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28/04/2012

Go West

La Libre, Momento, Escapade, Irlande, Connemara, MayoPetite ba(l)lade irlandaise dans les comtés de Mayo et du Connemara.

Découverte: Christophe Blaivie


L’Irlande : ses moutons, son célèbre stout, ses trèfles, ses lacs, ses rivières et ses terres brûlées au vent… Atterrir à Dublin et ne pas succomber à l’appel des pubs jaunis et patinés de Temple Bar est déjà une gageure. Aux volutes et aux bières tièdes et plates, nous avons opté pour les grands espaces. de l’air, please !
 
Tracer plein ouest dans le comté de Mayo, bien moins touristique que le “Sardouesque Connemara” mais pas moins bluffant par ses paysages. Bref, un bon plan en dehors des sentiers battus. A partir de Westport, la bien nommée, tout semble possible quel que soit votre centre d’intérêt (pêche, kayak de mer, VTT, équitation, golf,…). Il n’y a qu’à rayonner. Pour austère qu’elle puisse paraître de prime abord et pour peu que vous n’ayez pas peur de vous mouiller, la nature – encore – préservée vous tend ses bras. Ici, la tourbe transpire une eau cristalline que l’on soupçonne regorger de belles truites. Un brin nostalgique, un aventurier des temps modernes se remémore les parties de pêche avec son grand-père “du temps où” il n’y avait “qu’à” tremper sa mouche pour que le poisson morde. Nous avons peine à croire que ce temps béni soit révolu.
 
A Westport, notre dernier contact avec la civilisation fut le pub éponyme de Matt Molloy, flûtiste du groupe des Chieftains. Les musiciens de tous bords s’y sentent comme chez eux et ne se font pas prier pour “taper le bœuf”. Peut-être aurez vous la chance d’y croiser le patron.
 
Si les B&B pullulent, nous opterons – pas le choix en fait – pour les quatre étoiles du Mulranny Park Hôtel à 25 minutes au Nord. Les vastes chambres, tout en étant bien tenues, dégagent un parfum d’une autre époque. Notre bow window offrait une vue saisissante sur la “Clew Bay”. Pour découvrir ce premier bout d’Ouest, n’hésitez pas à louer un vélo pour rouler sur le “Great Western Greenway”, sorte de Ravel local concrètement très praticable pour les cyclistes du dimanche.
 
Le vélo s’érige comme le partenaire privilégié pour découvrir la région. Le relief n’est pas à négliger mais si les pentes offrent une déclivité appréciable, elles ne sont jamais très longues. Qu’à cela ne tienne, si vous n’avez pas le mollet affûté (ou que vous avez abusé de boissons fortement maltées la veille), il existe une alternative tout aussi respectueuse de mère nature : la location d’un vélo électrique. Très tendance par les temps qui courent. Sans – trop – d’efforts, il vous sera loisible de vous en mettre plein les mirettes. La journée guidée, commentée et agrémentée par un lunch aux saveurs régionales revient quand même à 75 euros pour un adulte.
 
S’il est inutile de préciser que la météo se révèle souvent capricieuse dans l’Ouest irlandais, par corollaire, la luminosité est tout aussi désarçonnante. Tellement changeante qu’elle vous fait appréhender un même paysage de trente-six manières différentes : tantôt radieux et rieur, tantôt sombre et inquiétant. Parfois, les contours deviennent si nets que l’on croirait avoir gagné en acuité visuelle…
 
Une île, qu’elle soit Mystérieuse sous la plume de Jules Verne ou Noire à travers la “Ligne claire” d’Hergé, offre un supplément d’imaginaire, de quoi pimenter l’aventure. Un rafiot daté au bout d’un ponton improbable à Roonagh Quay et la traversée (15 euros a/r) peut commencer vers Clare Island, 150 habitants (elle en comptait 1 600 avant la grande famine de 1845) et sans doute dix fois plus de moutons. En 4 à 5 heures de marche, il est possible de boucler le tour de l’île qui s’appréhende par sa côte la plus urbanisée, (façon de parler) et la grimpette peut commencer au royaume des animaux à poils laineux. Les paysages défilent en même temps que les nuages jusqu’au phare de Clare Island, niché à flanc de falaises vertigineuses. La lande s’arrête nette. Un pas mal assuré, une bourrasque et c’est le grand saut. Mais quelle vue ! Le phare n’est plus en service depuis 1965. Il faisait office de B&B il n’y a pas encore si longtemps mais il a été racheté depuis par un particulier. Dommage. Les jambes encore flageolantes, il est temps de redescendre vers le port. En chemin, une petite église celte, en cours de restauration, vaut le coup d’œil pour ses peintures médiévales, les mieux préservées d’Irlande. En attendant le ferry, une charmante petite plage vous offrira une aire de repos bien mérité.
 
Pour rayonner à travers le Connemara, Clifden semble être un port d’attache idéal. Ses maisons bigarrées, ses pubs accueillants… on imagine la bourgade grouillante de touristes l’été et il est sans doute préférable d’y séjourner hors saison. Qu’à cela ne tienne, la nature n’est jamais loin et à 5 minutes de marche du centre-ville, il est déjà possible de se perdre dans la lande. A arpenter à toute heure de la journée, la Sky Road offre autant de promenades que de luminosités différentes.
Le Connemara, une valeur sûre, à déguster de préférence au printemps et en automne.
Galway vous offrira un retour à la civilisation peut-être réparateur. La ville, un peu frustre il y a encore quelques années, s’est considérablement modernisée. Il n’en demeure pas moins des quartiers qui ont gardé une certaine atmosphère, celle décrite avec truculence par Ken Bruen au travers de son “héros”, Jack Taylor, le privé le plus mal barré d’Irlande.
 
www.discoverireland.com
 
Ph.: tourism ireland imagery

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