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30/06/2012

(Petit) Ecran total

15_07_53_348325313_Fotolia_1006051_L.jpgPour ce dernier “Derrière l’écran” avant l’été, l’équipe des pages Télé de “La Libre” vous propose une sélection de programmes qui égaieront les longues soirées d’été de celles et ceux qui ne partent pas en vacances et/ou qui ont dû annuler, pour cause d’intempéries, leur plan de soirée sous les étoiles…


Inquisitio*** Dès le 4/7 à 20h35 sur France 2
Le moins que l’on puisse dire, c’est que “Inquisitio” tranche avec les sagas estivales proposées par France 2 dans le passé. Pas franchement écrit pour l’été par l’auteur-réalisateur Nicolas Cuche (avec Lionel Pasquier, Véronique Lecharpy et Sandro Agenor), ce thriller moyenâgeux nous plonge dans une ambiance de crimes, de châtiments, de complots et de trahisons, sur fond de guerre papale. Une toute petite place est faite à l’amour, à la réconciliation et à la rédemption… Cette série en huit épisodes de 52 minutes prend place en pleine Inquisition, dans la France de 1370, au moment du Grand Schisme d’Occident, avec deux papes à la tête de l’Eglise catholique : Clément VII à Avignon et Urbain VI à Rome luttent pour imposer leur légitimité. La peste fait des ravages à Carpentras. Persuadé qu’il s’agit d’une punition divine, Clément VII fait appel au Grand Inquisiteur Barnal (Vadislav Galard). Ce dernier, convaincu qu’“accroître le savoir des hommes, c’est réduire le territoire de Dieu”, va s’opposer à Samuel de Naples (Aurélien Wiik) et à son père David, deux médecins juifs qui cherchent des remèdes contre la peste.
L’écriture alerte, la réalisation inspirée, l’interprétation, la musique, les décors, tout concourt à faire de cette série un moment captivant. Qui fera largement oublier une erreur de communication, lorsque France 2 a mis en ligne (puis retiré) un jeu qui vous permettait de faire brûler virtuellement un de vos amis sur le bûcher, en lui adressant le motif de son châtiment… C. G.

Match, l’album des Français** Dès le 9/7sur La une à 20h20 et en août sur France 3
Que cache la formule “Le poids des mots, le choc des photos” ? Dans une série documentaire en 4 x 110 minutes, les réalisateurs Stéphane Bergouhnioux et Pascal Forneri revisitent plus de soixante ans d’histoire de “Paris Match”. En mêlant une quarantaine de thématiques à la chronologie, ils nous plongent de manière non linéaire dans les coulisses des plus grands reportages du magazine français : de Bardot, “la petite fiancée du journal”, à la catastrophe de Fukushima, en passant par Cannes, l’Indochine, l’Afghanistan, les mariages princiers, les écrivains, les politiques, les gangsters, les acteurs, la géopolitique ou les attentats. Les reporters, photographes et cadres les plus emblématiques de “Match” (Christian Brincourt, Patrick Mahé, Olivier Royant, Claude Azoulay, Daniel Filipacchi, Michel Peyrard…) apportent un témoignage passionnant, tout en apparaissant peu à l’image, pour laisser place à leurs photos, complétées d’images d’archives piochées dans les fonds les plus divers (Pathé, Ina, Gaumont…).
Malgré un souci évident de mettre en valeur les photographies, on regrettera qu’elles n’aient pas davantage encore été mises en avant, analysées, commentées par leurs auteurs, au profit d’un récit plus grand public sur l’aventure “Paris Match”. D’ailleurs, les réalisateurs ont recours à des séquences fictionnées pour représenter le quotidien du magazine. Le premier épisode est consacré à la grande époque, celles “des voyous de luxe”, jouissant de notes de frais illimitées, avec pour unique contrainte de ramener “la meilleure image”. C. G.

Fenêtre sur Docs Dès le 12/7, le jeudi à 21h05 sur La trois
Enfin une fenêtre ouverte sur le documentaire d’auteur qui revendique une liberté de création contestataire, indifférente aux codes classiques et ne souffre d’aucun formatage. L’excellente série “Fenêtre sur doc” revient pour un cinquième été consécutif, histoire de mettre en valeur les documentaires d’auteurs (belges essentiellement) coproduits par la RTBF. Ecrits à la première personne mais jamais nombrilistes, ces films ont en commun d’affirmer une vision délibérément subjective du réel à travers un regard personnel sur la société. Des histoires singulières qui posent des questions universelles. “Pas de deux” inaugure la série dès le 12 juillet et aborde le monde fascinant des jumeaux, “l’être ensemble” et le besoin de complétude à travers le regard de frères et de sœurs jumeaux. S’en suivront un regard tendre sur la solitude; le portrait d’un ancien nazi réalisé par son petit-fils; le témoignage d’une vie d’artiste qui a traversé la seconde moitié du XXe siècle et issue du mouvement Cobra; un film sur la frontière entre l’homme et l’animal; et le parcours d’un enfant de 12 ans dans un camp d’entraînement paramilitaire russe. Au.M.

Melancholia**** Le 17/7 sur Be1, à 20 h 50
Pour cet été, à côté des blockbusters (“X-Men”, “Cowboys&Aliens”, “Captain America”, “Super 8”) et des films pour enfants (“Mr Popper et ses pingouins”, “Les Schtroumpfs”, “Rio”), BeTV réserve quand même quelques belles soirées aux cinéphiles. De “Restless” de Gus Van Sant aux “Contes de la nuit” de Michel Ocelot ou au “Chat du rabbin” de Joann Sfar, il y a quelques très beaux films à rattraper. Et notamment le sublimissime “Melancholia” de Lars Von Trier. Assagi, le cinéaste danois (“Breaking the Waves”, “Dogville”, “Dancer in the Dark”…) ose une ode à la dépression déchirante. Alors que l’humanité attend le passage d’une comète qui pourrait signer sa perte, Von Trier filme deux sœurs, la dépressive Kirsten Dunst et la battante Charlotte Gainsbourg. Mais, au fur et à mesure que la fin approche, tout se complexifie et leur regard sur la fin du monde permet de remettre en question ses propres certitudes. Une réflexion métaphysique profonde sur la vie et le sens de la vie, portée par une mise en scène époustouflante. A l’image de l’inoubliable prologue, où beauté plastique et prélude du “Tristan und Isolde” de Wagner plongent le spectateur dans cette mélancolie désespérée qui accompagnera tout le film. Un chef-d’œuvre ! H.H.

Noms de dieux Jusqu’au 2/9 sur La trois, vers 23h
Les rediffusions sont en cours depuis le 2 juin dernier et continuent tous les soirs d’été sur La trois. Malgré l’heure tardive, le rendez-vous est à ne pas manquer ! Depuis janvier 1992, Edmond Blattchen a déjà rencontré pas moins de 270 penseurs, écrivains, intellectuels, anthropologues, philosophes, scientifiques, artistes ou hommes de foi pour une heure d’entretien face caméra. Si la rencontre avec le Dalaï Lama est celle qui a le plus marqué le journaliste (qui prendra sa pension en 2014) et son équipe, bien d’autres restent d’une grande richesse et d’une rare profondeur. Yehudi Menuhin, Danielle Mitterrand, Hubert Reeves, l’abbé Pierre, Amélie Nothomb, Sœur Emmanuelle, Gisèle Halimi, Frédéric Lenoir, Albert Jacquard, Henri Laborit, Elie Wiesel, Pierre Mertens, Jean Ziegler, Barbara Hendrickx, André Comte-Sponville… La liste est longue. Jusqu’à la rentrée de spembre, ce sont quelque 93 émissions que la RTBF aura reproposées à l’intelligence de ces téléspectateurs. Si ça, c’est pas du service public ! H. H.

Once Upon a Time** Le 6/8 sur Be séries à 20h45
Imaginer un monde où les personnages de contes de fées seraient retenus prisonniers sans se souvenir de leur passé, il fallait oser. ABC et Disney l’ont fait et “Once Upon a Time”, leur création, ne manque pas d’ambition, tirant profit d’un héritage littéraire aussi riche qu’universel. Dans la petite ville de Storybrook (Conteville), on retrouve donc pêle-mêle tous les personnages les plus connus (Blanche Neige, le Prince Charmant, Cendrillon, le Petit Chaperon rouge, etc.) sous d’autres noms, piégés entre deux mondes, à l’instigation de la méchante reine, ennemie jurée de Blanche Neige. Grâce à de nombreux flash-backs, la série permet de découvrir ce que les contes de fées omettent souvent de dire : les rencontres fortuites, stratégies secrètes et interactions entre personnages-clés. Le traditionnel “happy end” marquant, ici, le début d’une aventure autrement plus passionnante. Ni aussi sanglante que “Grimm”, qui exploite le même filon du merveilleux, ni aussi épique que “Game of Thrones”, qui a opté pour l’heroïc fantasy, “OUAT” est la série familiale par excellence, charmante, pleine d’inventivité et cousue, en partie, de fil blanc… K. T.

Un film, une histoire Dès la mi-août, le mercredi à 20 h sur La deux
James Bond est-il un personnage fictif ? Pas si sûr. Ian Fleming s’est – semble-t-il – inspiré de nombreux événements de réalité pour créer ses personnages. Des ressemblances surprenantes entre les scénarios et la réalité permettent en tout cas de le supposer… Tout comme pour Indiana Jones ou encore le Jack Sparrow de “Pirates des Caraïbes”… Déjà diffusé sur France 5, l’excellente série documentaire de la BBC initialement intitulée “True Story” dévoile les histoires vraies qui ont inspiré les films cultes du 7e Art (“L’Evadé d’Alcatraz”, la trilogie de Jason Bourne, “Titanic”, “Casino”, “A la poursuite d’Octobre Rouge”, “Jurassic Park”, “Gladiator”). Quelle part de vérité ces films hollywoodiens recèlent-ils ? Eliot Ness a-t-il vraiment fait tomber Al Capone ? Otto Rahn, cet Allemand qui vécut durant la Seconde Guerre mondiale et qui avait le désir absolu de découvrir des saintes reliques, est-il vraiment le Docteur Jones ? Grâce à l’intervention d’historiens, de chercheurs, d’universitaires et de témoins, chaque épisode propose de décrypter les faits réels qui ont inspiré certaines des plus célèbres histoires du cinéma. Au. M.

Treme saison 2*** Dès le 17/8, Be Séries, 20h45
C’est le bijou incontesté de cet été. Une plongée réaliste et musicale dans le quartier le plus chatoyant de la Nouvelle-Orléans : Treme. Fidèle à ses habitudes de journaliste-documentariste, David Simon fait de ce berceau du jazz son personnage principal, à l’instar de “The Wire”, qui proposait une plongée en apnée dans le quotidien de Baltimore. Novelliste dans l’âme, Simon procède par strates successives (lieux, origines, métiers, classes sociales), bâtissant une œuvre foisonnante et multiple, riche de portraits intimistes et contrastés. Ce faisant, “Treme” chante les louanges de la Nouvelle-Orléans, fière mais dévastée par le passage de l’ouragan Katrina. Une ville et une région qui mènent, dans l’indifférence quasi générale, la bataille de la reconstruction, proclamant à la face des autorités incompétentes et gangrenées : “We Shall Overcome”. Grâce à son comparse Eric Overmeyer, habitant de “Nola”, la série, résolument impressionniste, s’est enrichie d’une longue tradition orale où émergent figures et lieux mythiques. Charpentée par une bande-son de feu, ce récit offre une fresque bâtie presque en temps réel aux amateurs de séries les plus exigeants. K. T.

Ph.: Alexandre/Fotolia

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