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04/08/2012

Coblence, entre Rhin et Moselle

Coblence est une étape immanquable pour découvrir le Rhin et la Moselle. Ville historique, fortement militarisée, elle a payé le prix fort en 1944. Son patrimoine reste riche et ses environs plus passionnants encore. Il faut voir Braubach et le château de Marksburg.

Découverte   Philippe FarcyLa Libre, Momento, Escapade, Coblence

COBLENCE COMME PRESQUE toutes les grandes villes le long du Rhin a subi des dommages immenses à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Seule Wiesbaden, capitale de la Hesse, postée en amont à moins de 100 km, n’a pas été dévastée. Coblence est une petite cité dont le cœur historique se réduit à peu de choses. Coblence est la ville de naissance d’un personnage central de l’histoire moderne de l’Europe : le chancelier Clément-Wenceslas de Metternich-Winneburg-Beilstein. Grâce à lui, toute l’Europe est passée par Coblence. La même ou presque qui passa par Weimar pour rendre visite à Goethe. Les alentours, grâce au fleuve et à ses rivières – la Lahn est un axe à ne pas manquer – , sont piqués de vallées profondes et scandés de châteaux et de jolis villages qui méritent un petit périple de trois jours. Tout cela se trouve à moins de trois heures de Bruxelles. Malgré l’outrage irréparable de 1945, la ville de Coblence garde pas mal de caractère et cela tient entre autres à ses deux fleuves qui se retrouvent ici. Coblence devrait à ce titre être jumelée à Namur.
 
Le Rhin, qui vient du lac de Constance, absorbe en effet la Moselle et c’est cette rencontre qui donna sous les Romains le nom de la ville que l’on nommait alors “Confluentia”. Victor Hugo qui a beaucoup voyagé comme on le sait, et notamment chez nous, est passé par Coblence que l’on écrivait de son temps “Coblentz”. Ville militaire à l’instar de tant d’autres, Coblence est encore gardée sur le versant de la rive droite du Rhin par des bâtiments immenses qui sont l’ancienne forteresse d’Ehrenbreitstein datant du XIXesiècle. Ces édifices sont reliés au centre-ville par un téléphérique qui fait la fierté des citoyens. De là-haut, la vue sur les vallées est immense, englobant d’ailleurs une partie de l’Eifel.
 
Il faut dire que c’était un site stratégique que les évêques puis archevêques de Trèves, possédèrent du Xe siècle à la chute de la féodalité, en 1799 ici. Les Français détruisirent les bâtiments anciens, en laissant quelques bâtisses de style baroque au pied de la citadelle. Les Prussiens reconstruisirent ce que l’on voit de nos jours. C’est un endroit où l’on commence à comprendre le Rhin, la profondeur de ses méandres, le jeu des rivières qui viennent s’y jeter, l’obscurité de ses forêts qui bordent les flancs parfois en à-pic du fleuve ; on devine les ambiances pittoresques des nombreux villages qui le bordent, malgré la présence des automobiles et des lignes de chemin de fer.
 
Malgré cette modernité et le bruit des convois de marchandises, la poésie est palpable. Par ici,Wagner n’est jamais loin, mais on le perçoit mieux encore à Braubach; on y reviendra. Jadis, la chartreuse de Coblence dominait la route descendant vers Mayence, quand le Petersberg gardait le confluent sur le côté mosellan. La ville eut un riche passé comme en témoigne une impressionnante sculpture contemporaine de Jürgen Weber, en bronze, qui signale en un intéressant étagement pyramidal et en ronde-bosse souvent, la presque totalité des hauts faits vécus par la cité. Elle se trouve sur ce que l’on a appelé parfois la “Place Verte” et de nos jours la “Görresplatz”, du nom d’un historien local.
 
Mais lors de la dernière Guerre, comme tant de cités d’importance, elle fut réduite à presque rien et 75 % des logis anciens disparurent. On a beaucoup reconstruit, à commencer par le palais ou château de l’électeur de Trèves construit vers 1780, superbe d’ailleurs par sa masse imposante, ses ailes en fer à cheval, ses coloris de blanc et de gris. Il fut la résidence du futur empereur Guillaume Ier, quand il était gouverneur de la région. Ce palais est de style classique. Également pour la maison du chancelier allemand Metternich dont on connaît le rôle essentiel lors du Congrès de Vienne en 1815. L’hôtel Metternich-Winebourg devint dès le XIXe siècle une résidence militaire. Le palais est de nos jours divisé. Metternich possédait, pas très loin de Mayence, sur le Rhin, l’imposant château de Johanisberg. Ce lieu est aujourd’hui aux mains de la famille Oetker, celle des pizzas (et on doit aux Oetker d’avoir restauré un superbe pavillon dans le parc du château de Pillnitz sur l’Elbe). A Coblence, il faut voir l’ancien “château” des Chevaliers teutoniques, posé sur le “Eck”, juste derrière une impressionnante sculpture de Guillaume Ier à cheval. Il ne faut pas manquer juste à côté la fameuse église Saint-Castor, dont l’importance historique est remarquable. Son décor est lui aussi très abondant. Au centre, la place des Jésuites et celle de l’Hôtel de ville sont également très intéressantes. Ici comme ailleurs, il ne restait que les murs après 1945.
 

09:00 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, escapade, coblence | |

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