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10/03/2012

Pas si banal que ça, notre bouleau

La Libre, Momento, Dehors, arbre, bouleauEn mars, la sève du bouleau monte. C’est le moment d’évoquer cet arbre familier à la fois pionnier et colonisateur.

Histoire d'un arbre: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


IL EST VRAI QU’IL COMPTE pas mal d’attraits. Il se contente d’un sol ordinaire à tendance acide et se plaît à la lumière. A cette grande faculté d’adaptation s’ajoutent une rusticité à toute épreuve, une silhouette légère, une croissance rapide, une écorce presque immaculée, une ramure légère délicatement dorée l’automne venu et des chatons discrets en hiver. Certains estiment qu’on a trop abusé de lui dans le paysage et d’autres s’indignent contre le sort réservé à ces malheureux bouleaux dont on a coupé la tête sous prétexte de débordement. Ils n’ont pas entièrement tort.

En Europe, on dénombre deux espèces indigènes. Le bouleau verruqueux, Betula pendula, et le pubescent, Betula pubescens. Le premier – contrairement à ce qu’indique son nom latin – n’est pas si pleureur que ça. Ses branches poussent bien vers le haut alors que seulement ses rameaux retombent. Il est faux de croire qu’on le gardera petit au beau milieu de la pelouse. Il culmine parfois à 30 mètres. On le reconnaît aux losanges noirs, des crevasses profondes marquant l’écorce blanche et s’élargissant en vieillissant, et à ses feuilles dentées triangulaires. Solide, il se plaît dans tous les sols même sablonneux et calcaires. La variété B. pendula ‘Youngii’, très populaire, est quant à elle carrément pleureuse. Un véritable parapluie doté de petites feuilles pendantes et greffé en général sur un tronc à 1,80 mètre de haut environ. Betula pubescens a des rameaux duveteux non tombants et une écorce plus lisse, moins blanche et striée horizontalement. Egalement un grand arbre, 20 mètres de haut, plus gourmand en eau et qui préfère donc les sols humides.

En Asie, les bouleaux ont des écorces féeriques. Pas nécessairement blanches. Si vous avez de la place, jetez-vous sur ces petites merveilles. En hiver l’effet est magique. L’un des plus connus est le bouleau de l’Himalaya, B. utilis, et sa célèbre variété plus blanche que blanche, l’étourdissant B. utilis var. jacquemontii que l’on déniche actuellement assez facilement dans les pépinières. D’autres écorces aux nuances roses, brunes et orangées sont également fascinantes. Celle de B. ermanii, un bouleau japonais, celle du chinois Betula albosinensis et l’écorce de B. costata originaire de Mandchourie, pour ne citer qu’elles.

Le plus grand de la tribu, B. papyrifera, le bouleau à papier, est quant à lui un bouleau américain dont l’écorce blanche se desquame en fines lamelles parfaitement imperméables qui servaient à l’époque à fabriquer les canoës des Indiens. Sans oublier B. nigra, le bouleau noir des marais à l’élégante écorce brune qui s’écaille.


La Libre, Momento, Dehors, arbre, bouleauA nous la sève de bouleau
Prêt pour une petite cure de jouvence printanière ? Façon “détox” post-hibernation ? Traditionnelle dans les pays du nord de l’Europe, elle draine les toxines et tonifie son homme. La sève est considérée comme un dépuratif doux qui soulage les articulations et reminéralise les tissus. Grâce au calcium, au magnésium, au phosphore, au manganèse et au zinc.
Dès le mois de mars, la sève monte dans le tronc et les branches du bouleau. Voilà pourquoi dans les langues slaves, le mot mars évoque le bouleau.
On prélève la sève en forant un petit trou de la taille d’un crayon, d’une profondeur de 2/3 cm, à environ 1 m au-dessus du sol. On y enfonce un tuyau ou une goulotte dans lequel elle s’écoule jusqu’à un réservoir lié ou pendu au tronc. Sur un arbre adulte, on retire facilement près d’un litre par jour. Après la récolte, il suffit de reboucher le trou avec un bouchon de bois. La dose journalière conseillée est d’un verre chaque matin pendant trois semaines. La sève est conservée au réfrigérateur.
Pour ceux qui n’ont pas de bouleau, ils trouveront ce précieux liquide dans les magasins biologiques.


Ph.: MNC & MPV

14:30 Publié dans Dehors | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : la libre, momento, dehors, arbre, bouleau | |

Commentaires

Les forêts de bouleaux en Russie sont magnifiques, elles donnent à ce bel arbre une autre dimension que je n'imaginais pas avant de les avoir vues.
Je profite des commentaires pour glisser une remarque : vos rubriques dans le Memento sont très intéressantes, malheureusement elles traitent trop rarement des plantes et arbres en pots, ce qui est assez frustrant pour ceux qui comme moi jardinent exclusivement sur la terrasse d'un appartement en ville.
Une suggestion : quand vous présentez une plante et ses variétés, n'y aurait-il pas moyen, ne fût-ce qu'en bref, de signaler si oui ou non, elle peut vivre en pot, et quelle variété est recommandée dans ce cas ?

Écrit par : Tania | 10/03/2012

Entendu Tania ! C'est vrai qu'on oublie les jardiniers de ville. Un arbre en pot n'est pas vraiment à conseiller mais nous allons essayer de développer quelques thèmes "terrasse" avec les fleurs adéquates. Par ailleurs, l'an passé, nous avions parlé du potager en pots.

Écrit par : les Marie | 16/03/2012

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