28/07/2012
L’artisan de la réconciliation
Konrad Adenauer, le chancelier de la Guerre froide”, un portrait stimulant. Mardi sur Arte à 20h50.
C. G.

Le récit de Konrad Adenauer, le chancelier de la Guerre froideH H démarre la nuit du 13 août 1961. Le chancelier Adenauer est réveillé par un coup de fil à 5 h 30 du matin. Les Soviétiques sont en train de boucler le secteur Est de Berlin. Alors que tout le monde s’attend à ce qu’Adenauer saute dans un avion pour aller rassurer les Berlinois, il semble dépassé par les événements, dans l’incapacité de réagir. Il a 85 ans, il est chancelier depuis 12 ans et va devoir faire face à une crise aiguë. Mais le vieux briscard a déjà derrière lui un passé mouvementé.
Flash-back. Alors qu’il est maire de Cologne, depuis 17 ans, ce chrétien-démocrate, opposant au régime nazi, refuse en février 1933 d’accueillir à l’hôtel de ville Hitler, fraîchement élu chancelier du Reich. Adenauer est aussitôt destitué et chassé de Cologne. Il se réfugie dans une abbaye, puis s’installe à Rhöndorf, près de Bonn, dans une maison à la campagne. Après l’attentat contre Hitler en juillet 1944, il est arrêté par la Gestapo bien que n’étant pas résistant. Il échappe à la déportation, est libéré après quatre mois de détention, et attend son heure. Après l’armistice, l’administration américaine va lui demander de revenir aux affaires. Il ne quittera plus le pouvoir, jusqu’à l’âge de 87 ans.
Alternant avec soin séquences de fiction, images d’archives et témoignages d’historiens, de biographes, du fils d’Adenauer, Georg, et de sa fille Libet, ce documentaire retrace le parcours d’un des pères fondateurs de l’Europe, sous l’angle politique et intime. Il montre comment, dans les heures les plus graves de la Guerre froide, le chancelier allemand, farouche anticommuniste, va ancrer la RFA dans le bloc de l’Ouest, ramener la croissance économique, œuvrer dans le sens de la démocratie et de la concertation sociale, et se faire l’artisan, avec le général de Gaulle, de la réconciliation franco-allemande.
Pour apporter de la nuance, le documentariste utilise aussi le point de vue du meilleur ennemi d’Adenauer, Rudolf Augstein, journaliste au “Spiegel”, par l’intermédiaire du biographe de ce dernier. Bien qu’opposé à la politique du chancelier, le journaliste a su, in fine, reconnaître son talent politique, sa constance, et sa force d’action.
10:00 Publié dans Libre parcours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la libre, momento, libre parcours, le chancelier de la guerre froide




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