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25/12/2012

Vive le krach !

La Libre Momento, Ludo, jeu d'argent, Monopoly, Panique à Wall StreetLes éditeurs de jeux surfent sur la crise… Avec de faux billets !

Yves Cavalier


IL N’Y A PAS QUE LA LOTERIE NATIONALE qui propose de devenir scandaleusement riche. Depuis 1935, le Monopoly offre, dans son coffret de carton, tout le nécessaire du candidat Crésus. Curieusement, ce jeu, qui a fait le tour de la planète depuis, est effectivement né au lendemain de la plus grande crise économique et sociale (on l’oublie parfois !) que le monde ait connue. Ce n’est sans doute pas un hasard, alors que l’Occident sortait progressivement de la grande dépression, les Etats-Unis en tête, il fallait vendre du rêve. Il fallait donner le sentiment que tout était à nouveau possible. Même devenir très riche grâce à l’économie de marché.
 
Certes, le Monopoly n’est pas un modèle de stratégie ou de réflexion. La part du hasard y est tellement importante que le principe du jeu s’apparente plus à un jeu de l’oie qu’à une partie d’échecs. Pourtant, le jeu fonctionne depuis près de quatre-vingts ans : 275 millions d’exemplaires vendus et plus de un milliard de joueurs. Depuis 1935, plus de 200 éditions différentes ont été proposées avec localisations géographiques bien sûr, mais aussi avec des adaptations aux héros du moment comme ce superbe Star Wars qui donne l’impression qu’on va jouer à autre chose alors qu’on fait toujours du Monopoly. Les adaptations portent aussi sur le matériel. On trouve maintenant des lecteurs de cartes qui évitent de manipuler des billets. Vient de paraître une version Millionnaire où, au contraire, on échange d’énormes liasses de billets de banque pour faire évoluer son pion pour lui donner le statut de “superriche”… Bref, plus on est scandaleusement riche, plus on est “bling-bling”, mieux c’est pour le joueur… Et pour Hasbro qui exploite la licence de ce jeu increvable.
 
Pourtant, la mythologie du jeu de société a testé d’autres formules basées sur le rêve d’argent. Ainsi, Charles Darrow, le même qui a inventé le Monopoly, s’est essayé à d’autres jeux de plateau. C’est le cas de ce Totopoly édité en 1938 et qu’on ne trouve plus guère que dans les armoires de quelques collectionneurs passionnés. Le jeu a cependant été réédité ensuite en français sous le nom de Ascot. La démarche était intéressante : il s’agissait toujours de gagner beaucoup d’argent mais, cette fois, en pénétrant l’univers des courses de chevaux. Et l’élément le plus subtil du jeu est qu’il se déroule en deux phases. Dans la deuxième partie, on se contente de miser sur les chevaux qui vont gagner mais, dans la première, chaque patron peut investir à plusieurs niveaux dans son écurie et les chevaux auront donc des atouts différents au moment de prendre le départ de la course. Sans doute était-ce trop compliqué pour proposer ce type de mécanismes qui finalement correspond beaucoup plus à la tendance actuelle : le hasard est là pour être maîtrisé.
 
 
La Libre Momento, Ludo, jeu d'argent, Monopoly, Panique à Wall StreetWall Street, la Bourse en général, ont inévitablement inspiré pas mal d’éditeurs, surtout dans les années 80, décennie “du capitalisme populaire et gagnant”. Par contre, c’est le contexte de crise qui a sans doute inspiré la sortie actuelle du titre “Panique à Wall Street” avec deux gagnants à la clé : celui qui vend et celui qui achète ! Même s’il s’agit surtout d’un jeu d’ambiance, on y retrouve pas mal de bonnes et de mauvaises surprises de la vraie vie de trader, avec des cours qui s’envolent ou qui plongent et le risque de banqueroute à la clé. Mais, évidemment, c’est pour du faux…

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