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19/05/2012

Jeux vidéo, bêtes et méchants?

la libre,momento,pixels; jeux vidéo; clichésCertains regrettent les jeux vidéo des années 80. Depuis cette décennie, les jeux vidéo ont pourtant gagné en maturité. Passage en revue de cinq préjugés qui ont toujours la vie dure.

Michi-Hiro Tamaï


Violence
La nature violente des jeux vidéo est incontestable. Comme pour le cinéma, elle définit même une partie de son identité. Mais cette agressivité, plus effrayante pour le spectateur que pour le joueur, est loin d’être l’unique vecteur de plaisir. Le sentiment de toute-puissance intellectuelle est ainsi brandi comme une friandise au joueur dans “Portal 1” et “2”. Les deux épisodes détournent ainsi à merveille les mécaniques des jeux de tir en vue subjectives. Au lieu d’une arme classique, le joueur dispose ainsi d’un canon à plasma créant des raccourcis spatio-temporels. Le tout pour des quiproquos et des énigmes jubilatoires.

Sexisme
Depuis Lara Croft, aucune héroïne n’a véritablement marqué l’univers du jeu vidéo. Certes, il y a eu avant “Metroid”, en 1986, puis Jade, journaliste indépendante de “Beyond Good & Evil” (2003). Mais, si brillants soient-ils, ces exemples sont restés assez confidentiels. Reste que les scénarios, sous forme de “rapt de belle”, qui pullulaient dans les années 80 disparaissent. Blockbusters mondiaux, des jeux de rôles comme le récent (et génial) “The Elder Scrolls V : Skyrim” ou le plus ancien “Fallout 3” permettent de créer son personnage de A à Z sans parti pris de race ou de sexe.

Immaturité
Les jeux vidéo s’adressaient presque exclusivement aux enfants et aux ados dans les années 80, mais leur horizon s’est élargi. Les thèmes abordés par des productions commerciales deviennent introspectifs comme en témoigne l’excellent regard que porte “Heavy Rain” sur le poids de la responsabilité parentale. Des enjeux sociétaux majeurs, comme l’écologie, étaient également abordés sans leçon de morale facile dans “Final Fantasy 7”. Plus récemment, le devenir de l’humanité motivait le propos de “Deus Ex : Human Revolution” via la question de la génétique et du transhumanisme.

Vulgarité
Il y a évidemment la saga des “Call Of Duty” qui, bave aux lèvres, guerroient au fil d’un spectacle efficace, mais pas très finaud. Mais derrière ce tapage, les démarches artistiques singulières se multiplient. Le pixel art pointilliste brille ainsi au fil du naturalisme magique de “Sword & Sworcery EP” sur smartphones et tablettes. Sur consoles de salon, Ubisoft initiait le joueur à un voyage aquatique et digital sur “Child of Eden”. L’éditeur français lâchait également “Rayman Origins” l’année passée. Ce jeu de plate-forme Full HD à 60 images par seconde se montrait aussi fluide qu’un dessin animé, dans un univers poétique et inventif à souhait. Plus récemment, “Journey” déployait des mers de sable incroyables et oniriques sur PS3.

Sédentarité
Avec sa Wii, Nintendo a fait du mouvement son cheval de bataille. Le joueur ne reste donc plus immobile devant son écran et livre des efforts physiques en bougeant la Wiimote, manette détectant ses mouvements, dans des jeux de golf ou de bowling. Le principe a récolté un tel engouement que Sony a tenté (sans succès malheureusement) de reproduire ce miracle avec son PlayStation Move. La Xbox 360 de Microsoft et sa Kinect, caméra détectant les mouvements du joueur, ont été plus chanceux. En témoignent “Dance Central” et “Kinect Sport”. Si elle ne livre aucune expérience de jeu réellement convaincante, la réalité augmentée pousse également le joueur à bouger sur smartphones, Nintendo 3DS et PlayStation Vita.


Ph.: Portal 2

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