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29/09/2012

“Mille et Une Nuits” en jeu

La Libre, Momento, Pixels, jeux vidéo, mille et une nuit, monde arabeDe l’islam aux contes des “Mille et Une Nuits”, le continent nord-africain a laissé une empreinte indélébile sur le monde du jeu vidéo. Explications en six étapes, des années 90 à nos jours.

Aux manettes: Michi-Hiro Tamaï


DE L’EST À L’OUEST, le monde arabe a influencé plus de jeux vidéo qu’il n’y paraît. Il y a d’abord les contes des “Mille et Une Nuits” dont certains récits, comme “Aladin” ou “La lampe merveilleuse”, ont alimenté une pléthore de jeux des années 90. Adapté du dessin animé éponyme de Disney par feu Virgin Games, “Aladdin” a ainsi marqué les esprits sur consoles 16 bits en 1993. Ce jeu de plateforme, qui déroulait ses niveaux des toits d’Agrabah au repaire tout en or et en lave de Jafar, livrait une animation épatante, proche du long métrage.
 
Un an plus tard, “Al-Qadim The Genies Curse” mélangeait, lui, assez librement l’univers d’Aladin, mais aussi les fables d’“Ali Baba et les Quarante Voleurs” et de “Sinbad le Marin”, autres textes piochés des “Mille et Une Nuits”. Emprunté à l’univers des jeux de rôles papier de “Dongeon & Dragon”, le titre orienté action n’était pas sans rappeler les “Zelda” de la première heure. Une fille du calife à épouser, des parents sous les verrous, un génie malfaisant, des périples en bateau pour rejoindre les grandes cités d’Orient,… tous les ingrédients du genre crépitaient sur ce titre aux couleurs flashy.
 
Complètement ubuesque et décalé avec ses parenthèses spatiales oniriques, son approche fantasy et ses clins d’œil anachroniques, “Quest For Glory II” marquait également le début des années 90. Le joueur devait enquêtait à Shapeir, ville du Moyen-Orient dont les habitants étaient en proie à des esprits. Particularité de ce point & click a priori classique, l’intégration de choix moraux dans ses mécaniques ludiques, et la présence d’un système combats sophistiqué façon RPG.
 
Lancé par Brøderbund Software en 1989, “Prince Of Persia” regorge de références aux “Mille et Une Nuits”, sans vraiment identifier un de ses récits ou personnages en particulier. Mais la saga originaire de l’Oregon (USA) compte parmi les plus illustres représentants du célèbre recueil de contes. Aujourd’hui aux mains d’Ubisoft, la licence fleuve compte même dans ses rangs un épisode (“Les Sables Oubliés”) qui a été réalisé par son antenne de Casablanca, un des vingt studios du géant français à travers le monde. Toujours chez Ubisoft, impossible bien entendu de ne pas parler du monde arabe sans évoquer l’influence de la religion musulmane sur certains jeux comme “Assassin’s Creed”.
 
Le premier volet du blockbuster, qui verra son troisième épisode principal sortir à la fin du mois prochain (sur consoles, terminaux mobiles et PC), raconte, en effet, la destinée d’Altaïr, membre de la secte des Assassins. Historiquement, ce groupe, perpétrant des meurtres politiques et religieux, est lié aux schismes qui ont lézardé l’islam en 632 (1). Le titre d’Ubisoft n’est toutefois pas le seul à reprendre des éléments de la religion musulmane.
 
En 1997, “Final Fantasy VII” ouvrait, non seulement les portes des RPG nippons à l’Occident, mais livrait également un melting pot fascinant de références à des éléments de mythologies issues de différentes régions du globe. Parmi les invocations magiques mémorables du jeu japonais, Ilfrit, créature cracheuse de flammes que l’on retrouve dans des textes islamiques sous le nom de Ifritah, dernière évolution des Djinns, “élémentalistes” du feu dans la mythologie arabe. Des monstres sacrés qui prolongent la vie de cette croyance derrière les manettes…
 
(1) Voir “Assassin’s Creed, la vraie histoire”, sur www.an1000.org/assassin-creed-vrai-histoire.
 
 
Dunes de pixels
 
“Journey” et “Dune” se hissent sans peine parmi les meilleurs hommages que le jeu vidéo ait livrés au désert. Pas de Touareg pour ce dernier, mais une adaptation brillante de l’œuvre SF littéraire de Franck Hebert déclinée dans un premier volet (1992) en un jeu d’aventure/stratégie atmosphérique, et en un titre de stratégie temps réel précurseur de l’actuel “Starcraft II” pour le second (la même année). Tapissant des paysages traversés d’architectures arabisantes impossibles et vertigineuses, “Journey” compte, lui, parmi les jeux vidéo de 2012. De la voltige sur des montagnes de sable. Et, surtout, un plaisir vidéoludique devenu aujourd’hui rare : celui de la découverte dans un monde minéral, arabisant, muet et fascinant.
 

Ph.: Nicolas Bouvier/Ubisoft - Assassin's Creed

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