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08/09/2012

Apprivoiser le bambou

La Libre, Momento, Dehors, bambou, jardinDifficile de ne pas craquer devant une jolie touffe de bambous au feuillage élégant et graphique.
Très appréciés pour leur pousse rapide qui crée brise-vent et haies en un temps record, décoratifs toute l’année, leurs utilisations sont multiples.

Au jardin: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


LES BAMBOUS SONT des graminées mais on les classe à part. Pas vraiment facile de s’y retrouver. Affaire de spécialistes. La difficulté tient à la rareté de leur floraison. Souvent, la classification des plantes s’effectue par l’observation de leurs fleurs. Or, les bambous ont un cycle de floraison très long et imprévisible. Peu importe.
Ce qui intéresse le jardinier, ce sont les qualités de ces végétaux faciles à vivre.
 
Le bambou permet d’obtenir de nombreux effets ornementaux grâce à la diversité de ses ports, sa hauteur, son volume et la persistance de son feuillage, en hiver. Il en existe pour tous les goûts, à feuillage panaché de blanc, de jaune, de crème. La couleur des tiges varie selon les espèces : jaune, verte, noire, rayée, tachetée, striée. Le choix se fera en fonction de l’effet recherché. En masse, ces plantes sont particulièrement spectaculaires.
 
 
N’allez pas acheter n’importe quoi ! Parfois doués d’un tempérament légèrement impérialiste, ils peuvent devenir de redoutables colonisateurs.
 
Apprenez à les connaître. La croissance des touffes s’effectue par extension de leurs rhizomes. Ils se divisent en deux groupes : les cespiteux (qui poussent en touffe serrée) dont les rhizomes sont dits pachymorphes (courts et épais) et ceux dits traçants (qui peuvent faire réapparaître une tige quelques mètres plus loin) à rhizomes leptomorphes (longs et minces). Vous comprenez mieux notre appel à la prudence quand il s’agit de les installer dans un petit jardin ou sur une terrasse. Mieux vaut être averti. Nos visites chez les collectionneurs et les pépiniéristes spécialisés nous l’ont confirmé, la règle d’or demeure : un bambou s’achète chez quelqu’un qui s’y connaît et peut vous aider de ses conseils.
 
Les premiers, les cespiteux, jouent plutôt le rôle d’un arbuste. On les plante seuls, en groupe ou même en grand pot d’au moins 40 cm de diamètre. Les seconds, ceux dits traçants, placés à l’endroit adéquat rendent bien des services. Ils retiennent la terre des talus, stabilisent les berges, forment de beaux écrans. Il faut savoir qu’il leur arrive de se comporter différemment selon la région, le sol ou le climat.
 
Pour empêcher un bambou de tracer, il y a plusieurs moyens. Installer une barrière antirhizomes qui va empêcher ceux-ci de s’étendre. Il s’agit d’un film en polypropylène d’environ 60 cm de hauteur que l’on enterre presque verticalement autour du massif. Il faut qu’il soit légèrement incliné vers le haut en entonnoir, afin que les rhizomes qui vont le rencontrer remontent vers la surface au lieu de descendre. Ils sont alors faciles à couper dès qu’ils pointent le bout du nez.
 
Plus simple encore, couper la jeune tige (turion) dès son apparition. A proximité d’une pelouse, les tontes successives suffisent à décourager les rhizomes.
 
Autre façon de les contenir, creuser une petite tranchée de 20 cm de profondeur et de largeur autour de l’espace de plantation. Les rhizomes qui s’y aventureront seront sectionnés à la bêche avant qu’ils n’aient pu envahir les environs.
 
 
Respecter leurs exigences. Pour beaucoup, pas de situations trop brûlantes ni de courants d’air froids. Une terre fraîche et riche : les bambous qui manquent d’eau vous le font savoir. Leurs feuilles pâlissent et s’enroulent sur elles-mêmes. Un bon paillage en cas de sécheresse leur sera salutaire ainsi que le premier hiver pour les protéger du gel. En pot, veillez à l’arrosage. Beaucoup de bambous sont morts de soif cet hiver à cause de la trop longue période de gel. Ils peuvent aussi manquer de nourriture. Le meilleur moment pour cet apport est la fin du mois de février, à renouveler en septembre.
 
 
Quelques conseils
N’acceptez une pousse fraîchement déracinée que si vous êtes un amateur éclairé du genre. Il y a de fortes chances que ce bambou soit envahissant. En jardinerie, ne choisissez pas sur un simple coup de tête ou de cœur une variété au hasard sous prétexte qu’elle est belle. Renseignez-vous.
Si vous vous êtes trompé, et que votre bambou gagne du terrain trop rapidement, soyez ferme. S’il faut l’arracher, c’est tout de suite, pas dans dix ans, il sera trop tard. La plantation des bambous peut s’effectuer toute l’année, sauf en période de gel. Evitez avril à juin, c’est l’époque où les turions apparaissent. Arrosez souvent la première année. Paillez la souche avant l’hiver. Ensuite le paillis sera assuré par les propres feuilles du bambou. Choisissez-les en fonction de votre terrain. Ils peuvent végéter si le sol ne leur convient pas, trop humide ou trop sec.
Autre cas de figure, vous ne pouvez plus les voir… Ras-le-bol ! Cet hiver, coupez les chaumes à ras. Au mois de juin, laissez pousser les nouveaux chaumes et coupez-les tous avant qu’ils ne déploient leurs feuilles; à ce stade, ils sont encore mous et se broient facilement. Faites de même avec toutes les repousses durant l’été. Faites cela durant plusieurs années. Les réserves contenues dans les rhizomes vont s’épuiser et la touffe ne sera plus alimentée par la photosynthèse, elle finira par disparaître. Patience et longueur de temps…
 
 
Ph.: MNC & MPV

17:59 Publié dans Dehors | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, dehors, bambou, jardin | |

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