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05/05/2012

Visite au "Clos de Tart" à Morey-Saint-Denis

Le Clos de Tart est classé parmi les cinq “grands crus” situés sur la commune de Morey-Saint-Denis, dans la Côte de Nuits, sur la célèbre route des “grands crus”, entre Gevrey-Chambertin et Chambolle-Musigny, face à l’église. Il partage cette classification, qui représente le sommet de la pyramide des crus de Bourgogne, avec le Clos Saint-Denis, les Bonnes Mares, le Clos de la Roche et le Clos des Lambrays. C’est aussi un “monopole” et l’un des domaines emblématiques de la Côte d’Or.

Baudouin Havaux


La Libre, Momento, Papilles, Vins, Clos de TartLe vignoble
En 1411, le vignoble appartenait aux Bernardines de l’abbaye de Notre-Dame du Tart, une acquisition confirmée dans une bulle du pape Lucins III. Puis, par une succession de faits qu’il serait vain d’évoquer ici, il appartient, depuis 1932, à la famille Mommessin de Mâcon. Sylvain Pitiot est œnologue et le régisseur de ce domaine prestigieux. Arrivé en mars 1996, il en a été le révélateur par sa rigueur et son talent. Ce Clos de Tart, c’est lui, tout simplement ! Il nous accueille par un matin de brouillard en cette fin janvier. D’emblée, il nous invite à le suivre pour découvrir ce clos de 7 ha, 53 a, d’un seul tenant et entièrement muré. “Le voilà, ce fameux climat”, dit-il avec fierté, “il est inviolé depuis le XVe siècle. Les vignes sont idéalement situées à mi-coteau, exposées au levant, en pente douce, à +/- 300 mètres d’altitude. Le sol de roche mère relève les calcaires durs du Jurassique, avec des éboulis assez homogènes. Ce terroir complexe est composé de parcelles où l’affleurement de la roche est bien identifiable. En fait, tous les dix mètres, on trouve un microterroir. Vous remarquez aussi que ce vignoble présente une particularité unique dans son secteur, il est planté perpendiculairement à la pente et limite ainsi l’érosion naturelle”.

Les caves
On y pénètre comme on entre en religion. Silencieusement, nous suivons Sylvain Pitiot qui nous précède dans la pénombre d’une imposante volée d’escaliers de pierre. Quelques instants après, c’est l’émerveillement devant deux caves voûtées superposées. Dans l’une, les “pièces” du cru vieillissent dans des conditions idéales d’humidité et de température constante. L’autre cave, identique, est réservée pour les mises faites à la main et la conservation des bouteilles avant leur commercialisation. La production totale annuelle est d’environ 24 000 bouteilles, dont une partie, provenant des vignes les plus jeunes (moins de 25 ans), est vendue en Morey-Saint-Denis Clos de la Forge. “Ces deux caves et notre pressoir datent de 1570”, nous signale Sylvain, après avoir débouché avec respect un Clos de Tart de 2001. “Il faut au moins une dizaine d’années pour l’apprécier. J’ai choisi ce 2001, car c’est un grand classique, très typé. S’il n’est pas encore arrivé à sa plénitude, ses arômes se développent progressivement à l’agitation dans le verre, en netteté et finesse, avec une touche minérale et florale (violette), un joli fruité (griotte) et de fines épices. Une grande complexité en bouche, dans une structure élégante et équilibrée. La finale est ample et longue. Sa garde ? Une bonne dizaine d’années.” Son prix : +/- 150 euros.

Les bâtiments
Sylvain Petiot nous entraîne vers les anciens bâtiments de pierres dans la petite cour intérieure : “Nous sommes dans l’ancien cuvier qui sert aujourd’hui de salle de réception. Vous remarquez ce vieux pressoir à vis, parfaitement conservé, c’est l’un des plus anciens de Bourgogne. Dans la petite niche, là-haut, on aperçoit la statue historique de Notre-Dame de Tart qui est toujours reprise sur nos étiquettes.” Nous visitons ensuite la nouvelle cuverie, pas bien grande, mais suffisante pour accueillir tous les équipements les plus modernes. “Notre souci ici est de respecter le raisin, depuis les vendanges manuelles en petits cagots, après un premier tri dans la vigne. Il faut un raisin très sain pour faire un grand vin.” Le raisin arrive ensuite sur une table de tri et, par gravité, il parcourt les différentes étapes de fermentations, avec un procédé typiquement bourguignon : le “pigeage”.

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