et puis, c’est devenu branché. Les vestes de ski des moniteurs ont cédé la place aux manteaux de fourrure. Sous une musique tonitruante faite de vieux tubes, l’assemblée est joyeuse. Elle est de fait assez bon chic bon genre. Peut-être apprécie-t-elle que, là, les prix sont un peu plus raisonnables pour une nourriture correcte.

Le troisième jour, on se promène dans les rues de Saint-Moritz, on visite ses jolies églises (catholiques et protestantes). On admire tous ces hôtels construits pour accueillir les touristes venus profiter des bienfaits des eaux ferrugineuses découvertes par les Celtes il y a 3000 ans. On passe devant le fameux Kulm Hôtel où pas mal d’Allemands ou de Suisses vont en vacances. On s’attarde devant la vitrine d’Hermès qui se trouve dans une des deux dernières veilles maisons de Saint-Moritz, datant du XVe siècle. On lorgne le curling en chocolat (5,5 FS) de la fameuse confiserie Hanselmanns où il est de bon ton de prendre un chocolat chaud, histoire de se montrer. On passe devant le Palace, un des cinq étoiles où quelques familles royales ont logé. On traîne devant les boutiques où les vestes de ski peuvent frôler les 4 000 francs suisses.

L’après-midi, direction Muottas Muragl. On y monte par le funiculaire. Comme il y en avait déjà il y a cent ans. Arrivé au sommet, c’est l’enchantement. Ici, c’est le paradis du promeneur. Pas de télésièges. Tout se fait à pied. On peut déjeuner, dîner et dormir dans le très design Romantik Hotel qui a misé sur les énergies renouvelables. Autre attrait de l’endroit, la piste de luge longue de 4,2 km et de 705 mètres de dénivelé (c’est plus que toutes les pistes des Fagnes...). On se lance. C’est raide, parfois très raide. Avec des virages en tête d’épingle. Pour freiner, il faut planter les pieds dans la neige. Expérience amusante.

Le soir, on dîne à l’hôtel-restaurant Roseg Gletscher, non loin du joli village de Pontresina, plus authentique que Saint-Moritz. Pour revenir de cet endroit perdu au milieu de nulle part, on prend une calèche tirée par deux chevaux. Emmitouflé sous des couvertures, on admire le ciel étoilé. Avec un peu d’imagination, on se croirait presque au temps des Romanov.

Arrive alors le jour du retour. Après avoir passé une heure dans le très agréable spa du Carlton, on s’engouffre dans le Regioexpress. Vient le bouquet final : le déjeuner dans un wagon-restaurant tout en bois comme au bon vieux temps avec nappe et bougies. On est entouré de Suisses, des vrais de vrais. Comme si le temps s’était arrêté. On en oublierait presque de regarder le paysage…


Ph.: Engadin St. Moritz

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