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20/07/2012

L’autre République

La Libre, Momento, Escapade, République dominicaineLa République dominicaine, ce n’est pas que Punta Cana et ses resorts “all-in”, encore faut-il le savoir.

Découverte: Christophe Blaivie


ÇA TE DIRAIT D’ALLER EN République dominicaine ?” Après quatre “Super !” et deux “Give me five”, une angoisse : “Qu’est-ce que nous allons bien pouvoir ‘pondre’ là-dessus ?” Et c’est vrai qu’il n’y a pas plus cliché en terme de destination “all-in” genre : “On ne met même pas un pied en dehors du resort, c’est la zone !”, nous avait même confié un bon copain, certes un peu douillet. Le thème du voyage nous rassurait à moitié : “La République dominicaine autrement.”
 
Hector, notre accompagnateur, se disait parfois interloqué par le manque de curiosité élémentaire des voyageurs qu’il croise au gré de ses allers-retours entre Bruxelles et sa terre natale : “J’ai déjà eu des personnes qui m’ont certifié se rendre en République de Punta Cana.
 
Dans ce cas, un petit préambule s’impose : la République dominicaine occupe les 2/3 orientaux de l’île d’Hispaniola qu’elle partage avec Haïti, c’est la plus grande île de l’archipel des Antilles. La République dominicaine est confusément appelée “Saint-Domingue” qui est en fait sa capitale.
 
Une capitale de plus de 3 millions d’âmes qui sera notre première escale. “Contraste” est le premier mot qui nous vient à l’esprit entre la ville moderne, grouillante avec un plan de circulation “étrange” et la “vieille ville” (classée au patrimoine de l’Unesco), calme et voluptueuse. Santo Domingo est la première cité du “Nouveau monde” de Christophe Colomb, c’est ici que furent édifiés le premier hôpital, la première université, la première cathédrale. La balade est tranquille, les quémandeurs sont présents, certes, mais jamais envahissants et le refus s’opère toujours avec le sourire aux lèvres. Le Dominicain n’est pas riche mais il a la “banane”. Une leçon d’optimisme. La grande ville est l’occasion de faire quelques achats : art local, pierres d’ambre, rhum, cigares (attention aux faux vendus par des marchands ambulants), des CD de Merengue (danse nationale) ou de Bachata, à l’origine un chant plaintif des esclaves, etc.
 
La vieille ville concentre quelques excellentes tables, tarifs à l’avenant. La République dominicaine n’est pas forcément une destination “bon marché”, même s’il y a moyen de faire un bon repas pour quelque 600 pesos dominicains (RD$) (12-13 euros) dans une petite gargote. Pour étancher sa soif, le touriste belge ne sera pas dépaysé par la cerveza “Presidente”, servie très fraîche et toujours entourée d’une petite serviette (!?).
 
Il est déjà temps de prendre le large, direction la péninsule de Samana qui concentre plages de rêve, nature luxuriante, montagne et villages typiques. Depuis Saint-Domingue, compter 3h30 de route via une voie expresse nouvellement construite, les péages en attestent. Des lignes de bus (Terra, Metro, Caribe) effectuent la liaison plusieurs fois par jour. S’il est toujours possible de louer une voiture dans la capitale via les agences bien connues, la façon locale d’appréhender la conduite peut dérouter (au propre comme au figuré) l’automobiliste le plus aguerri. Pour les déplacements locaux, il est d’usage de louer une petite moto, fumante et pétaradante. Le port du casque est obligatoire mais personne ne le met. C’est une erreur.
 
 
De mi-janvier à mi-mars, des colonies de baleines à bosse viennent s’accoupler au large de Samana, une expérience à couper le souffle… pour ceux qui l’ont vécue. Pour nous, il était trop tard. En mai, fais ce qu’il te plaît, dit l’adage. Nous sommes donc partis à la découverte de plages “Koh-Lantesques” à partir de la localité de Senna. Des jeunes gens vigoureux attendent le touriste. Un moteur puissant monté sur une barque sommaire et c’est parti pour une balade inoubliable en direction de “Fronton beach”, une plage absolument déserte à cette époque de l’année… Si la solitude vous pèse, optez pour la playa Rincon “petit coin” de paradis où l’on bénéficie d’un minimum de confort : un transat, un grill, une boisson toujours fraîche. Attention, cette journée bien remplie laissera un vide dans votre portefeuille, soit une bonne centaine d’euros pour la journée pour deux personnes, un forfait à négocier avant de prendre le large. Crème solaire et chapeau obligatoires.
 
Si les plages paradisiaques finissent par vous saouler (si c’est possible !), l’intérieur des terres n’est pas à négliger. Les rencontres y sont authentiques à la découverte de familles qui vivent d’un éco-tourisme à échelle humaine. À El Limon, nous sommes partis à dos de cheval en direction de la cascade Salto. Après une chevauchée chaotique, le mollet se doit d’être affûté pour mériter la baignade. Un repas revigorant, à la bonne franquette et quelques souvenirs proposés sans que l’on ressente une obligation d’achat : une photo, une boule de cacao, un bijou de fantaisie… Autant de souvenirs peu ruineux pour aider des villageois qui, s’ils montent à cheval, ne roulent pas carrosse pour autant.
 
La Libre, Momento, Escapade, République dominicaineLe centre du pays – notamment la région de Jarabacoa – est dédié aux amateurs de nature préservée et de sensations fortes. Canyoning et rafting y trouvent un terrain d’expression idéal. L’encadrement peut paraître “léger” à l’échelle du touriste occidental hyper-sécurisé, mais il est efficace. Les accompagnateurs sont rompus à la rivière, en connaissent les moindres tourments et allient force et souplesse pour assurer l’aventurier à la petite semaine. Bon, autant le dire, il vaut mieux savoir nager et ne pas – trop – avoir froid aux yeux avant de se lancer dans le bain. Sensations garanties.
 
La région propose pas mal d’hôtels “Eco-friendly”. Rancho Baiguate est un point névralgique pour les activités de plein air, celles en rivière mais également du VTT ou plus simplement de la randonnée pédestre ou équestre. Le complexe est composé de bungalows en bois (pas d’AC ni de télé) mais avec une excellente literie et le chant des oiseaux pour s’endormir. La piscine, de l’autre côté de la rivière, est superbe et l’endroit recense également un parcours “jungle” pas piqué des vers.
 
Bref, la République dominicaine, pour peu que l’on quitte les sentiers battus, recèle mille trésors insoupçonnés, loin des clichés colportés par les adeptes du “all-in”.
 

Commentaires

Merci,pour cet article .Je tout a fait d'accord avec vous la république dominicaine c'est bien plus qu'est les hôtel et plages.Je suis français et je vis a Santiago De L'os Caballeros et je peu vous dire que la vie loin des touristes iliennes est très agréable , le peuple dominicain a tellement plus a offrir .

Écrit par : Polloblanco | 22/07/2012

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