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19/05/2012

King Arthur still alive

La Libre, Momento, Escapade, Glastonbury, roi ArthurLa légende du célébrissime Roi Arthur habite l’histoire de toute la péninsule britannique. Aux confins du Somerset, Glastonbury conserve spécialement intacts l’emplacement et la mémoire de l’île d’Avalon. Découverte d’un monde mystique.

En terre légendaire: Fanny Leroy

ICI, LES ARCHITECTURES BRITANNIQUES grises et élégantes se font plus discrètes, tant l’atmosphère particulière de Glastonbury rayonne de son aura ésotérique. Nommée “terre la plus sainte d’Angleterre”, la ville peut se targuer d’une histoire sacrée imposante et ancestrale.
 
A l’Age de fer, la mer recouvre encore les terres basses des Somerset Levels. Des vestiges de villages lacustres demeurent d’ailleurs encore… De ces marécages, jaillit l’un des premiers établissements chrétiens d’Angleterre. Le roi Ine décide, en effet, d’y fonder, en 705, un monastère qui devient le lieu-dit de bénédictins dès le Xe siècle. Les moines n’attendent pas pour construire une église dédiée à l’archange Saint-Michel au sommet de la colline, dénommée Tor en celtique. Aujourd’hui, l’appellation demeure. Pour y accéder, les pèlerins du XXIe siècle gravissent encore les nombreuses marches qui les séparent de la fameuse tour à ciel ouvert, reconstruite en 1360 après un tremblement de terre. Sur les hauteurs, des vents violents, mais surtout des forces telluriques bénéfiques, s’entrecroisent. Tant les agnostiques que les convaincus s’imprègnent d’ailleurs de l’énergie dégagée par le “healing point” désigné aux alentours. Certains y viennent pieds nus, d’autres prient entourés de bâtons d’encens, alors qu’un musicien fait résonner son tuba à l’intérieur de la construction.
 
Ancestralement, le Tor fut décrit comme la porte celtique vers l’autre monde, mais surtout comme l’accès mystérieux à Avalon, l’île des fées. Il n’en fallait pas plus pour que démarre la fabuleuse légende du Roi Arthur.
 
Non loin de l’abbaye construite en contrebas, le clerc Giraud de Barri, chapelain du roi Henri II, relate même, au XIIe siècle, la découverte de la tombe du célèbre souverain et de sa tendre, Guenièvre. Il l’explique ainsi : lors de la reconstruction partielle de l’abbaye après un incendie, les moines découvrent, en 1191, un énigmatique cercueil creusé dans un tronc d’arbre. En son sein, les ossements d’un homme de plus de deux mètres gisant à côté d’un squelette plus svelte. Pour preuve de la noblesse des dépouilles, les moines prennent la dalle de pierre surplombée par une croix portant la nette inscription : “Ci-gît le renommé Roi Arthur enseveli avec Wenneveria, sa seconde femme, dans l’île d’Avallonie.”
 
De cette découverte, les plus sceptiques y voient une ruse. En manque de généreux donateurs pour la reconstruction de l’abbaye, les membres de la communauté auraient brodé autour de cette supposée tombe royale. Leur inspiration ne venant que des écrits de leur évêque, Geoffrey de Monmouth. Naissent ainsi Lancelot, le Graal, Morgane, mais se creuse surtout davantage la renommée de Glastonbury par rapport à sa rivale française, l’abbaye de Saint-Denis.
 
En 1539, l’abbaye de Glastonbury est dissoute, suite à l’ordonnance anglicane d’Henry VIII. Les bâtiments sont dépouillés de tous leurs biens de valeur, les pierres sont prises pour la construction des maisons et son abbé est pendu haut et court au sommet du Tor. Aujourd’hui, les vestiges du bâtiment sacré n’en demeurent pas moins élégants et grandioses. Et l’allusion à la sépulture d’Arthur y est bien évidemment gravée sur un écriteau placé à la lisière d’une pelouse.
 
 
Mais dans le cœur des habitants, la légende ne se confine pas à cette unique relique. A Glastonbury, Arthur, Guenièvre, Perceval et les autres restent toujours animés par le souffle de la vie. En témoignent les noms des boutiques, les littératures ésotériques qui garnissent les vitrines et les propos des commerçants.
 
La Libre, Momento, Escapade, Glastonbury, roi ArthurLe centre de la ville est ainsi devenu le berceau de la mouvance New Age. Dans les rues, se croisent des activistes indemnes de la philosophie hippie. Le look, les idées, les pratiques… tout se perpétue. A Glastonbury, on vient prier dans le temple dédié à la déesse, on achète des herbes magiques, on choisit des pierres protectrices… On y trouve aussi toute la panoplie complète pour être une fée ou une bienfaisante sorcière, des ailes aux potions magiques. Et puis, on y revit un semblant de Woodstock avec le festival de Glastonbury, connu comme l’un des plus grands rassemblements musicaux au monde. L’événement rassemble presque chaque année près de 180 000 festivaliers. David Bowie, Peter Gabriel, The Cure, The Pixies, Bob Dylan, James Brown, U2 et tant d’autres sont parmi les stars à avoir enflammé les pelouses de Pilton. Cette année, l’herbe poussera, par contre, à sa guise… les toilettes portatives et les effectifs policiers étant appelés à couvrir les Jeux olympiques à la capitale londonienne.
 
Un répit qui ne fera pas non plus vibrer le zodiaque soutenu par la théorie de Katherine Maltwood. Artiste intéressée par les sciences occultes, la sculptrice crée la polémique, en 1929, en publiant “The Glastonbury’s Temple of the Stars”. Dans son ouvrage, elle n’hésite pas à soutenir la découverte, au sud de la ville, d’immenses dessins tracés par des éléments du paysage et représentant les douze signes du zodiaque. Quelques années plus tard, Christopher Hodapp lance une nouvelle croyance en affirmant que le Tor est peut-être l’un des endroits où se trouve le Graal en raison de sa proximité avec l’endroit où se situe le monastère qui abrite la coupe de Nanteos.
 
Pendant que les idées les plus alambiquées se propagent dans la petite ville de Glastonbury, the holy thorn continue à fleurir. Chaque année, la tradition veut d’ailleurs qu’une branche fleurie de l’arbre soit adressée au souverain du Royaume-Uni pour lui apporter la bonne fortune à Noël. Car au cœur du Somerset, l’arbuste se pare de fleurs deux fois l’an, en hiver et au printemps, une exception selon les locaux. La cause n’est pas à chercher bien loin : l’énergie bienfaisante du lieu pousse la nature au comble de sa beauté. Ou bien serait-elle la preuve de la magie d’Avalon ?
 
 
Parcours mythique
 
Dans ses écrits, Geoffrey de Monmouth dépeint Arthur comme un roi ayant établi un empire gigantesque, comprenant toute l’île de Bretagne, l’Irlande, l’Islande, la Norvège, le Danemark et même une part significative de la Gaule. Pas étonnant donc que diverses villes du Royaume-Uni s’accaparent un tronçon de l’histoire du monarque légendaire. Tintagel, située au nord-ouest du comté de Cornouailles, affirme par exemple abriter en ces terres le château arthurien. Non loin des ruines… une grotte. Celle de Merlin selon les croyances. Du sud au nord de la péninsule britannique, les passionnés peuvent donc s’amuser à suivre sans mal les traces de la légende.
 
 
Ph.: Fanny Leroy

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