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24/11/2012

Dans l’univers du jeu, le chiffre a ses lettres de noblesse

La Libre, Momento, Ludo, jeu de société, chiffresJouer, c’est calculer ses chances de gagner sans trop compter sur le hasard.

Yves Cavalier


DEPUIS L’ORIGINE, le jeu est une affaire de chiffres. On compte ses déplacements, on compte sur la chance aux dés et on calcule la probabilité de voir un adversaire sortir une combinaison aux cartes. On peut certainement estimer que 80 % des jeux traditionnels sont basés sur les chiffres. Depuis le jeu de l’oie jusqu’au bridge en passant par le backgammon ou l’incontournable poker, on jette les dés, on compte ses déplacements sur un plateau, on évalue ses chances de gains et on fait le bilan en fin de partie…
 
Mais avec quelques ingrédients assez simples, des dés à six faces ou des séries de 13 cartes, on a réussi à créer des milliers de variantes qui font que l’intérêt ludique est sans cesse renouvelé. Et la création est loin d’être à son terme.
 
Sans doute faut-il voir dans le jeu, et notamment dans sa forme la plus dépouillée que sont les dés ou les cartes, la manière la plus efficace de changer de rôle. Jouer, c’est prendre des risques; gagner, c’est prendre le pouvoir. Et pour autant, un enjeu matériel n’est pas indispensable. Les jeux d’argent ne sont qu’une dérive, une transcription de la finalité du jeu. L’enjeu y est plus important que le jeu lui-même.
 
Il reste que les chiffres et les nombres sont des valeurs doublement universelles en ce sens qu’ils sont effectivement à la base de toutes actions ludiques mais ils sont aussi capables de traverser les frontières et les civilisations. L’awalé africain, égyptien à l’origine, a traversé les continents depuis des siècles pour se jouer en Extrême-Orient et même en Amérique latine. Le matériel varie, les règles aussi mais le principe est le même : on compte les semences et on récolte la moisson. Il en va de même pour les jeux de cartes qui ont donné naissance au Mah-jong chinois qui n’est en fin de compte qu’une variante du ramy. Et dont le Rummy Cube, que l’on joue aujourd’hui en famille, n’est qu’une reprise toujours commercialisée avec succès. Le succès mondial et récent du sudoku en est une autre preuve.
 
Les échecs eux-mêmes doivent leur universalité au chiffre, ou plus précisément au calcul de probabilité sachant que, sur une matrice donnée, les déplacements prédéfinis des pions donnent une équation dont les inconnues sont cernées par une série de calculs de probabilité.
 
 
Mais forcément – et fort heureusement – lorsqu’on joue aujourd’hui, on fait abstraction de ces équations pour les remplacer par une recherche ludique qui se borne à trouver du plaisir à jouer (même en calculant).
 
Il faut d’ailleurs constater aussi que ces 10 à 20 dernières années, la plupart des créateurs de jeux ont mis un point d’honneur à réduire la part “visible” du chiffre dans les jeux. Les jeux de hasard pur façon jeu de l’oie, et dont le Monopoly est en fin de compte une sublimation, sont de plus en plus délaissés y compris chez les plus jeunes. On préfère donner le sentiment de pouvoir maîtriser le hasard en offrant des choix multiples ou en jouant plus sur l’interaction entre les joueurs eux-mêmes. L’ambiance générée par le jeu est devenue un critère aussi important que ses vertus calculatoires même si les bons comptes font toujours les bons amis.
 
 
Quelques incontournables et d’autres moins connus
Quand on évoque les chiffres dans le monde du jeu, on pense aussitôt à “Des chiffres et des lettres”, le jeu dont Armand Jamot a fait une vedette incontestée en lui accordant une immense tribune télévisée.
Le “Rummycube” est probablement l’autre nom qui vient à l’esprit en raison de son caractère universel. Mais si vous aimez les chiffres essayez de dénicher un exemplaire de “Mathable”, une sorte de Scrabble pour chiffres d’une rare efficacité (disponible en application iPad). Plus léger mais dans le même esprit, “Triolet” est aussi digne d’un joueur que les chiffres attirent. Les amateurs de choses rares apprécieront sans doute “Addique”, un jeu britannique des années 70 et qui se base sur la table de 9. Surprenant mais addictif et à dénicher en brocante. Dans son style à lui, “Zatre” est un jeu qui renouvelle le principe des dominos. Autre classique du jeu de chiffres, “Code 777” est une pièce d’anthologie créée en 1985 et qui vient d’être rééditée sous le nom de “Tricoda”. L’objectif est de deviner, en posant des questions, le code de trois chiffres que vous êtes le seul joueur à ne pas voir : un jeu de déduction et de logique qui, par rapport au sudoku, a l’avantage de pouvoir se jouer à quatre joueurs.
A côté de ces pièces remarquables, il y a aussi toutes les variations sur les jeux de dés et de cartes. Un jeu comme “6 qui prend” permet de jouer jusqu’à 10 joueurs et garantit l’ambiance autour de la table. “Can’t stop”, “Pikkomino” ou “Exxtra” (encore appelé “Escape”) sont des jeux de dés basés sur la prise de risque à la manière de “stop ou encore”.
Là aussi cela crée toujours
une tension bienvenue à l’apéro ou en fin de soirée. Et si vous préférez les jeux de cartes plus calculatoire et où on prend plaisir à piéger l’autre, essayez “Zéro” ou encore “Trader” mais uniquement avec de bons perdants…

 
Ph.: Reporters/BRAKE/SUNSET

Commentaires

Podríamos dar vueltas y vueltas al abecedario y ni siquiera seríamos capaces de nombrar a todas las famosas adeptas a Longchamp.

Écrit par : Camisas Paul&Shark | 22/02/2014

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