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03/11/2012

Drive dans L.A.

La Libre, Momento, Escapade, Los AngelesLos Angeles, cité des Anges, captive ou effraie. Fascine ou défraie (la chronique). Portrait d’une ville sous forme de cartes postales rapportées de L.A.

Comme dans un road movie: Aurore Vaucelle & Bruno Fella


Malibu, Santa Monica, Long Beach

De Malibu, au nord de l’enclume que forme le grand Los Angeles, à Long Beach, tout au sud, la plage, toujours la plage. Du côté de Malibu, gigantesques villas et plages privées vous décourageront de poser le pied sur le sable fin. Préférez Santa Monica, surplombée par la villa Getty aux accents de villa romaine, ou, plus au sud, Sunset Beach, Long Beach, Bentota Beach. Le paradis sur terre : on travaille le matin, on va faire du surf ou du beach-volley l’après-midi.

En suivant Mullohand Drive

Difficile de ne pas penser à David Lynch et à son film lorsque l’on décide de prendre la route de Mullohand, au nord de la ville. On y retrouve quelques éléments du film : “Mullohand Drive” est d’abord cette route sinueuse qui court sur des dizaines de miles sur les crêtes de L.A et dont on ne maîtrise jamais la fin. Filmée la nuit par Lynch, elle revêt un caractère angoissant. En journée, sous le soleil écrasant, la virée en bagnole est indicible, le paysage impressionnant. On oublie souvent en effet la beauté de la nature à Los Angeles.
Depuis Mullohand Drive, on pourra suivre le chemin de Mullohand Road qui mène aux lettres mythiques posées à flanc de montagne. “Hollywood Land”, c’est ce que l’on pouvait lire en 1923, lorsque ces gigantesques lettres furent posées sur le Mont Lee pour promouvoir un projet immobilier. Depuis, les quatre dernières lettres ont disparu pour laisser la place au mythe de Hollywood.


La Libre, Momento, Escapade, Los AngelesDe Beverly Hills au Getty Center

On quitte les collines chics de Beverly Hills, où la densité de stars, de gardes du corps, de jardiniers mexicains et d’alarmes anti-vol n’a jamais été aussi élevée, pour rejoindre le coin où se retrouvent les riches. Rodeo Drive. Avenue sous palmiers, pour shopper entre gens de bonne compagnie. Pas si impressionnante que cela. Moins que dans “Pretty Woman” en tout cas. Les marques de luxe ont élu domicile dans ce périmètre limité mais l’architecture typique de L.A. – le bâtiment court sur patte, à toit plat et mitoyen recouvert par ailleurs d’un decorum à l’antique en carton-pâte – donne à cette avenue du luxe un côté “cheap”. C’est l’un des seuls endroits où l’on marche dans L.A., mais on en a vite fait le tour.
On reprend sa voiture pour une destination plus à l’ouest : Brentwood, Westwood, quartiers bobos et tranquilles. Sur les collines voisines, le voisin Getty, musée le plus riche du monde avec sa dotation de plus de 100 millions de dollars par an, est parvenu à faire venir tout Los Angeles dans ses murs. Faites la balade muséale le soir de la nocturne, le samedi. On y mange, on y écoute des concerts, avant de retourner voir Degas, Hokusaï ou Ensor.

Dans la vallée, Burbank

Le Grand Los Angeles s’étend au-delà des collines de Mullohand, au Nord – ce que l’on nomme La Vallée. C’est là qu’ont élu domicile les grands studios de ciné, au début du XXe siècle. Le terrain n’était pas très salubre, assez marécageux, mais aussi moins onéreux. Les frères Warner y installent leur affaire, sûrs de leur investissement dans le cinéma. Affaire qui depuis a fleuri. La visite des studios de la Warner, à travers les plateaux -des différentes séries télés et films cultes, est réjouissante. On se balade en voiturette dans le décor de “Blade Runner” ou de “The Artist”. Les fans de la série F.R.I.E.N.D.S pourront se pâmer en passant la porte du Central Perk.

la libre,momento,escapade,los angelesLe long de Sunset Boulevard

Le boulevard du Crépuscule. Fascinant, image même d’Hollywood. A donné son nom à un film de Kazan non moins fameux. Sunset est le dernier morceau de la route 66 qui part de Chicago, traverse les Etats-Unis, avant d’arriver les pieds dans l’eau, au bord de l’océan Pacifique.
Dans son tronçon qui traverse West Hollywood, le paysage aérien est saturé de “billboards”, gigantesques panneaux de pub à la gloire des séries télé et des marques mondialisées.
La balade sur Sunset donne à voir un condensé de cette ville. Des quartiers chics de Beverly Hills à l’ouest, avec étape au Château Marmont – où vous boirez peut-être un cocktail à proximité de Leonardo Di Caprio –, on s’enfonce vers l’est, dans les quartiers paupérisés de la ville fantasmée. Plus loin encore, les ghettos où ça a sacrément chauffé durant les émeutes de 1992. D’ouest en est, balade sociologique en voiture. A ne pas faire à pied : il n’y pas de trottoirs !


Venice Beach

Et dire que Venice Beach devait à son origine ressembler à la Venise de nos contrées. Un entrepreneur immobilier un peu fou, Abbot Kinney, décida, en 1904, de creuser dans ce quartier des canaux pour copier Venise, tout en y adjoignant, par ailleurs, des manèges et des gondoles sous forme de parcs à thème. Aujourd’hui, Venice Beach ne ressemble à rien de connu. Hétéroclite pourrait être l’adjectif qui qualifie le mieux ce coin de Los Angeles, où, pour un instant, la population de la ville semble se mixer. Cyclistes, skaters, surfers hors de l’eau partagent la promenade le long du Pacifique.
Sous les palmiers, la plage. Et la musique que les gens baladent avec eux, l’ampli en bandoulière. On pourra y trouver aussi aisément un hot-dog que de la “marie-jeanne”. En Californie, l’usage de la marijuana est légal pour raisons médicales. Autant dire que des médecins chevelus à blouse blanche – caution médicale oblige – sont légion sur Venice Boardwalk.


Ph.: B.F.

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