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19/11/2012

La “Nordic Diet” pointe le bout du nez

La Libre, Momento, Bien-être, nutrition, régime nordique, nordic dietUne équipe de chercheurs suédois a voulu tester l’efficacité d’une diète nordique sur un échantillon de patients à risques cardiovasculaires. Les résultats sont assez positifs.

Dossier: Michèle Dryepondt
Diététicienne-Nutritionniste


L’ALIMENTATION MÉDITERRANÉENNE a fait ses preuves en matière de prévention des maladies cardiovasculaires. L’adopter, c’est réduire le mauvais cholestérol (LDL-C), améliorer l’hypertension, la résistance à l’insuline et l’inflammation, bref, sortir du syndrome métabolique (voir épinglé). Une équipe de chercheurs suédois a voulu tester l’efficacité d’une diète nordique, “Nordic Diet”, sur un échantillon de patients à risques cardiovasculaires. Ils ont élaboré un régime alimentaire à base d’aliments locaux calqué sur les caractéristiques nutritionnelles des régimes qui ont déjà fait leurs preuves en Occident. A savoir : le régime méditerranéen, le portfolio à tendance végétarienne pour réduire le cholestérol, le DASH (Dietary Approches to stop hypertension), riche en légumes et fruits et pauvre en graisse pour réduire la tension artérielle, ou encore le NCEP (National cholesterol education programme), programme d’éducation américain pour réduire l’hypercholestérolémie.

Deux études ont été réalisées. Au cours de la première, en 2010, on a observé l’effet de la transposition des aliments de la diète méditerranéenne en aliments suédois sur la cholestérolémie, l’hypertension et la résistance à l’insuline. L’objectif de la seconde était de comparer le profil nutritionnel de la diète nordique avec les recommandations nutritionnelles officielles et les habitudes de consommation des Suédois.

La première étude a réuni 88 patients souffrant modérément d’hypercholestérolémie et d’hypertension et dont l’indice de masse corporelle se situait entre 20 et 30 kg/m² (seuil de l’obésité). Il s’agissait d’hommes et de femmes entre 25 et 65 ans qui ont été répartis en deux groupes. L’un a continué à s’alimenter normalement, tandis que l’autre a été soumis à la diète nordique pendant 6 semaines. Aucune restriction de quantité n’était fixée, les patients s’alimentant ad libitum. Le programme comprenait des fruits (pommes, poires), des confitures à base de baies (airelles et myrtilles), des légumes frais et secs, des produits laitiers écrémés et des poissons gras (saumon, hareng, maquereau). La diète comprenait également des aliments reconnus pour leur action hypocholestérolémiante : avoine, orge, protéines de soja et psyllium. Les personnes du groupe d’intervention pouvaient faire un repas de leur choix une fois par semaine. Aucune perte de poids n’était visée.
 
Résultats : cette diète nordique a provoqué une diminution significative du LDL-C, une amélioration de l’action insulinique, ainsi qu’une baisse de la pression systolique dans le groupe d’intervention. Ce mode alimentaire n’a pas mis en évidence une baisse de la glycémie, ni des triglycérides et n’a pas eu d’effet sur l’inflammation. Il est intéressant de noter que les personnes ayant suivi ce régime alimentaire avaient perdu une moyenne de 3 kilos en 6 semaines alors que la quantité de nourriture n’était absolument pas limitée !
 
Il semble donc possible d’améliorer sa santé en se nourrissant comme au Sud avec les aliments du Nord.
 
 
De l’huile de colza à la place de l’huile d’olive
 
La deuxième étude, réalisée par la même équipe en 2011, a comparé, d’une part, les nutriments de la diète nordique avec les apports nutritionnels recommandés officiels pour la population suédoise et, d’autre part, les aliments proposés avec les habitudes de consommation des Suédois. Si les macro nutriments – protéines, lipides et glucides – étaient pareils aux recommandations officielles, la teneur en fibres de la Nordic Diet était deux fois plus élevée, les apports en vitamines et minéraux étaient globalement supérieurs et les apports en sodium (sel) abaissés. La comparaison avec les habitudes alimentaires des Suédois a montré que seule la consommation des aliments céréaliers complets (pain, pâtes, riz, céréales petit-déjeuner) correspondait aux habitudes des Suédois. L’écart s’est marqué pour tous les autres groupes alimentaires : à la hausse pour les fruits, légumes, légumes racines (pomme de terre), légumineuses, baies, poissons, œufs, huiles et à la baisse pour les viandes, volailles, produits laitiers, desserts sucrés et alcool. En fait, rien de bien nouveau. Si les Crétois se nourrissent spontanément mieux (ce qui n’est d’ailleurs plus tout à fait le cas à l’heure actuelle), les autres populations doivent opérer de sérieux changements dans leurs habitudes pour arriver à réduire les risques de maladies cardiovasculaires.
Une chose remarquable : puisque les oliviers ne poussent pas dans la neige, la “Nordic Diet” ne propose pas d’huile d’olive mais de l’huile de colza. Et ça marche aussi !
 
 
En route pour une “Belgian Diet” ?
 
 
Ces études suédoises ne font que confirmer toutes les études passées en terme de recommandations nutritionnelles, mais montrent en plus qu’il est possible de modifier efficacement l’alimentation en utilisant des produits locaux. Alors, une diète à la belge aurait sans doute le même profil. Le hic, c’est de changer la qualité alimentaire de l’assiette. La bonne nouvelle, c’est que cela suffit pour perdre du poids.
 
Modifier ses habitudes alimentaires sans frustration
 
Ce qui se modifie assez facilement :
– Consommer du pain gris, complet ou aux céréales.
– Utiliser plus souvent des huiles pour la préparation des repas plutôt que du beurre.
– Et pas nécessairement l’huile d’olive : on produit de l’huile de colza en Belgique !
– Manger des légumes tous les jours : cuits, crus, en potage ou en jus, tout est bon.
– Réduire le poids des viandes, volailles, poissons à 125 g. par portion.
– Manger au moins un fruit par jour (deux étant préférable) : 150 ml de jus de fruit sans sucre ajouté égale deux fruits.
 
Plus difficile, mais à travailler :
– Manger du poisson deux à trois fois par semaine dont des poissons gras : sardines, maquereau, saumon, truite, hareng, anchois (même en conserve et fumé).
– Limiter fortement la consommation de fromage à une fois par jour comme source de protéines lors du repas : 30 g. s’il s’agit d’un fromage entier, 50 g. pour un fromage light.
– Limiter la consommation de produits laitiers et les préférer écrémés.
– Choisir plus souvent des pâtes et du riz complets.
– Consommer des légumes secs. A petites doses au départ pour éviter les inconforts intestinaux.
– Bouder les snacks, desserts sucrés, pâtisseries, biscuits.
– Limiter la consommation quotidienne de vin à 120 ml pour les femmes et le double pour les hommes. Mais surtout ne pas commencer à en consommer si cela ne fait pas partie de vos habitudes !
 
 
Ph.: Reporters/BSIP

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