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22/09/2012

Rendez-vous en terre (encore un peu) inconnue

La Libre, Momento, Escapade, Ethiopie, NordL’Ethiopie, une destination touristique ? Malgré les tensions régnant dans certaines régions du pays,
le tourisme se développe. L’occasion de découvrir un pays africain bien différent du reste du continent.

Découverte: Caroline Grimberghs


ÉTHIOPIE, 8° LATITUDE NORD – 38° LONGITUDE EST : un lieu de vacances ? Les frontières sont dangereuses. Les mouvements de troupes entre l’Ethiopie et l’Erythrée, relancés en janvier, suite à la disparition de cinq touristes dans la dépression du Danakil, ne contribuent pas à rendre le pays plus accueillant aux yeux des vacanciers étrangers. Pourtant, le tourisme se développe. Les sentiers sont balisés et, à l’occasion, en sortir offre la possibilité de découvrir un pays africain bien différent du reste du continent.
 
Si la corne de l’Afrique évoque, dans l’imaginaire collectif, la sécheresse et les couleurs terres et sables, quelques écrins de verdure sont sauvegardés, surprenant le visiteur au détour d’une route caillouteuse et laissant apparaître fraisiers, bananiers, manguiers ou autres jacarandas, arbres aux fleurs mauves flamboyantes. Au nord de la capitale, le lac Tana, la plus vaste étendue d’eau du pays (3 500 m²), est l’un d’entre eux. Bahar Dar, “cité balnéaire” à l’africaine, est balayée par le vent venant du lac, rendant agréable la balade à bicyclette, moyen de locomotion privilégié des locaux.

A quelques kilomètres, l’une des sources du Nil bleu vous donne l’occasion de vous éloigner de la cohue, de traverser des paysages qui vous feront vous sentir “en terre inconnue”. Au nord du lac, la ville de Gondar est l’une des seules villes fortifiées du continent africain. La “royal enclosure” rassemble les châteaux construits par les rois qui se sont succédé entre 1635 et 1868, du règne du roi Fasiladas à celui de Téwodros. Le premier s’est également fendu de la construction de “bains” accueillant, chaque année pour l’épiphanie, des centaines de pèlerins plongeant avec délectation dans l’eau bénite. Avant de quitter la région, un trek dans le Simien Park ou les montagnes du Kossoye permet au touriste de sortir quelque temps du circuit historique pour renouer avec la nature. Faune et flore se disputent vos faveurs. Les singes columbus retiendront toute votre attention dans leurs élégants sauts faisant voltiger leurs longs poils blancs le long de leur échine noire.
 
Si les touristes ne sont pas encore légion, le circuit historique du Nord attire de plus en plus de voyageurs en recherche d’exotisme et de retour aux origines. L’Ethiopie est considérée comme l’un des berceaux de l’humanité. C’est dans la région d’Afar, au nord-ouest du pays, région particulièrement déconseillée aux touristes, pour le coup,… qu’a été découvert le corps de Lucy, notre ancêtre à tous. C’est à Axoum, à quelques kilomètres de la frontière avec l’Erythrée, que se trouve l’église considérée comme la plus ancienne d’Afrique : Sainte-Marie de Zion qui renfermerait les tables de la loi. L’empereur Haïlé Sélassié, qui régna sur le pays jusqu’en 1974, est considéré, par certains croyants, comme la résurrection du Christ. L’Ethiopie dispose également de “sa” ville sainte : Lalibela, appelée la “nouvelle Jérusalem”. Selon la légende, c’est Dieu lui-même qui aurait indiqué l’emplacement des célèbres églises enterrées dans la roche, construites au XIIe siècle. Les corbeaux noirs de jais survolant la ville contrastent avec la marée de pèlerins intégralement habillés de blanc qui s’y réunissent à l’occasion des grandes fêtes religieuses, dans une procession qui semble infinie dans cette petite ville qui compte, en temps normal, 14 000 habitants.
 
Il vous faudra passer une journée et demie dans un bus pour relier Lalibela à Addis Abeba, capitale en plein centre de ce pays grand comme deux fois la France. La ville est, comme tout le reste du pays, en construction permanente. A l’aide d’échafaudages en bois, les immeubles prennent forme le long des grandes artères sans nom. Pour s’y retrouver dans la ville, vous pouvez utiliser les appellations de rues imposées par les entrepreneurs chinois, en charge de ces nombreux chantiers. Mais à part eux et vous, personne ne les connaît… Mieux vaut donc s’en remettre aux indications des citoyens d’Addis. La statue de Ménélik, au centre de la ville, est le kilomètre zéro d’où toutes les distances sont calculées. A quelques mètres de là, la cathédrale Saint-Georges accueille les pratiquants orthodoxes (plus de 50 % de la population) qui viennent s’y recueillir, enveloppés dans leurs “gabi”, de grandes étoles de coton blanches tissées à la main. En Ethiopie, la religion n’est pas un vain mot. Les célébrations des fêtes de Pâques sont respectées scrupuleusement : 55 jours de jeûne et de prières. Un moment idéal pour visiter le pays et se laisser emporter par la ferveur de tout un peuple, vous permettant d’assister à des scènes uniques. Les jeunes autistes, notamment, sont réunis sur l’esplanade des églises et soumis au jet d’une eau “sainte” destinée à exorciser le “mauvais œil”.
 
Les lieux de cultes sont nombreux dans la capitale. On retiendra le mausolée de l’empereur Ménélik qu’il vous faudra mériter. Après avoir grimpé l’avenue Ménélik II, entouré, d’un côté, par le bâtiment flambant neuf des Nations unies, de l’autre, par un parc à la végétation luxuriante et aux plaines de jeux aux couleurs vives, réservé aux hauts dignitaires du régime, vous arrivez à l’église de la Sainte-Trinité, dans les combles de laquelle se trouve l’imposante pierre tombale renfermant le corps de Ménélik. Dans les jardins de l’église, des tortues centenaires profitent de leur belle vie. “Tous nos empereurs sont morts, elles sont toujours là”, explique Elias qui nous accompagne dans la visite.
 
 
Colonisés pendant à peine 5 ans par l’Italie de Mussolini, les Ethiopiens sont fiers de leur indépendance. Ils ont pris leur destin en main en 1941. Et n’ont gardé de la présence italienne que le bon : spaghetti et pizza dans tout resto traditionnel qui se respecte, macchiatto à la mousse de lait aérienne dans chaque café de bonne tenue. Les expériences culinaires ne s’arrêtent pas là : Addis Abeba regorge de restaurants indiens, libanais, coréens. Sans oublier les spécialités éthiopiennes elles-mêmes : l’injera (crêpe à base d’une céréale appelée teff) servie avec une affluence de garnitures. Une multitude de saveurs sous la chaleur et la pollution écrasantes, propres aux grandes métropoles du Sud.
 
Une destination presque vierge, encore, des inconvénients touristiques. A découvrir vite… Ça ne durera pas !
 
 
Ph.: Grimberghs

14:14 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : la libre, momento, escapade, ethiopie, nord | |

Commentaires

Retour d’Ethiopie
Ha décidément je ne peux me passer de l’Afrique.
J’adore la simplicité des gens, la beauté sauvage des paysages, la faune, la flore, les parfums, les odeurs, ce quelque chose d’indéfini qui fait que l’on s’y sent bien…
Mais l’Ethiopie est à part.
Il y a là-bas quelque chose de plus majestueux, de plus inacessible, de plus troublant.
J’ai eu un immense plaisir à refouler la terre éthiopienne et retrouver avec émotion mon correspondant. La joie était partagée je pense, toute en subtilité et discrétion.
L’hôtel Ghion a un peu vieilli…
Nous ne passerons que la nuit dans la capitale et partons dès le lendemain matin vers le sud-est. Partout les routes sont bonnes et dans chaque localité traversée, il y a maintenant un ou plusieurs hôtels corrects.
Nous logerons dans des lodges magnifiques.
Tout est donc maintenant bien mis en place pour accueillir les touristes.
Mais nous n’en croiserons que très peu…
Ce pays offre pourtant tant de choses à découvrir !
Hélas les conflits et les tensions existent toujours entre certaines tribus ou aux endroits proches des différentes frontières. Des prises d’otages à répétition et des attaques meurtrières récentes sont le principal frein à l’expansion touristique de ce pays.
Notre programme avait été changé quelques temps avant le départ ; nous n’avons pas vu le Danakil, ni le volcan Erta…
Mais nous avons vu des paysages impressionnants ; tout au long de nos trajets, un paysage grandiose défile sous nos yeux, partout ; il y a des montagnes, des forêts, des plantations à perte de vue, de la verdure ; soudainement, du sable, de la terre rouge, de la poussière ; ou, encore, des rivières, des chutes ; et puis la vallée du Rift, devant nous, bien découpée, une grande faille, le berceau de notre humanité.
Nous avons rencontré des gens charmants, pris les enfants par la main, vu leur sourire.
Nous sommes descendues au fond du cratère d’un volcan éteint.
Et, à Harar, cité oubliée, en dehors du temps, nous avons apprécié l’accueil des femmes dans leur « guesthouse » , sorte de havre de paix au milieu de toute la misère du monde.
Ici, au soleil couchant, dans les ruelles étroites aux murs blanchis à la chaux, les plus pauvres s’intallent à même le sol pour attendre demain et oublier le jour passé.
Et lorsqu’arrive le silence de la nuit, les hyènes lancent leur cri de détresse, strident, à la recherche de nourriture …

Ce sont autant d’images et d’impression fortes que nous n’oublierons pas.

Ce sont les souvenirs de ces regards posés sur nous, comme des interrogations sur notre bonheur d’être « riches », qui nous accompagneront longtemps ; face à leur façon de vivre, dans le dénuement total, en harmonie avec la nature et les animaux, – du moins pour les « privilégiés » en dehors des villes - on peut se demander si leur bonheur existe. La réponse est toute simple et évidente : oui. Et les rencontrer nous donne une belle leçon. Parce que le vrai bonheur est avant tout une façon d’être et non pas une façon de paraître ; c’est la prise de conscience d’une richesse intérieure et unique à chacun; le tout est de pouvoir acquérir cette richesse-là… Bernadette www.itinerance.be

Écrit par : bernadette devos | 27/09/2012

Addis Abeba est à 2300 mètres d'altitude; contrairement aux autres capitales africaines, on n'y ressent ni chaleur écrasante, ni pollution...

Écrit par : bernadette devos | 27/09/2012

La visite de l'Ethiopie "Classique" est-elle possible en restant à une altitude raisonnable compatible pour ceux qui souffrent de troubles cardiaques.

Écrit par : Lemaire | 28/09/2012

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