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06/10/2012

Toi et moi, les yeux dans les jeux

La Libre, Momento, Ludo, jeux de société, deux joueursLe jeu de société se décline de plus en plus en tandem.

Yves Cavalier


LE GRAND RETOUR DU JEU de société est une réalité qui pourrait fêter, aujourd’hui, son vingtième anniversaire. Assez curieusement, l’idée de se réunir autour d’une table en famille ou avec quelques amis, pour s’immerger dans un monde ludique et imaginaire, s’est développée pratiquement au moment où est apparue la “génération Game Boy”. Loisir solitaire, voire égocentriste par définition, le jeu vidéo et sa fulgurante ascension ont failli sonner le glas pour cette autre forme de passe-temps, sensiblement plus convivial.
 
Pourtant, il n’en a rien été. Que du contraire, à l’inverse de ce que pouvaient craindre nombre de sociologues et autres spécialistes en psychopédagogie. C’est le jeu vidéo qui a contribué à redonner une vie publique au jeu. Ce que les outils technologiques ont remis au goût du jour, c’est tout simplement le plaisir de jouer.
 
Ceux à qui saint Nicolas apportait leur premier Game Boy en 1990 ont 30 ans aujourd’hui. Ils ont grandi avec une console de jeu dans le salon, mais, surtout, avec l’envie et le plaisir de jouer dans la tête. Et cela, de nombreux éditeurs de jeux de plateau l’on compris en développant des jeux d’un style nouveau avec moins de hasard et plus de réflexion, mais, surtout, en n’hésitant pas à reprendre ce qui a fait le succcès du jeu vidéo : la possibilité offerte au joueur de pénétrer dans un autre univers. Pour un soir, on devient aventurier (les Colons de Catane), bâtisseur (les Piliers de la Terre), empereur romain (Trajan), explorateur (Tobago), moine (le Nom de la rose), corsaire (la Crique aux Pirates), gestionnaire (Acquire), cultivateur (Agricola), enquêteur (Sherlock Holmes), criminel, (Mr Jack)...
 
Ça ne dure qu’une heure ou deux, mais ça marche. Essentiellement parce que les éditeurs de jeux travaillent surtout sur la capacité d’immersion que procure leur produit : les plateaux de jeu sont de plus en plus graphiques, les pions et accessoires s’efforcent d’être de plus en plus réalistes. L’objectif est de rendre aussi concret que possible ce qui reste virtuel sur une console de jeu.
 
Mais l’atout essentiel du jeu de plateau par rapport au jeu vidéo, c’est l’intelligence. Non plus celle de la machine, mais celle des joueurs de chair et d’os qui sont autour de la table. Un avantage immense au point que le jeu vidéo s’est efforcé à son tour de se mettre à niveau en proposant des jeux en ligne contre d’autres internautes.
 
 
Dans cette évolution qui s’affirme d’année en année, il restait cependant un marché à redynamiser : c’est le jeu à deux. L’image des échecs ou des dames, aussi noble soit elle, ne s’applique pas à cet autre univers ludique, moins cérébral et plus fantaisiste.
 
C’est une société basée à Wimereux, pas loin de Boulogne et de la côte belge, qui s’est d’abord lancée dans cette aventure. Gigamic, c’est son nom, a eu la bonne idée de promouvoir des jeux rapides (10 à 15 minutes), aux règles très simples et qui misaient sur un trosième atout : l’élégance. Gigamic a, en effet, lancé sur le marché une gamme de jeux en bois de superbe facture. Au point qu’ils se vendent aussi comme objets décoratifs et, donc, comme cadeau !
 
Des jeux comme Quarto ou Gobblet – qui, en fin de compte, sont de simples jeux d’alignement comme le “morpion” – ont réussi cet autre exploit d’amener encore un autre public dans l’univers du jeu. Mission difficile pourtant, car, en l’occurrence, il s’agit de jeux purement abstraits: pas de dés, rien que de la réflexion. Et résultat exceptionnel : cela fonctionne à merveille avec les enfants ! Parce que ces jeux sont simples, logiques, rapides et très agréables à manipuler. La recette miracle !
 
Et cette collection – qui a fait des émules depuis – a aussi le mérite de se démarquer d’autres jeux à deux, généralement édités en Allemagne, mais qui sont souvent des versions adaptées ou inspirées de grands jeux de plateau à succès (Catane, par exemple) avec une même logique pour le même public. D’où l’intérêt de cette ultime tendance : des petits jeux, rapides, pas chers et qui fonctionnent sur un mécanisme atypique (Button Up, Blue Lion...). On surfe en plein sur cette vague.
 
 
La Libre, Momento, Ludo, jeux de société, deux joueursMana, je veux du cuir!
Dans la catégorie des beaux jeux à deux, Mana remporte la palme de l’élégance. Voilà un jeu abstrait qui ne vous pardonnera pas la moindre erreur stratégique : on déplace son pion en fonction du chiffre sur lequel il se trouve et le chiffre de la destination détermine le pion que peut jouer l’adversaire. Tout en cuir (pour environ 35 euros).
 
 
La Libre, Momento, Ludo, jeux de société, deux joueursSplits, la tour prend garde !
Un plateau qui change de forme à chaque partie et 16 pions en bois pour chaque joueur. Que faire avec cela ? Splits tout simplement. Un jeu de pose subtil et déroutant qui se joue en 10 minutes. Le principe : de couper en deux sa tour de pions pour empêcher son adversaire de bouger. C’est pas clair ? Le plus simple, c’est d’y jouer… (25 euros)
 
 
La Libre, Momento, Ludo, jeux de société, deux joueursButtons Up, boutons-les dehors !
Exemple même du jeu qui repose sur une mécanique : trois boutons rouges, trois noirs, trois blancs posés en cercle; on déplace toujours en une pile où se trouve un pion blanc. Objectif : faire en sorte qu’après les huit coups possibles, les boutons de sa couleur soient au plus haut dans la dernière pile. Ca dure cinq minutes et… on recommence ! (10 euros)
 
 
Ph.: Auremar/Fotolia

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