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03/03/2012

La Russie au jardin

La Libre, Momento, Dehors, Russie, jardinCet immense pays a lui aussi connu ses “fous de plantes”. Voyageurs passionnés et scientifiques encouragés par les tsars y ont marqué le monde du jardin.

En terre russe: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


ANNA PAVLOVNA, Grande-Duchesse de Russie et reine des Pays-Bas, fille du Tsar Paul I, a donné son nom à un habitant de nos jardins. C’est elle qui se cache derrière le Paulownia tomentosa aussi dénommé imperialis et par les anglophones ‘Empress Tree’ ou ‘Princess Tree’. Le genre lui est dédié en 1864 et est originaire d’Asie orientale. Le Paulownia fut introduit en Europe en 1834. Joseph Neumann sème alors les quelques graines en sa possession au Jardin des Plantes à Paris. Il dût patienter huit longues années avant de pouvoir contempler la première floraison. Depuis, il orne squares parisiens et jardins quand ils ont un peu d’espace à lui offrir. Ses fleurs bleues parfumées apparaissent au printemps, avant le feuillage. Elles sont suivies de fruits qui restent longtemps sur l’arbre, même desséchés. Le feuillage est caduc et assez imposant. Certains jardiniers le recèpent chaque année, il produit alors de longues tiges à très larges feuilles spectaculaires (50 à 60 cm) mais ne fleurit pas. Ce bel arbre ornemental a la réputation de supporter la pollution.

Un autre de nos pensionnaires fait référence à un grand naturaliste russe, le Prunus maackii. Les amoureux des belles écorces le connaissent probablement. Son magnifique tronc brun orangé avec des reflets couleur de miel selon l’exposition fait le charme de l’hiver. Les passionnés vont jusqu’à le brosser consciencieusement pour qu’il donne le meilleur de lui-même.

Un hybride est particulièrement intéressant, le Prunus maackii ‘Amber Queen’. Libre à vous de penser qu’entre la Grande-Duchesse et la Reine, votre cœur balance… Qui donc se dissimule derrière ce Prunus ? Et aussi derrière le Lonicera maackii, ce chèvrefeuille buissonnant à forte croissance, et le Maackia amurensis, magnifique arbre à la floraison étonnante très appréciée par Jelena de Belder. Un savant russe, Richard Maack, célèbre par ses voyages en Sibérie et en Extrême-Orient russe.

Sous cet éclairage, les noms botaniques sont beaucoup plus amusants à retenir. L’unique problème est le nombre invraisemblable de courageux personnages qu’ils honorent. Le plus souvent, de parfaits inconnus pour les jardiniers lambda que nous sommes.

Encore un. Son nom ne permet pas de douter de ses origines, Ivanovich Maximowicz. Cela donne au jardin maximowiczii, ou maximoviczianum éventuellement. Directeur du Jardin botanique de Saint-Pétersbourg, il prend part à plusieurs expéditions en tant que Botaniste Impérial. Il consacre sa vie à l’étude de la végétation des régions qu’il visite et a décrit de nombreuses nouvelles espèces. Acer capillipes, découvert par lui au Japon en 1867, fut introduit en Europe en 1892. Cet érable dit à peau de serpent a une splendide écorce veinée de blanc avec des rameaux rouge corail en hiver. Ses feuilles, d’abord de couleur rouge, passent au vert clair en été et retourne à l’orangé puis au rouge en automne. Il existe un érable maximowiczianum plus connu sous le nom d’Acer nikoense. Le Betula maximowcziana, aussi appelé bouleau monarque, est un bouleau qui se distingue lui aussi par sa belle écorce. Assez quelconque au départ, elle devient blanche à mesure de sa croissance avec des zones teintées de rose et d’orange.

Terminons par quelque chose de plus modeste, une très intéressante clématite : Clematis maximowicziana. Elle se couvre de petites fleurs blanches étoilées de septembre à octobre, puis de fruits plumeux très décoratifs. Elle pousse vigoureusement et est parfumée. Que demander de plus, d’autant qu’on la trouve aussi sous le nom terniflora moins ardu à mémoriser…


La Libre, Momento, Dehors, Russie, jardinUn prince jardinier: Peter Wolkonsky
Le domaine de Kerdalo est le fruit de la passion que portait Peter Wolkonsky aux plantes et au jardin. En 1965, il achète, en Bretagne, une exploitation agricole de 18 hectares perdue dans un vallon encaissé. A l’époque, il est âgé de 65 ans, ce qui ne l’empêche pas d’entreprendre des travaux d’aménagement colossaux. L’eau des sources est canalisée et permet la construction d’un étang et de pièces d’eau. Diverses constructions annexes voient ensuite le jour : pagodes chinoises, grotte à l’italienne, pavillons ornés de coquillages. Le temps des plantations venu, il donne libre cours à son imagination créatrice. Cette parcelle de terre bretonne se transforme peu à peu, sous son influence, en un magnifique jardin plein de poésie.
Après sa mort, en 1997, sa fille et son gendre, Isabelle et Timothy Vaughan, entreprennent la restauration de ce jardin, et lui permettent de retrouver toute son âme. Il est depuis classé “Jardin Remarquable” par le ministère de la Culture français.


Ph.: Vision/Reporters et MNC&MPV

14:30 Publié dans Dehors | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, dehors, russie, jardin | |

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