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27/10/2012

Un couvre-sol bien utile

La Libre, Momento, Dehors, Epimedium, couvre-solSon aspect léger doublé d’un joli feuillage souvent persistant et d’une délicate floraison est le principal atout de l’Epimedium. A découvrir sans attendre.

Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


AUSSI BIZARRE QUE CELA PUISSE paraître, le genre Epimedium appartient à la famille des Berbéridacées comme les arbustes Berberis ou Mahonia. Excellent couvre-sol, aux racines traçantes, d’une solidité à toute épreuve, de 30 à 60 cm de haut, parfois jusqu’à près d’1m, son feuillage coriace est soit caduc, soit persistant. Originaire des régions tempérées du nord de l’hémisphère, l’Epimedium pousse en Europe dans les forêts claires ou à l’ombre de broussailles rocheuses, et se plaît dans les sols secs. Petit à petit, des hybrides voient le jour, dont les classiques E. x rubrum et E. x versicolor.
 
 
En réalité, c’est en Chine que l’on compte le plus d’espèces. Les floraisons y sont plus longues et spectaculaires, les fleurs bien dressées au-dessus du feuillage et les feuillages persistants. Leur habitat est différent. Peuplant les sous-bois humides, elles réclament des sols riches, couverts d’humus. Et aussi plus d’ombre et plus d’humidité que les espèces européennes. Pour les introduire dans nos jardins, il faudra attendre la fin de la révolution culturelle chinoise et l’autorisation d’expéditions botaniques pour pouvoir les recenser et les présenter au grand jour. Aujourd’hui, quelques pépinières de renom en Angleterre, Allemagne, France et Belgique comptent des aficionados qui se mettent à les croiser. Celles de Koen van Poucke, Thierry Delabroye et Daniëlle Monbaliu, la Pépinière Epimedium en font partie. Grâce à eux, de 29 Epimedium répertoriés avant les années 80, on en dénombre près de 200 aujourd’hui.
 
Leur feuillage en forme de cœur est spécialement attrayant. Il change de couleurs et d’aspect tout au long de l’année. Au printemps, il arbore des tons variés. Vert, ocre, cuivre, mauve ou pourpre. Parfois bordé, veiné, marbré ou même éclaboussé de rouge. Il vire ensuite au vert en été, avant, pour les espèces caduques, de reprendre les teintes initiales apparues lors du débourrage. Avec parfois une pointe de doré. A la fin de l’hiver, les feuilles sèchent et laissent alors la place à la floraison. Dès que celle-ci se termine, un nouveau feuillage se déploie. Et le cycle recommence. Les Epimedium aux feuilles persistantes présentent, eux, un feuillage mat au printemps devenant luisant, voire métallique en hiver qui traverse les saisons en conservant un aspect toujours séduisant. Par temps très froid, il se colore même en bronze ou cramoisi.
 
Des petites fleurs assez discrètes apparaissent au début du printemps, de mars à fin juin. Suspendues au bout de tiges ramifiées aussi fines que solides, elles affichent le jaune, le blanc, le rose ou le pourpre. Elles portent souvent un éperon plus ou moins long. Ce qui leur donne un look d’ancolie ou d’araignée. On les appelle les fleurs des elfes. Certains hybrides croisés à partir de E. grandiflorum ont des fleurs bicolores. Aussi chez E. x rubrum, blanc cassé et rouge cramoisi. D’autres enfin ont une intéressante remontée florale en septembre tels les wushanense, les rhizomatosum et plusieurs nouveaux hybrides. A repérer sans tarder.
 
 
Coups de cœur
Difficile de choisir parmi toutes ces nouvelles variétés. Il faut bien reconnaître qu’il n’y a pas mieux que le solide Epimedium x perralchicum ‘Fröhnleiten’ à rhizomes traçants au pied d’un résineux ou à l’ombre sèche, ainsi que le populaire E. x rubrum, excellent couvre-sol, vraiment tout terrain. Koen Van Poucke avoue sa préférence pour E. stellulatum ‘Yukiko’ à la longue et abondante floraison blanche au printemps – 40 à 60 fleurettes par branche –, ayant une remontée à l’automne, en octobre. Formidable. Daniëlle Monbaliu met en avant E. grandiflorum ‘La Rocaille’, aux fleurs crème et aux feuilles allongées, et E. fargesii ‘Pink Constellation’ ou E. stellulatum ‘Wudang Star’. Thierry Delabroye retient, quant à lui, E. ‘Pink Champagne’, ‘Buckland Spider’ qui drageonne bien et ‘Amber Queen’. Sans oublier ses propres obtentions : ‘Perrine’s White’, ‘Domaine de Saint-Jean de Beauregard’ ou ‘Eldarion’, pour ne citer qu’eux.
 
 
Ph.: MNC & MPV

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