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06/10/2012

Les cinq joyaux aux mille couleurs

La Libre, Momento, Escapade, Italie, Cinque TerreAu sud de Portofino, cinq terres rocheuses aux couleurs pastel, défiant la gravité, se jettent dans l’eau éclatante. Balades et farniente, un week-end de juillet, dans les “Cinque Terre”.

En balade: Valentine Van Vyve


LE TRAIN RÉGIONAL DÉMARRE toutes les demi-heures de La Spezzia, petite station portuaire du sud-ouest de la Ligurie. Direction finale : Stestri Levante. Le premier arrêt nous amène déjà dans le domaine protégé des Cinque Terre (prononcer “tchinqwé terré”, en bon italien), patrimoine mondial de l’Unesco. Nous posons le pied sur le quai de Riomaggiore, la terre la plus australe des cinq qui s’alignent vers le Nord, le long de la Méditerranée.

Elle annonce la couleur, au propre comme au figuré, de ce que sont ses voisines Manarola, Vernazza, Corniglia et Monterosso al Mare construites de manière similaire. De part et d’autre de l’unique rue, piétonne, partant du haut du village pour descendre abruptement vers un port miniature, de hautes bâtisses couleurs pastel réfléchissent le soleil chaud et plein de ce mois de juillet. Juchées à flanc de coteau, elles jouent les équilibristes et menacent de tomber à la renverse dans l’eau bleu azur de cette partie de la Méditerranée.

A lever les yeux au ciel, on a le sentiment qu’il ne faudrait qu’une bourrasque venue du large pour faire s’écrouler ces bâtiments aux multiples volets. N’y voyez qu’un effet d’optique ! Avec un peu de chance, vous apercevrez, entre les étoffes de linge étendu sur de longs fils, l’une ou l’autre mamma causant joyeusement avec sa voisine !

Le village est une vraie fourmilière : les touristes y règnent en maîtres et subissent la chaleur de l’été : leur mine tire vers le rouge, les torses sont nus et les bikinis de sortie.

“La meilleure manière de visiter les 'Cinque Terre' est de les parcourir à pied.” Les bureaux d’information sont unanimes. Et cette affirmation est totalement justifiée, tant les vues qu’offrent les parcours proposés en valent l’effort.

Le long de la mer, le sentier principal reliant les terres vous emmène pour une balade de 5 heures. Un autre, le “sentiero azzuro”, longe l’eau, mais plus haut perché cette fois.

Certes, il vous faudra tantôt grimper raidement, tantôt descendre abruptement, avant de grimper à nouveau et de dévaler encore. Certes, vos quadriceps en ressentiront largement le dénivelé (500 mètres), au même titre que votre souffle qui se fera parfois court. Mais la satisfaction n’en est que plus grande, surtout lorsque, au sortir d’une végétation dense ou de vignobles, l’on tourne son regard vers l’horizon. La hauteur aidant, la vue que l’on a sur ces villages avançant dans la mer est splendide.

Les adeptes d’exercices physiques feront ce parcours en dents de scie en une seule journée. Les autres prendront le temps de profiter de chaque village pour se baigner dans l’eau translucide, déguster une foccacia garnie du pesto local et boire une birra Poretti sur un rocher perdu au milieu d’une crique idyllique. Et, même si l’on désirerait plus de solitude et moins de brouhaha, la grande quantité de touristes en saison haute ne gâche pas le charme des lieux. 

Pas d’inquiétude à avoir pour les moins sportifs. Chaque village est pourvu d’une station de train, de sorte qu’il vous sera toujours possible, dans le cas où la fatigue se ferait sentir ou que l’appel du farniente se ferait trop insistant, de délaisser vos chaussures de marche pour de plus légères sandales. De plus, des bateaux assurent le transport entre les terres et offrent une vue “carte postale” de la côte.

Retour à la station de Riomaggiore. Nous surplombons l’infinité de la mer, alors que les masses rocheuses nous entourent de part et d’autre. Pour peu qu’il y ait un coin d’ombre, le train pourrait ne jamais arriver; on y resterait bien, à contempler l’horizon et à se perdre dans le ciel, vierge de nuage, lorsqu’il rejoint la mer. Il ne faut cependant pas patienter longtemps; le lieu est rodé et tout est fait pour faciliter la tâche des visiteurs.

Le soleil déclinant trouve un dernier éclat sur les rochers blancs massifs jetés les uns sur les autres afin de protéger les baigneurs des remous marins. Les plus plats d’entre eux constituent des tables d’apéritif naturelles dont usent à raison les derniers badauds !

Le soleil tombant, les amoureux (et les autres) déambulent sur la “via dell’amore” (route de l’amour). Ce sentier de 1,5 km longe la mer entre Manarola et Riomaggiore. Il est parsemé de cadenas, symbole kitch (qu’on y adhère ou pas) de l’attachement entre deux êtres.

Après un repas aux saveurs marines aromatisé de pesto, les volets se ferment sur un ciel étoilé. La nuit est calme. Les “Cinque Terre” se reposent, avant de faire face à la vague de touristes qui reviendront le lendemain flâner sur la côte ligure, entre ciel, terre et mer.


Les délices des “Cinque Terre”
En bord de mer, les restaurants vous proposeront bien souvent les mêmes menus, aux mêmes prix. Tentez de dénicher celui qui fera un peu différemment, quitte à débourser quelques euros de plus.
Situé à quelques centaines de kilomètres de Gênes, les “Cinque Terre” s’approprient l’origine du pesto. Il y est d’ailleurs servi à toutes les sauces. Sa saveur dépasse de loin celui que l’on trouve chez nous. Dans certains restaurants, vous apercevrez un cœur dessiné à côté de certains plats sur la carte des menus. En choisissant ces mets, vous aiderez financièrement Vernazza.


Ph.: Valentine Van Vyve

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