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03/03/2012

Le joystick et la faucille

La Libre, Momento, Pixels, jeux vidéo, guerre froide, RussieCourse spatiale, grèves polonaises, mort du KGB, double espionnage allemand,… l’histoire du jeu vidéo recèle de témoignages poignants traitant de la guerre froide.

Sélection: Michi-Hiro Tamaï


COLLÉ AU FIL DE L’ACTUALITÉ du conflit Est/Ouest, le jeu vidéo déportait les peurs collectives des années 80 derrière les joysticks. La chute du mur de Berlin, en 1989, n’a d’ailleurs pas effacé l’ombre pixelisée de la guerre froide dans les 90’s. Nucléaire, espionnage, idéologie,… ces deux décennies regorgent de productions abordant ces sujets au fil de gameplays d’aventure ou de gestion. Au-delà des simulations au premier degré de tanks, sous-marins et autres chasseurs (le légendaire Su-27 Flanker !), certains titres d’époque prenaient donc une voie médiane.

La Libre, Momento, Pixels, jeux vidéo, guerre froide, RussieParmi la centaine de jeux brandissant la menace rouge,“Buzz Aldrin’s Race into Space” (1993) (photo 1) retrace ainsi, dans un duel à deux joueurs, la course à la lune des années 60. Les protagonistes de ce jeu de gestion et de stratégie doivent gérer techniquement et humainement un centre spatial pour atteindre ce but au fil d’événements historiques entre Spoutnik 1 et Apollo 8. Egalement porté sur la gestion, “Solidarnosc” (1991) (photo 2) se profile, lui, comme le manuel ludique du parfait gréviste, et reprend le célèbre soulèvement travailleur polonais en démarrant en 1981. Un simulateur d’arrêt de travail très complet où l’on envisage tous les moyens de propagande (grève de la faim, affichage, manifs…) pour toucher la population polonaise.

Autre titre particulièrement recommandable, “KGB” (1992) plante intelligemment son aventure point & click quelques jours avant l’effondrement du régime soviétique. Le joueur enquête au sein d’une cellule de lutte contre la corruption gangrenant les services secrets russes. Le tout au fil de questions/réponses au timing serré et d’énigmes corsées avec des Game Over à la clef ! Du jamais vu. Dans le même ordre d’idées, mais du côté du camp adverse (capitaliste, donc), “The Third Courier” (1989) glisse le joueur dans la peau d’un espion US infiltré à Berlin-Est. A la recherche de plans de l’Otan volés, on progresse à la première personne dans les rues de la capitale au fil de mécaniques jeu de rôle, points d’expériences inclus. Original.

La Libre, Momento, Pixels, jeux vidéo, guerre froide, RussieSe prenant nettement moins au sérieux, “Communist Mutants from Space” (photo 3) compte parmi les friandises délirantes dont seules les années 80 étaient capables. Cette variation (parmi beaucoup d’autres) de “Space Invader”, sortie en 1982 sur Atari VCS 2600, demandait ainsi de défendre la terre face à… des mutants communistes emmenés par un despote devenu fou, la faute à de la vodka irradiée (sic !). Moins heureuses, les adaptations de films et livres de Tom Clancy, vite oubliées à l’image du “Cardinal du Kremlin” et d’“A La Poursuite d’Octobre Rouge”. Le célèbre romancier ne s’est toutefois pas découragé. Sa plume reste ainsi encore présente dans le jeu vidéo, notamment via des productions traitant de lutte contre le terrorisme chez Ubisoft. La saga des “Ghost Recon” en témoigne.

Si des années 80 aux années 90, les titres traitant de la guerre froide crépitaient, le clash Est/Ouest ressort encore régulièrement dans des jeux vidéo contemporains. Il y a quelques années, on découvrait ainsi, sur PS2 Xbox et GameCube, “Bons Baisers de Russie”, de Ian Fleming, en First Person Shooter 60’s décalé ou encore “1 378 km” sur PC. Ce FPS – dont le nom s’inspire de la longueur de la frontière séparant les deux ex-Allemagne – proposait une traversée du rideau de fer d’Est en Ouest aux côtés de 16 joueurs humains. Le poste de garde étant également possible, la polémique n’a pas tardé à faire rage en Allemagne il y a deux ans. Politiquement moins orientés, malgré les apparences, “Alerte Rouge”, “Freedom Fighters” ou encore “Cuban Missile Crisis : The Aftermath” tentaient, eux, de réécrire l’Histoire sous le prisme du marteau et de la faucille. Indispensables, “S.T.A.L.K.E.R.” et “Metro 2033” réveillaient enfin le spectre du nucléaire il y a peu via des FPS postapocalyptiques aussi terrifiants qu’hypnotisants. La guerre froide est loin d’être enterrée…

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