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08/09/2012

Les petites reines de Berlin

La Libre, Escapade, Berlin, véloQuel meilleur moyen pour découvrir Berlin sous toutes les coutures que d’en sillonner les routes, juché sur sa bécane, les cheveux au vent et le nez en l’air ? A véli, véli, véli, vélo, ce sera d’autant plus rigolo.

En danseuse: Frédérique Masquelier


CELLE QUI ADMINISTRE L’ALLEMAGNE réunifiée depuis 1991 s’étend sur près de 900 km², soit l’équivalent de cinq fois et demie Bruxelles. Autant dire que l’on n’a pas assez de ses deux pieds pour parcourir Berlin de long en large. Les transports en commun y sont bien sûr développés avec une efficacité et une ponctualité typiquement germaniques, mais le moyen de transport qui remporte les honneurs est… le vélo ! La ville résonne de sonnettes plus que de coups de klaxons, et les adeptes du pédalage en règle en arpentent les “Straßen” par tous les temps et à toutes les heures du jour et de la nuit. Sans oublier les touristes qui y vont, eux aussi, de leurs coups de pédales. Car Berlin est, cela va de soi, le paradis des marchands de vélos, où on loue sa bécane à la journée, pour dix à douze euros.
 
La ville est sillonnée de pistes cyclables et offre de véritables itinéraires à parcourir en deux-roues. Le plus long, et de loin le plus intéressant, est certainement le “Berliner Mauerweg”, un parcours de 165 kilomètres longeant le tracé du Mur. Chargé en émotions et en flash-back historiques, le “chemin du Mur” emporte ses usagers, le temps d’une balade, dans le Berlin d’avant 1989, éventré en deux mondes antinomiques. Si la portion berlinoise du rideau de fer a été en grande partie détruite, certains pans sont encore visibles aujourd’hui. Et font la part belle aux expressions artistiques de “Berliners” de tous horizons. Attention toutefois, quand les vestiges viennent à manquer, à ne pas perdre la trace de la double rangée de pavés, qui en marque l’empreinte à travers la ville.
 
 
Par ailleurs, rien de tel pour mieux appréhender la capitale allemande et en percer tous les secrets que de se faire guider à travers les méandres de son histoire, réalité sur le terrain à l’appui. Plusieurs sociétés de guides à bicyclette proposent ainsi leurs services… et leur armada de guidons à empoigner. Jeunes et moins jeunes s’y bousculent, enfourchant joyeusement leur monture d’acier pour partir à la conquête de la ville. Et ce, en s’inscrivant dans un des multiples circuits thématiques. En une après-midi de temps, le peloton ainsi constitué se frotte à tous les visages de Berlin, des plus heureux aux plus sombres, depuis sa fondation jusqu’à aujourd’hui, en passant par la période prussienne, la République de Weimar, les noires années hitlériennes ou encore l’érection du Mur et la vie à deux vitesses de Berlin-Ouest et Berlin-Est.
 
De par les routes, les ruelles détournées ou les grandes avenues, les cyclotouristes découvrent Checkpoint Charlie, le célèbre poste frontière entre les deux Berlin de la RFA et la RDA, revisité en une exposition en plein air sur la guerre froide. Mais aussi le bunker choisi par Hitler comme treizième et dernier quartier général, ou encore une des 302 tours de guet qui ponctuaient le Mur, afin de mieux sonder le no man’s land à la recherche des Berlinois qui cherchaient à passer outre le couperet de béton. Plus loin, le groupe passe devant l’ancien ministère de l’Air du Reich, le plus grand bâtiment administratif jamais construit à Berlin, qui abrite actuellement les bureaux du ministère fédéral des Finances.
 
 
La porte de Brandebourg est évidemment un passage obligé du tour, marquant de sa stature une foule d’événements historiques parmi lesquels figurent l’entrée de Napoléon dans la ville, mais aussi des discours d’anthologie, comme celui de Ronald Reagan, ou encore, sur un ton plus léger, des concerts mémorables tels que celui qui vit briller (!) David Hasselhof. Autre monument incontournable : la colonne de la Victoire, symbole de la supériorité de l’armée prussienne sur les forces danoises, autrichiennes et françaises. Laquelle se dressait à l’origine sur la Königsplatz, avant d’être transférée à son emplacement actuel, le long de l’axe est-ouest de la ville, ainsi que l’a rêvée Hitler, mégalomane, dans son nouveau plan de Berlin.
 
L’île aux Musées mérite, elle aussi, une escale, réunissant en son sein les cinq plus grands musées de Berlin, dont font partie le Musée de Pergame et le Musée égyptien. Autre lieu, autre décor, autre histoire : la Bebelplatz s’étire en face de l’université Humboldt et fut le théâtre de l’autodafé des livres de la bibliothèque universitaire, instigué par Goebbels, alors ministre nazi de la Propagande.
 
Une halte s’impose, par ailleurs, au palais du Reichstag, actuel Parlement allemand (Bundestag) depuis le retour des institutions à Berlin en 1999. Sa coupole tout de verre vêtue et son toit-terrasse se visitent gratuitement et sur réservation. Priorité aux rares élus qui ont eu la bonne idée de s’inscrire sur Internet avant que toutes les places ne soient prises.
 
Enfin, le Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe constitue l’apothéose du circuit. Et invite les cyclistes à délaisser leur bécane pour se perdre dans les stèles de béton géantes, disposées en un maillage de près de 20 000 m² par l’architecte américain Peter Eisenman.
 
 
Ph.: F. Masquelier

18:05 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, escapade, berlin, vélo | |

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