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12/05/2012

Petit guide de survie du festivalier cannois

La Libre, Momento, Papilles, restaurants, CannesAlors que le festival de Cannes s’ouvre ce mercredi, quelques bons plans à deux pas de la Croisette et du Palais des Festivals. Des adresses à garder aussi pour les vacances…

Mise en bouche: Hubert Heyrendt, à Cannes


VILLE DE CONGRÈS DURANT l’année et de villégiature durant l’été, Cannes ne manque pas de restaurants ! Parmi lesquels des adresses réputées, comme l’étoilé “Mon rêve de gosse”, le deux étoiles “La Palme d’or” à l’hôtel Martinez ou, un peu plus loin, au Cannet, la “Villa Archange”, deux macarons également. Mais sans casser sa tirelire, il n’est pas toujours simple de discerner le bon plan de l’attrape-touristes… En cherchant un peu, il est heureusement possible de dénicher de bonnes petites tables proposant une cuisine provençale simple et savoureuse.
Car, à deux pas de Nice (qui ne devint définitivement française qu’en 1860, la Nizza Marittima ayant longtemps appartenu au Royaume de Piémont-Sardaigne), Cannes propose une cuisine méditerranéenne très proche de sa cousine italienne. Pour s’en assurer, il suffit de se promener sous la halle de l’agréable petit marché Forville, à côté du Vieux Port. On y découvre des légumes méditérranéens de petits producteurs locaux, des pâtes fraîches, des gnocchi, des figatelli corses (saucisses de foie), des anchois frais… Autant de produits du Sud que l’on retrouvera à la table des restos de la ville…

BISTROT CANAILLE

Aux bons enfants ***
Dans la rue Meynardier, très jolie allée piétonnière de la vieille ville, l’enseigne des “Bons enfants” est bien connue des Cannois. Car voilà un petit bistrot familial qui ne cesse de gagner en popularité. Dans les deux salles, quelques tables en bois, sans nappe et avec serviettes en papier, accueillent les vrais mangeurs, attirés en masse, non seulement par une addition toute douce (menu 3 serv. à 26 €), mais aussi par la qualité de l’assiette, une ambiance sympa et un service souriant et efficace. Dans ce cadre d’un autre âge, on pourra commencer avec une friture de petites sardines servies avec un peu de roquette. Rien de compliqué, juste de bons produits frais préparés comme à la maison. Avant d’enchaîner avec une petite dorade, juste grillée, accompagnée de ratatouille.
Si l’on est d’humeur moins provençale et plus canaille, les oreilles de cochon, servies bien grillées avec de la roquette, ou l’andouillette de Troyes AAAAA grillée sont très bonnes également. A faire couler avec une demi-bouteille de Côtes de Provence Hermitage de Saint-Pons (17 €) avant de jeter un œil à la très alléchante carte des desserts, avec ses tout simples pruneaux au vin rouge épices et glace vanille, son bunet (un dessert piémontais) ou encore son baba au rhum. On n’est pas loin de l’Italie… Cela se sent dans cette cuisine provençale sans chichis qui se contente juste de satisfaire les appétits plutôt que d’essayer de séduire le client à grands coups de propositions modernisantes aussitôt vieillies. Ici, tout est bon et réconfortant. Bref, on ne s’étonne pas que cette microadresse cannoise se soit vue récompensée par un Bib gourmand au guide Michelin cette année !


La Libre, Momento, Papilles, restaurants, CannesTABLE CHIC

Mantel ***
A Cannes, la très jolie rue Saint-Antoine ressemble à la rue des Bouchers à Bruxelles, regorgeant de restaurants où l’on hèle le touriste. Un peu en retrait, une petite façade discrète cache un resto beaucoup plus vaste qu’on ne pourrait le croire. A l’intérieur, l’ambiance est internationale. D’ailleurs, le personnel parle à peine français. C’est que le “Mantel” a sa petite réputation ! Depuis des années, Noël Mantel a, en effet, développé une cuisine provençale raffinée dans une adresse plutôt chic.
En entrée, on pourra, par exemple, profiter d’une excellente fricassée de calamars en persillade, servis très tendres, avec une jolie émulsion à l’encre de seiche (25 €). Une proposition méditerranéenne plutôt classique mais très savoureuse. Pour suivre, le jarret de veau fermier, braisé et glacé, est accompagné de petits légumes de saison croquants (navet, courgette, artichaut, asperge, carotte, pommes de terre…) (34 €). Une excellente proposition, tant la viande est tendre et le jus acidulé au vinaigre balsamique relevé.
L’addition est un peu salée (surtout en saison de congrès ou de festivals, où la formule menu à 30 ou 59 € disparaît…), mais voilà une cuisine classique sans tralalas comme on ne la trouve plus assez chez nous.


La Libre, Momento, Papilles, restaurants, CannesRESTO TRADITIONNEL

Côté jardin **
Doté d’une grande véranda, “Côté jardin” propose dans un quartier calme de Cannes une agréable cuisine du Sud toute simple, que l’on découvre au gré d’un menu-carte au bon rapport qualité-prix (3 serv. 31 €/2 serv. 24 €). Tout en profitant d’une sélection de vins qui met l’accent sur les flacons régionaux. On y déniche, par exemple, un très bon Côtes de Provence Cuvée spéciale du Château de Berne (20 € la demi-bouteille).
En entrée, même si elle est un peu surassaisonnée en vinaigre, la petite salade d’artichauts crus se marie bien à la tartine de jambon pata negra et aux copeaux de parmesan. On reste dans le pata negra pour suivre avec une belle pluma iberica très tendre, servie avec crème de petits pois et une purée de pommes de terre à l’huile d’olive. Deux propositions hypersimples, mais qui valent leur prix ! Tout comme le dessert, une verrine de crème de citron gratinée, servie avec des myrtilles, les premières fraises et une petite tuile croustillante. Seul défaut – sans doute une déformation professionnelle dans un resto qui accueille à l’année conférenciers et festivaliers pressés –, le service est franchement trop rapide…


La Libre, Momento, Papilles, restaurants, CannesSNACK ITALIEN

Voglia di pasta *
A deux pas de la Croisette, dans la très commerçante rue Félix Faure, juste en face du Vieux Port, “Voglia di Pasta” se présente comme un petit snack tenu par de vrais Italiens. En temps de congrès, la clientèle est entièrement composée d’étrangers. Sous la grande terrasse couverte et chauffée, on parle anglais, russe, hébreux, portugais… et français. A l’intérieur, un couloir exigu mène vers le four à pizza et la cuisine qui occupent toute la place. La déco est réduite à sa plus simple expression : petites tables carrées, nappes à carreaux rouge et blanc…
Sur le tableau noir, sont énumérées les pizze (10-14 €), toutes classiques : 4 formaggi, caprese, diavola, regina, capriciosa, calzone… Ainsi que les salades et une large sélection de pâtes (alla ladra, alla mafiosa, alla ligure, alle vongole, all’arrabiata). En primo, on pourra opter pour un carpaccio di bressaola (15 €) servi avec roquette et copeaux de parmesan sans aucun assaisonnement, sinon un excès de jus de citron. C’est basique, mais les produits sont corrects. Par contre, les linguine allo scoglio (18 €) sont bonnes, car les fruits de mer (moules, calamars et crevettes) sont bien frais.
On n’a certainement pas décroché ici le meilleur italien de Cannes… Mais c’est pas mauvais du tout, rapide, pas cher et à 5 minutes du Palais des Festivals. Parfait pour le festivalier coincé entre deux projos.


Ph.: H.H.

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