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19/05/2012

Le jardin, terreau de sorcellerie ?

La Libre, Momento, dehors, jardin, mythes, légendes, fablesDans le jardin, se cache le nain. Près des chapelles, se dresse le tilleul. Sous la terre, vit la “racine humaine” de la mandragore. Et, avec eux, des tas de fables, de mythes et de légendes.

 
Mythologie de jardin: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans

IL Y A PLUS DE VINGT SIÈCLES, le poète latin Ovide nous contait le sort de la belle Daphné poursuivie par Apollon et métamorphosée en laurier rose. Philémon et Baucis, symboles de l’amour conjugal, de l’hospitalité et de la piété, ont, eux aussi, été transformés, le premier en chêne, et la seconde, en tilleul. Ces métamorphoses résultaient de la miséricorde ou de la colère des dieux. De quoi planter un jardin d’Eden. La mythologie grecque est à l’origine de beaucoup de noms de plantes. Narcisse, par exemple, est ce bulbe bien connu annonciateur du printemps, mais aussi le nom d’un beau gars qui, indifférent à l’amour des autres, meurt d’avoir trop aimé sa propre image contemplée dans un bassin. L’histoire veut qu’une touffe de narcisses soit sortie de terre à cet endroit. Les Daphne, Artemisia et autres Hyacinthus se réfèrent, eux aussi, à la mythologie.
 
Les arbres, par leurs dimensions imposantes et leur caractère majestueux, ont toujours suscité la dévotion populaire. Considérés comme guérisseurs, les arbres à clous ou à loques devenaient le rendez-vous des fidèles. On clouait dans leur tronc la maladie dont on voulait se défaire, ainsi que les pansements et autres bandages. Le tilleul a toujours reçu un statut particulier. Symbole de foi et de croyances. Emblème officiel de la chrétienté et arbre de vie par excellence. Ce n’est alors pas par hasard qu’on le retrouve campé dans les cimetières, près des églises et des chapelles.
 
La mandragore, quant à elle, a fait fantasmer plus d’un jardinier. Cette plante vivace paraît plutôt anodine avec ses rosettes de feuilles et ses baies toxiques jaunes et rouges. C’est sans compter sa grosse racine un rien bizarre. Carrément anthropomorphe. Au Moyen Age, cette racine faisait l’objet de rituels magiques et aphrodisiaques. Une légende macabre voulait même qu’elle germât au pied des gibets. Celui qui l’arrachait sans précaution était poursuivi par la malédiction et devenait fou en entendant les hurlements de la plante. Dans la célèbre forêt de Brocéliande, dans le Morbihan, on raconte même que des mirages étaient provoqués par un arbre ressemblant à une gigantesque mandragore hallucinogène. D’autres plantes toxiques sont aussi traditionnellement associées à la sorcellerie. L’aconit tue-loup, la belladone, la digitale Jaune ou l’herbe du diable appelée datura.
 
 
Et les nains de jardin dans tout cela?
 
Certains les adulent, d’autres les exècrent ! Ils ne laissent personne indifférent. Des expos très sérieuses leur sont dédiées comme à Bagatelle, à Paris, et des associations pour la protection des nains de jardin voient le jour. A chaque pays, ses nains, gnomes, trolls et lutins. Tous des bonzaïs. Ensemble, avec leurs chapeaux pointus et leur barbe blanche, ils règnent sur la terre. En tout cas sur les jardins un tantinet excentriques. Mais à l’origine, le nain n’est pas un jardinier. Etant donné sa petite taille, il peut travailler profondément sous terre. Notamment, dans les mines. Les petits copains de Blanche Neige étaient effectivement des nains de mine. Depuis des siècles, les histoires de lutins circulent secrètement et se racontent par-dessus les haies.
 

Ph.: MNC & MPV

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