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02/06/2012

Le Pas-de-Calais à visage humain

La Libre, Momento, Escapade, pas-de-calaisLa région de Boulogne-sur-Mer, à 200 km de Bruxelles, offre un paysage varié de falaises et de bocages. Et ses habitants sont prêts à le faire découvrir.

Sous les embruns: Sophie Devillers


QUOI DE MIEUX QUE DE DÉCOUVRIR un territoire en compagnie de ses habitants ? En Côte d’Opale, dans la région de Boulogne-sur-Mer, le touriste qui aime voyager hors des sentiers battus pourra avoir, par ce biais, un aperçu de la diversité de ces paysages de mer, de plage, de falaises et de bocages, à quelque 200 km de Bruxelles. Le comité départemental de tourisme du Pas-de-Calais a choisi de s’associer aux Greeters pour offrir aux visiteurs un regard alternatif sur la région frontalière française. Les Greeters ne sont pas des guides à proprement parler, mais des habitants de la région, bénévoles et passionnés. Chacun fera donc visiter la région avec son propre “filtre”, en fonction de ses intérêts. Gilles parlera de tradition et de folklore, Annie du tunnel sous la Manche… Jacques Mahieu, à la retraite, adore, lui, l’histoire locale et la toponymie. “Je parle de ce que j’aime, de ce que je vois, de ce que je vis tous les jours.” Barbe au vent et bonnet de loup de mer sur la tête, il emmènera ainsi les touristes sur les chemins où il se balade régulièrement, comme sur ces sentiers de douaniers à front de mer, entre les Caps Blanc-Nez et Griz-Nez. Où la proximité flamande se fait sentir, notamment dans les noms de lieux. Un exemple avec Wissant – déformation de Wit Zand – nom du village qui se dévoile en contrebas du promeneur, au pied de la falaise. “La frontière entre les deux pays n’a été fixée qu’au XVIIIe siècle”, rappelle Jacques Mahieu.

D’autres habitants de la région du Boulonnais ont décidé, eux aussi, d’ouvrir leur maison aux touristes. Ils répondent ainsi à l’invitation de l’association “Les Charmes de Wimereux” qui s’est mise sur pied pour sensibiliser habitants et touristes au patrimoine architectural de Wimereux. Il est vrai que la station balnéaire et ses villas de plaisance ont gardé une bonne partie de leur charme d’antan. Sur la digue, pas de gris buildings, mais des maisons colorées. Doté vers 1860 d’une gare qui fit son essor, le village fut particulièrement en vogue à la Belle Epoque, où les industriels du Nord firent construire des secondes résidences d’été, sur la dune arasée. Beaucoup de ces villas, à présent souvent divisées en appartements, partagent encore les mêmes caractéristiques : toits à débordements, menuiseries élaborées, lucarnes, base de pierre… “Beaucoup de villas ont disparu; des 800 d’origine, il en reste environ 150. Mais certaines sont encore parfaitement conservées”, explique Catherine Dallenne, sur le chemin de sa villa blanche et bleue, l’Albatros, toute pimpante. “Il existe des règles urbanistiques, et, maintenant, dans un certain périmètre, on ne peut plus faire ce qu’on veut. Et à Wimereux, les nouvelles constructions et les rénovations sont plus harmonieuses”, estime Jaqueline Solvet qui accueille, elle aussi, de nombreux touristes dans sa villa Les Aulnes rachetée il y a une quinzaine d’années, et dont elle a retracé l’histoire familiale.

A Tardinghen, Christophe Noyon ouvre, lui aussi, la demeure familiale aux visiteurs. Particulièrement aux amateurs de gastronomie. En effet, dans les dépendances, il a installé sa propre brasserie. Cet ancien cadre de chez Dupont de Nemours a choisi le retour à la terre en 2001, à 37 ans. “Et je ne le regrette pas”, explique le désormais brasseur au pied de ses cuves. L’an dernier, il a écoulé 2 250 hectolitres de sa production. Les visiteurs qu’il accueille régulièrement dans cette ferme boulonnaise typique – bâtiment massif de pierres de la carrière toute proche et colombier dans la cour – pourront déguster la bière “Belle Dalle”, du nom du domaine. Particularité : pour celle-ci, il cultive lui-même son orge sur une parcelle locale. “Actuellement, chez les brasseurs, ce n’est plus le cas. J’ai donc décidé de baptiser la Belle Dalle du nom de bière de cru, comme pour les vins. Nous cultivons l’orge sur trois parcelles en alternance, la bière n’est donc pas tout à fait la même chaque année.” Le brasseur-cultivateur invitera les plus gourmands à déguster sa bière spécialement créée pour accompagner les fromages locaux aux noms évocateurs : le sablé de Wissant, l’écume de Wimereux, la fleur d’Audresselles…

Une des étapes incontournables de la région, c’est le Centre national de la mer Nausicaä, à Boulogne-sur-Mer. Ce qui est un des plus grands aquariums d’Europe compte 35 000 animaux, dont 10 000 espèces dans 40 aquariums. Là encore, ce ne sont pas n’importe quels guides qui pourront faire faire aux visiteurs le tour du propriétaire (y compris des coulisses qui ont de plus en plus de succès), mais les soigneurs des animaux eux-mêmes. Histoire, par exemple, de briser les clichés sur les requins. “En fait, ils sont plutôt craintifs par rapport à l’homme et ne s’en approchent que s’ils savent qu’ils ne doivent rien en attendre de négatif”, explique Ludwig Coulier. Qui sait de quoi il parle, puisque le soigneur plonge régulièrement dans le lagon reconstitué où ils évoluent… C’est, en effet, le seul moyen pour nettoyer les vitres de l’aquarium…


Mer et histoire s'allient à Boulogne
A deux pas du détroit le plus fréquenté du monde, à la limite entre la mer du Nord et la Manche, Boulogne-sur-Mer est le premier port de pêche français et la première plate-forme européenne de transformation des produits de la mer. La ville abrite aussi le Centre national de la mer Nausicaä. Davantage qu’un aquarium, il se présente comme un centre de découverte de l’environnement marin à la fois ludique, pédagogique et scientifique. Mais la “cité de la mer” est aussi une “ville d’art et d’histoire”. Elle a obtenu ce label grâce à son site fortifié du XIIIe siècle, le mieux conservé du nord de la France. La ville haute ou ville fortifiée est donc à découvrir. Le dispositif de défense est encore bien visible avec les puissants remparts, édifiés sur les bases de la muraille gallo-romaine, ou encore le château comtal. Le beffroi est, quant à lui, le monument le plus ancien de la ville et a été inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.


Ph.: F.Moley

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