Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

16/06/2012

Deux jours de beau temps ? Echappez-vous !

La Libre, Momento, Escapade, véloroute, Meuse, France, véloPour celles et ceux qui arrivent à démarrer au quart de tour, voici un bon plan pour une balade à vélo facile à mettre sur pied, light, bio, verte, apaisante, aérée. Un vrai voyage, court, bien sûr, mais si soft…

Reporter cycliste: Astrid t’Serstevens

LA VALLÉE DE LA MEUSE recèle un trésor encore peu connu pour une randonnée de deux journées de vélo : la voie verte Trans-Ardennes, de Charleville-Mézières (alt. 133m) à Givet (alt. 103m).
Givet peut être le point de départ ou d’arrivée, c’est selon le vent et l’humeur, avec le parking de la gare où laisser la voiture et le train pour rejoindre (ou revenir de) Charleville. Supposons que nous redescendions la vallée, enfin, descendre un dénivelé de 30 m sur 85 km, on ne risque pas l’excès de vitesse.
 
Les trains sont fréquents et modernes (hauteur de la marche et crochets où suspendre son vélo près de soi). Ils couvrent les quelques kilomètres entre les deux villes moyennant 6 euros (A/R) et quelques arrêts. Une heure et demie plus tard, Charleville, terminus et tout le monde descend. Attention, la ville mérite qu’on ne la quitte pas trop précipitamment ! Il ne faut pas manquer sa grandiose place Ducale qui offre un voyage immédiat en plein XVIIe siècle. Ce superbe espace peut se transformer en salle-à-manger-son-sandwich pour les randonneurs à peine partis et déjà complètement dépaysés.
 
 
Quelques coups de pédales, voici l’ancien chemin de halage de la Meuse, qu’on ne quittera presque plus jusqu’à demain après-midi. La voie verte, dont l’aménagement a été terminé en 2008, déploie son impeccable asphalte sur une largeur généreuse. Elle quitte parfois le bord de l’eau pour quelques méandres dans les sous-bois. Une fois ou l’autre, elle passe sur l’autre rive : les topo-guides que l’on se procure gracieusement à Charleville ont toute leur utilité, car le balisage de la Trans-Ardennes se perd parfois parmi des panneaux locaux et les mille détails qui distraient le regard du randonneur.
 
Le fleuve déroule les broderies exubérantes de ses berges pleines de fleurs et d’oiseaux en été. Dessinant de profonds méandres, il traverse le massif de schiste ardennais couvert de forêts. La “véloroute” suit ces lon-on-ongues boucles, changeant sans cesse la profondeur des paysages et l’incidence de la lumière sur l’eau tantôt émeraude, tantôt ciel. Elle frôle des bourgs tranquilles qui racontent leur passé lié à la prospérité que le schiste leur apporta. Comme Monthermé, où la Semois se jette dans la Meuse, et, selon la légende, les quatre fils Aymon, par-dessus.
 
A la mi-parcours, se profile Revin, son étonnant tunnel à bateaux et une possibilité d’étape. Un hôtel posé au bord de l’eau est idéal pour y abandonner son vélo. Revin (7 687 hab.), encerclée deux fois par un triple méandre de la Meuse, offre deux centres-villes, des rues pittoresques, un musée, un festival de la Contrebande et des commerces où se lentibardaner jusqu’à l’heure d’un repas roboratif et très attendu…
 
 
La seconde journée ne sera pas épuisante non plus, rythmée par le spectacle des écluses, des barrages à aiguilles, d’autres charmantes petites villes, comme Fumay, cité ardoisière (3 884 hab.) et, surtout, par des forêts immenses. Les collines boisées qui encadrent la vallée peuvent offrir des points de vue surplombant la Meuse jusqu’à 230 m ! Le vieux massif ardennais rappelle clairement son passé de montagne. Et on est prêt à croire que le loup y rôde encore, ne serait-ce que sur un blason, comme celui de Fumay.
 
Un peu avant le grand panache blanc de Chooz, quelques rapides agitent l’eau qui se met à murmurer. Etonnant, car depuis hier, le regard a glissé sur le miroir silencieux du ciel, des nuages et des arbres, sans autre ride pour le troubler que les sillages de rares plaisanciers. Un tunnel-canal pour les bateaux a été construit pour doubler ce tronçon sauvage.
 
 
Mais revoilà déjà Givet et la fin de la voie verte. La roche change, le schiste a disparu et les carrières de l’autre côté de l’eau montrent de colossales cicatrices de pierre bleue qui annoncent le fort de Charlemont – qu’on ne visite plus –, gloire de la ville fortifiée par Vauban.
 
Le retour vers la civilisation, la circulation, les magasins, les terrasses, les gens se boucle à la gare, où, descendant de son vélo, on se dit in petto qu’il ne faut pas aller loin pour partir en voyage.
 
 
Ph.: AT'S

Les commentaires sont fermés.