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18/08/2012

Le vêtement: bon communicant

La Libre, Momento, Tendances, vêtement, communicant, peopleLe numéro de septembre du magazine “Vanity Fair” propose son classement des personnalités les mieux habillées, un classement que s’empressent de donner tous les détenteurs d’une autorité en matière de mode. Chez “V.F.”, on salue, pour l’année 2012, la grâce de l’actrice Jessica Chastain, ou l’élégance, indétrônable, de Katherine, duchesse de Cambridge. Mais l’on ne dit rien des stratégies qui sous-tendent les parures de ces femmes en vue. Car, dans leur cas, le vêtement est un bon moyen de communication. Petite revue de quelques femmes observées ces derniers temps dans leur comportement vestimentaire.

En arbitre de la parure: Aurore Vaucelle


Kate M., duchesse de : la silhouette devenue icône

Kate M., alias la duchesse de Cambridge, n’en finit pas de recouvrir des pages de papier glacé. On commente – voire surcommente – les tenues qu’elle a choisi d’arborer, ses accessoires fétiches (des chaussures compensées LK Bennet que toutes les filles désormais s’arrachent) et ses couturiers préférés. Un discours limité dont on finit par se lasser, se contentant de regarder les images… Pourtant, ce qui est frappant dans sa manière de s’habiller, c’est son habileté à choisir exactement ce qu’il faut pour communiquer à bon escient.
Elle a porté son choix sur des couturiers britanniques (McQueen pour son mariage, ou le Jubilé de la Reine, l’Ecossais Christopher Kane pour les JO, ou Jenny Packham pour cette robe plissée bleu canard, portée au Royal Albert Hall).
Les marques qu’elle porte n’alignent pas des prix trop dispendieux, elles sont bien souvent grand public : LK Bennett, Hobbs, Zara, parfois. Durant les JO, elle affiche une grande simplicité et le foulard des supporters : elle est ce public qui soutient les athlètes, et non en “pole” position de duchesse.
Elle prend le soin de recycler certaines de ses robes à des événements différents : elle ne ruine pas la Couronne. Elle a la tête sur les épaules.
Enfin, à chaque fois qu’elle doit procéder à un choix esthétique, elle reste dans la mesure. Cultivant un certain chic à l’ancienne fait de (royales) valeurs sûres – respect de la monarchie oblige –, elle porte des chapeaux à voilettes et reste toujours dans l’unité des couleurs, façon reine d’Angleterre. Elle a cependant réussi à dépoussiérer ces codes vestimentaires associés à la couronne. Ses coiffures à voilettes – objet pourtant très marqué “aristocratie pincée” – n’ont jamais paru aussi modernes.
Elle fait, par ailleurs, l’exploit de communiquer sur sa féminité (des robes à la taille marquée et au buste seyant), tout en évitant soigneusement que l’on parle de son corps comme objet de désir, mais bien comme un corps iconique. Kate M. a assurément compris la puissance d’évocation du vêtement.
(Ph.: Photo News)


La Libre, Momento, Tendances, vêtement, communicant, peopleBlake Lively, la femme sandwich

Blake Lively n’est pas encore très connue du grand public, et pour cause : son principal succès à l’écran est lié à la série “Gossip Girl”, soap pour teenagers qui raconte l’histoire de petites filles riches dans les quartiers chics de New York. Mais si Blake Lively est une personnalité en vue dans les magazines et sur tapis rouge, c’est d’abord pour sa qualité presque intrinsèque de femme sandwich sur le plateau de télé, mais pas seulement. Toutes les grandes griffes du moment rêvent, en effet, d’apparaître dans la série qui étale les marques à l’écran avec une densité rarement observée. Les personnages citent bien souvent les marques qu’ils portent, et la parure est au centre des dialogues. Pas étonnant que la jolie Blake soit poursuivie en dehors des plateaux, pour arborer telle ou telle marque, qui a noté son pouvoir magnétique à accrocher le grand public, mais aussi les grands vecteurs de pub que sont les magazines.
Résultat, Blake porte tout et n’importe quoi. Et cela se perçoit. Souvent parée dans des tenues où on la sent bancale, ne craignant pas, non plus, de faire la démonstration généreuse de son épiderme. La jeune femme – qui, pourtant, devrait déjà penser à sa carrière au-delà de la série qui s’essouffle – n’en finit pas de lancer des messages contradictoires sur ce qu’elle est. Facile à habiller, assurément. Faisant preuve de goût ? Ça, c’est raté. Achetée par les marques ? A quel prix ? La fin d’une identité. Pour une actrice, c’est risqué.
(Ph.: All Access/Reporters)


La Libre, Momento, Tendances, vêtement, communicant, peopleAngelina jolie ? Ça nous fait une belle jambe

A force de regarder les photos de tapis rouge et d’événements mondains, on a fini par tout connaître des gambettes d’Angelina Jolie. Et pour cause, la donzelle qu’on adule pour sa plastique (plus que pour son jeu cinématographique, d’ailleurs) n’en finit pas d’exhiber sa jambe – l’une ou l’autre, cela dépend – comme un trophée. On aurait envie de dire à Angelina que ce qui suscite le désir est précisément ce que l’on ne voit pas, mais ce qu’on imagine, que les robes fourreaux les plus envoûtantes sont rarement les plus démonstratives (repensez à Rita Hayworth dans “Gilda”), et que, bien qu’elle ne soit pas mal de sa personne, elle ne fait pas le poids contre Jessica R. dans son fourreau pailleté.  Mais Jessica, elle, est dans un dessin animé. Animé ? Le visage d’Angelina ne l’est pas.
Est-ce que les déesses grecques découvraient leur jambe pour susciter l’adoration ? Angelina, à force de montrer la sienne, décrédibilise son personnage de beauté intouchable. Faire sa diva, en velours, en mimant Sofia Loren, ne lui va pas, elle n’a pas ce chaud regard de l’Italienne.  In fine, elle pourrait même risquer de passer pour la fille qui n’a que son infinie jambe nue et son joli mari pour faire parler d’elle. Qu’elle change vite de stratégie vestimentaire !
(Ph.: Photo News)


La Libre, Momento, Tendances, vêtement, communicant, peopleM comme Marylin, mais surtout comme Michelle

Michelle Williams a joué Marylin cette année au cinéma, un rôle complexe qui n’a pas totalement convaincu dans le sens où l’actrice, bien qu’aidée par le directeur photo du film, Ben Smithard, et la costumière, n’a jamais su faire oublier qu’elle n’était pas la fameuse blonde platine. Cependant, on note que Michelle Williams a surtout proposé, au travers de ce film, une image qui permette l’évocation de la star. Et puis, dur, dur de se glisser dans la peau d’un tel personnage. Ce qui n’empêche absolument pas la belle Michelle de cultiver un style bien à elle, hors des sentiers battus.
Elle évite savamment les grandes robes un peu kitch, par exemple, et penche pour un style vestimentaire, parfois rétro, qui fait surtout la part belle aux formes de l’élégance à l’ancienne – bref, elle sait ce qui est beau et n’essaie pas de l’inventer. Mention spéciale pour la robe imprimée bleutée, signée Jason Wu, qu’elle portait aux Golden Globes, ou pour le fourreau Miu Miu aux petits “piou piou” dorés.
Récemment, elle portait, sur tapis rouge, une robe signée H&M, preuve que l’actrice sait se “démarquer” des grandes griffes qui recouvrent les événements mondains, à coups de placement de produits. On ne l’achètera pas, nous dit-elle à dessein. La force de Michelle Williams ? Elle communique sur ce qu’elle est et non sur ce qu’elle pourrait être.
(Ph.: Photo News)

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