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17/03/2012

Encore des mots, toujours des mots, rien que des mots...

La Libre, Momento; bien-être, aide, expression, livresLes aligner, les choisir, les dire, les écrire, les exprimer… plaisir pour les uns, calvaire pour d’autres.

En librairie: Laurence Dardenne


ENCORE DES MOTS, TOUJOURS DES MOTS, rien que des mots… Des mots magiques, des mots tactiques… Des mots faciles ? Pas si sûr. Apprendre à les choisir de façon appropriée, à les écrire, à les exprimer, à les dire… c’est ce que proposent des petits guides sans prétention, mais bien pratiques pour qui se sent totalement démuni face à un écran ou une page blanche.
Petite sélection de quelques aides pour se sortir de situations inextricables pour d’aucuns…

400 modèles de correspondance quotidienne
Chez les uns, les mots sortent spontanément, coulant de source; chez d’autres, l’idée d’aligner deux phrases, quelles que soient les circonstances, relève du calvaire. Pourtant, elles sont nombreuses et variées, les situations qui nous amènent un jour ou l’autre à prendre la plume ou à tapoter sur le clavier : rédaction d’une lettre de motivation pour un CV, remerciements pour un cadeau de mariage, présentation de condoléances, réclamations, courriers administratifs, déclaration d’accident de voiture, demande de congé pour un bilan de compétence ou d’un devis pour un déménagement, lettre à un huissier pour obtenir le paiement de la pension alimentaire, déclaration de vol d’une carte de crédit, relance à un avocat pour une affaire qui tarde, résiliation d’une assurance, petite annonce pour des cours particuliers, lettre de doléances, suite à un séjour touristique… 400 modèles sont ainsi proposés dans le “Dictionnaire de la correspondance de tous les jours”. Pas de la grande littérature, certes; pas non plus d’une grande originalité, mais de quoi s’inspirer si, vraiment, on ne sait pas par quel bout commencer et se tirer d’affaire vite fait bien fait dans bien des situations de la vie quotidienne.
Dictionnaire de la correspondance de tous les jours, Larousse, 10,90 €.


Pouvoir répondre très à propos du tac au tac
Que ce soit par écrit ou oralement, manier la langue française, c’est aussi parfois avoir le sens de la repartie. Un art, même. On vous agresse, verbalement ? Comment réagir, finement ? Plusieurs tactiques. Parmi elles : pourquoi ne pas faire apparaître l’attaque comme un non-sens ? “Pour rendre l’attaque ridicule, vous pouvez, par exemple, mettre en lumière les prétendus avantages dont vous profitez ou surenchérir sur l’attaque”, avance Matthias Nölke, dans “L’art de la repartie”. Exemple : insister sur les avantages. On vous assène : “Vous avez les oreilles décollées.” Répondez : “Oui, et lorsque je les agite, je peux voler.” 
Ou alors, dans le genre succulent, ce bon mot du Premier ministre Winston Churchill, lors d’une soirée, entendant dire par une certaine Lady Astor : “Si j’étais mariée avec lui, je lui donnerais du poison.” Et Churchill de répliquer : “Et si j’étais marié avec elle, je le prendrais sans hésiter.” Cela s’appelle battre son agresseur avec ses propres armes. “Avoir de la repartie signifie plus que placer quelques bons mots”, écrit encore l’auteur. “Il s’agit surtout de préserver votre souveraineté. La meilleure façon de procéder est de rester digne et de parvenir à se faire respecter.”
L’art de la repartie, Ne dites plus : “J’aurais dû répondre ça !”, Matthias Nölke, Ixelles Editions, 11,90 €. Chez le même éditeur, “L’art d’argumenter”, ou comment sortir gagnant de toute discussion, Andreas Edmüller et Thomas Wilhelm, 11,90 €.


De la lettre de rupture au faire-part de mariage
“Marie, je pars… ma décision est définitive, j’ai bien réfléchi. Ne cherche surtout pas à me rejoindre. Pardonne-moi de te faire mal. Mais je souhaite arrêter le jeu hypocrite dans lequel nous nous enlisons. Tu as deviné que j’ai rencontré quelqu’un d’autre. Je l’aime, et le respect que j’ai pour toi me pousse à être honnête, même si je sais bien que cela te fait souffrir. Peut-être nous reverrons-nous un jour. D’ici là, oublie-moi, mais sache que je t’ai vraiment aimée.”
Pour qui éprouverait tout le mal du monde à annoncer pareille mauvaise nouvelle, voici une lettre type de séparation, telle que suggérée dans “300 lettres pour tous les jours”.
Lettre, mais aussi e-mail, fax, faire-part, carte de visite ou carte postale; comment les rédiger, les commencer et les terminer. Les présenter aussi, car à toutes fins utiles, on y rappelle que la qualité du papier, l’écriture et la mise en page contribuent à donner au destinataire du courrier une première impression favorable… ou défavorable. Sachez ainsi que le papier doit être uni (ni ligné ni quadrillé), de bonne qualité, mat, suffisamment épais (min. 80 g), écrit au porte-plume ou au stylo.
Entre autres nombreux conseils de rédaction, à propos de l’emploi du “je”, on lira : “Dans la mesure du possible, on évitera de commencer sa lettre par le ‘Je’ et on veillera à ne pas en abuser en début de phrase afin de ne pas donner l’impression de se mettre sans cesse en avant. Respectez en particulier cet usage dans vos lettres de candidature ou lorsque vous vous adressez à des personnes respectueuses des conventions.” Exemples pour contourner cette difficulté : au lieu de : “J’ai bien reçu votre lettre”, écrivez : “Votre lettre m’est bien parvenue.” Plutôt que : “Je vous envoie en réponse”, “En réponse à votre lettre, vous trouvez ci-joint.” A la place de : “J’ai tardé à vous écrire”, “Voici longtemps que je voulais vous écrire.” A : “Je souhaiterais recevoir”, préférez : “Pouvez-vous avoir l’amabilité de me faire parvenir ?” Ou encore plutôt que : “J’ignore ce que vous pensez”, “Dans l’ignorance de votre réaction à ma proposition...”
300 lettres pour tous les jours, Poche, Larousse, 5,90 €.


Evaluez vos connaissances de la langue
Mais au fond, “Connaissez-vous bien la langue française ?”. Telle est la question du petit ouvrage ainsi intitulé, qui propose d’évaluer vos connaissances en français en répondant tout en s’amusant. Quelques exemples parmi les 220 devinettes. Qu’est-ce qu’un rapin ? a) un garnement qui se livre à de menus larcins; b) un lièvre sauvage; c) un peintre sans grand talent; d) un domestique.
Que désignait à l’origine le mot “musée” ? a) un lieu où se produisait uniquement les musiciens; b) un temple dédié aux Muses; c) un coin retiré où l’on pouvait musarder; d) un atelier d’art réunissant différents orfèvres en la matière.
Que fait le dinandier ? a) il a étudié la vie des dinosaures; b) il grave les épitaphes sur les pierres tombales; c) il est chargé de l’organisation des dîners de gala; d) il fabrique des objets en cuivre. D’où vient le mot “pistolet” ? a) du tchèque; b) du russe; c) de l’anglais; d) du serbo-croate.
Petit étui renfermant des versets de la Torah, le phylactère est aussi : a) une bulle de bande dessinée; b) une planche de timbres de collection; c) un papillon d’Amérique du Sud; d) un journal satirique.
Devinette : je peux être un comptoir, un poisson ou une pression. Qui suis-je ?
Et la question pour les as : quel procédé stylistique trouve-t-on dans ce vers de Corneille ? “Je suis romaine hélas, puisque mon époux l’est.” a) un chiasme; b) un kakemphaton; c) un pléonasme; d) un zeugme.
Pour les réponses, rendez-vous en fin d’ouvrage.
Connaissez-vous bien la langue française ? Les petits quiz, Larousse, 4,90 €.


Pour corriger et améliorer le texte
La majorité des phrases ont pour “noyau” un verbe et sont donc appelées “phrases verbales”. Exemple : Je suis très surprise. Mais on peut aussi employer des phrases sans groupe verbal, appelées “phrases nominales” (ou adverbales) pouvant parfois se réduire à un mot. Cela donne alors : “Quelle surprise !”  Ou encore : “Très surprenant !”. “On n’abusera pas de ces phrases, qui visent à frapper, par une formule choc, l’imagination du lecteur, et émaillent le style journalistique ou publicitaire”, peut-on lire dans “Savoir rédiger”, un petit ouvrage bien pratique qui livre une multitude de conseils pour apprendre à écrire, en s’adaptant au destinataire et en rendant le message clair; organiser et structurer les idées, faire les enchaînements et rédiger la conclusion. Corriger et améliorer son texte, en allégeant les phrases, en variant l’expression, en évitant les répétitions et les euphémismes, en éliminant les clichés et les lieux communs, en remplaçant les mots passe-partout. Exemples : plutôt que “Maman fait le repas”, écrivez “Maman prépare le repas”. Et ne dites pas banalement “Julien fait une maquette”, il la “construit”. Au lieu de “Ces pneus vont bien pour la neige”, préférez “conviennent”…
Savoir rédiger, collection Les indispensables, Larousse, 3,90 €.


Ph.: PhotoNews

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