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28/04/2012

Les yeux de demain?

La Libre, Momento, Pixels, lunettes numériquesLe Project Glass de Google [x] fait tilter les geeks. Mais Vuzix, Sony et Recon Instruments portent aussi des lunettes, en réalité augmentée. Séquence essayage.

Michi-Hiro Tamaï


DANS LES SALONS ET AU CINÉMA, la 3D déchante. La faute au port de lunettes (actives ou passives) qui, entre autres inconvénients, fatiguent en cas d’utilisation prolongée. Malgré ce flop, le petit monde du high-tech n’en démord pas. Le futur passerait par des montures numériques. Dans un autre registre, celles projetant directement sur leurs verres des vidéos (voir plus bas), textes, icônes et images dynamiques crépitent chez les geeks. Utilité ? Avoir un calque intelligent capable d’aider leur propriétaire à appréhender leur environnement. Soit de la réalité augmentée, nettement plus pratique dans ce cas qu’avec un smartphone qui demande d’être sorti bras tendu en rue, pour obtenir le même résultat.
 
Récemment, parmi les derniers buzz qui ont excité les accros de high-tech futuriste, il y a, bien sûr, le Project Glass (photo) des laboratoires de Google [x]. Mains libres, on palabre en visioconférence ou on suit un guidage GPS pédestre en temps réel, les indications de changement de direction venant alors se superposer sur le champ de vision de l’utilisateur. Cet appendice, sous forme de petit écran posté au-dessus de l’œil droit (et, donc, du champ de vision) de l’utilisateur, entend s’adapter à toutes sortes de montures, optiques comme solaires.
 
Contacté à ce sujet, Google Benelux n’a pas commenté, ni communiqué de date de sortie/prix pour ses Project Glasses. Mais la concurrence s’affûte sur le terrain de l’affichage tête haute (dites HUD, pour Head Up Display). Agence du département de la défense militaire américaine à qui l’on doit la naissance du… Web et du récent Siri d’Apple, la DARPA finance actuellement un projet de monocle holographique 3D se nourrissant également de réalité augmentée. Baptisé Next Generation Display Technology, ce prototype de HUD, développé par Vuzix, essaye comme Google d’alléger au maximum la réalité augmentée en misant sur un seul verre.
 
A la caisse, comptez 2 500 à 3 000 €. Si un usage grand public et une baisse de prix sont envisagés pour 2013, le projet reste cantonné aux domaines industriels et militaires. Entre autres exemples d’application, ce bout de plastique transparent permet de suivre le déplacement d’un hélicoptère caché par de la fumée ou des nuages… Plus pacifique, Sony Entertainment et Regal Entertainment Group proposeront prochainement des Access Glasses dans 4 700 salles du géant nippon implantées aux Etats-Unis. Ces lunettes, dédiées aux malentendants, collent des sous-titres jusqu’à six langues, en temps réel, sur des toiles de cinéma.
 
Des salles obscures aux pistes blanches, Recon Instruments offre, enfin, l’exemple le plus utile de lunettes, en – pseudo – réalité augmentée, achetables en magasins. L’inventeur de cette technologie propose, en effet, le Live Micro Optics Display (300 €), un kit à monter sur des lunettes de ski d’Uvex, Alpina et Briko. En pratique, ce mini-LCD affiche (entre autres), directement dans le masque, des plans de piste et la longueur d’un saut, grâce à un GPS et des capteurs de mouvement. Un champ d’application nettement plus naturel que dans la vie quotidienne…
 
 
La Libre, Momento, Pixels, lunettes numériquesRétro futur, mon amour
 
Lunettes en réalité augmentée ou lunettes vidéo ? La confusion guette. Comme leur nom l’indique, les lunettes vidéo se cantonnent à un usage filmique. Pas une révolution, puisque les Glasstron de Sony apparaissent déjà depuis plus de dix ans sur le marché nippon. L’essor (supposé) de la 3D a toutefois poussé le fabricant japonais à, récemment, lancer les Personal 3D Viewer (799 €), monture affichant des images en relief et en HD. Une prise leur est malheureusement vitale. Les nomades se tournent plutôt vers les Moverio BT-100 d’Epson (599 €). Si leur définition est moins bonne, la nature translucide de leurs verres en plastique permet non seulement de garder le contact avec son environnement, mais aussi de changer la diagonale d’écran selon la cible visée, à la manière d’un projecteur classique. En pratique, regarder le mur de son jardin offre une impression de visionnage XXL, tandis que le dos d’un siège automobile livrera une petite diagonale d’écran. Enfin, notons que Carl Zeiss explore à nouveau le périlleux chemin de la réalité virtuelle, en panne depuis son flop dans les années 90. Relié à une manette PlayStation et bardé de détecteurs de mouvements, son Cinemizer OLED permet, par exemple, de se déplacer dans un bâtiment virtuel. Le tout dans des décors virtuels réagissant en fonction de la position de la tête de l’utilisateur.

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