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13/10/2012

Sur les rebords des steppes

La Libre, Momento, Escapade, Mongolie, steppesPays de déserts, de montagnes, de collines, de forêts, de lacs et de plaines immenses, la Mongolie propose à qui veut la découvrir des paysages splendides au caractère unique.

Découverte: Bosco d'Otreppe


IL N’Y A PAS À DIRE, accroché à sa selle, au grand galop dans la plaine baignée de soleil couchant, notre guide a fière allure. Face à la scène, il ne manque finalement que la musique d’Ennio Morricone pour nous plonger dans la plus intrépide des aventures.
 
Et pourtant, Gengis Khan en tête d’affiche, quand on traverse la Mongolie, on ne passe pas à côté de la rocambolesque histoire du pays. S’il ne reste rien de l’époque du grand empereur, le mythe, ferment du patriotisme local, est dans tous les esprits. Armé de ses chevaux, l’homme a renversé des rois, conquis des terres de la Corée à la Hongrie, exporté le “Hourra !” – le cri de guerre de ses armées – dans le monde entier, et inventé l’immunité diplomatique. Les Mongols ne l’oublient pas, et notre guide, calfeutré au bord du feu dans son grand manteau traditionnel, nous le répète encore ce soir : sa nation n’a rien à envier aux deux gros colosses qui prétendent l’encercler : la Russie et la Chine.
 
Dans les faits, au point de vue politique ou économique, on ne jurera pas que c’est tout à fait vrai; mais reconnaissons-le, la beauté de la nature chevillée au corps, les Mongols tiennent à leur fierté et à leur noblesse. La géographie plaide d’ailleurs pour eux : inondé au sud par les sables du Gobi qui baignent sa partie méridionale, arrosé des forêts qui façonnent la taïga et débordent de Russie par les entrailles du lac Baïkal, protégé à l’ouest par les sommets de l’Altaï, le pays a pu décliner ses extrêmes pour concocter en son cœur un cocktail des plus formidables : la steppe.
 
La steppe… Voici ce que nous avons décidé d’affronter, outillés que nous étions de quelques connaissances équestres, et de deux petites semaines. Une agence française, installée sur place, nous met en contact avec une famille de nomades. Avec ses deux mille têtes de bétail (une véritable richesse en Mongolie), elle rassemble autour d’elle quelques cousins pour l’aider, et a l’habitude d’accueillir et de guider des touristes comme nous. Ce sont, du coup, les contreforts d’une région qui s’élance aux pieds des forêts du nord qui nous ont vus débarquer, dans la province de l’Arkhangaï, à 450 bons kilomètres de la capitale Oulan-Bator.
 
 
La steppe, qui couvre tout de même la moitié du pays, est d’une beauté inouïe, et la parcourir à cheval est idéal. Notre jeune guide, étudiant vétérinaire durant l’hiver, connaît tout. Et c’est une chance. Aucune plante, aucune essence, aucun rapace ne lui est étranger. Nous traversons des forêts de mélèzes, suivons les flots d’une rivière poissonneuse, galopons au travers de plaines immenses, croisons des troupeaux de yaks, de mustangs, de chèvres, de moutons, de boucs, observons des milans, des aigles et des faucons, poursuivons des rongeurs, plongeons dans des sources d’eau chaude, devinons des tétras lyres, apprenons le nom de dizaines de fleurs médicinales, slalomons entre les bouleaux, saules et peupliers très anciens, passons de campements en campements, de yourtes en yourtes; maisons, structures et refuges du peuple nomade.
 
Ce soir, auprès des chevaux reposés, abrités au coin du feu qui termine de réchauffer la soirée, nous partageons un jeu de cartes et quelques histoires dans un anglais rafistolé arrosé de vodka blanche et d’aïrag, cette boisson traditionnelle composée de lait de jument fermenté et alcoolisé. La coutume veut qu’au moment de la boire, l’on fasse sauter du bout de l’annulaire trois gouttes pour les orients, le ciel et la terre. Notre guide nous raconte alors l’hiver qui arrive sans crier gare, le foin que l’on récolte en vitesse, les familles qui déménagent avec troupeaux, yourtes et victuailles pour se protéger du vent dans les montagnes boisées, les enfants qui quittent le clan pour affronter l’école, au loin, dans le faubourg provincial.
 
 
Le lendemain d’ailleurs, jour de notre départ, la neige aura montré ses dents, saupoudrant en guise d’avertissement le sommet des collines. A en croire notre guide, d’ici peu elle aura glacé tout le pays d’un épais silence blanc.
 
Précédant de quelques heures les familles qui plient bagages pour retrouver de nouveaux alpages, nous quittons alors calmement la vallée qui nous abritait. Dans la plaine, à notre approche, quelques grues de passage se lèvent et s’envolent affronter d’autres horizons. La Mongolie reste la Mongolie, Gengis Khan n’est pas loin.
 
 
La Libre, Momento, Escapade, Mongolie, steppesUn peuple de nomades
Sur les trois millions d’habitants que compte la Mongolie, un tiers pratique encore le nomadisme. Aujourd’hui, plus qu’un besoin né de la nécessité de suivre les troupeaux en recherche permanente de nouveaux pâturages, c’est devenu pour beaucoup un mode de vie. Les nomades sont toujours accompagnés de leurs yourtes et de leurs troupeaux qui leur fournissent de la viande, du lait, un moyen de transports (avec les indispensables chevaux) et du combustible (avec les excréments séchés).
La dépendance au sol et à la nature qu’induit un tel mode de vie a façonné leur sens de l’hospitalité et le chamanisme, religion traditionnelle en concurrence avec le bouddhisme.
Aujourd’hui, avec la découverte dans le désert de Gobi d’énormes gisements d’or et de cuivre qui apportent au pays une richesse imprévue, beaucoup de paysans se recyclent autour de ces mines. Mais ni cet attrait de l’argent ni l’attrait d’Oulan Bator, capitale aussi polluée que branchée, n’ont eu la peau du nomadisme, de ses troupeaux et de ses yourtes légendaires.
 
 
Ph.: Bosco d'Otreppe

Commentaires

bonjour,
je souhaiterais recevoir les coordonnées de cette agence de voyage française basée en Mongolie.
d'avance merci
emmanuel

Écrit par : manu | 29/11/2012

Bonjour,
L'agence testée avec succès par le journaliste est Wind of Mongolia: www.windofmongolia.mn

Écrit par : Momento | 21/12/2012

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