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20/01/2013

Le Stuyvenberg, lieu de paix

La Libre, Momento, vie de château, StuyvenbergLa demeure de la reine Fabiola est d’une grande simplicité, néo-classique d’esprit. Le parc est grand et piqué d’anciennes dépendances. La “ferme rose”, nommée “Le Schoonenberg”, est la résidence des princes et archiducs.

Ph. Fy.


DERRIÈRE LE PUISSANT monument commémoratif du roi Léopold Ier, on trouve à droite deux parcs ceints de végétation ou de murs selon les endroits. A droite en tournant le dos au château de Laeken, se trouve la maison privée du roi et de la reine, jadis nommée “Pavillon de Walckiers”, du nom d’un vicomte de ce nom qui en était propriétaire. A gauche, se situe le Stuyvenberg, légèrement en contrebas et dont la vue se dirige vers Bruxelles et Koekelberg. Le château ancien, partie la plus antique de tout le site de Laeken, abrite les bureaux de la Maison de la Reine. Un peu plus au Nord se trouve la résidence actuelle des archiducs Lorenz et Astrid. On nomme leur villa, construite il y a à peine plus de quinze ans, le “Schoonenberg”. C’était le nom du château de Laeken. Et c’est Léopold Ier qui fit de l’ancien château, dont une pierre porte la date de 1713, une ferme pour desservir le Stuyvenberg. Le roi venait d’acheter cette propriété pour une certaine personne que nous citerons par la suite.
 
 
Le Stuyvenberg dispose d’une histoire bien connue que l’historien de la Ville de Bruxelles, Alphonse Wauters, a donnée dans les années 1860. Les terres locales appartenaient à la famille Sirejacob, dont les membres se faisaient appeler seigneurs de Laeken. Or il semble qu’il y avait sur ce village pas moins de sept terres seigneuriales. C’est en 1725 que le couple formé par Marie-Anne Sirejacob et le vicomte Jérôme-Balthasar de Roest d’Alkemade entreprit la construction d’une résidence sur un lieu connu pour produire beaucoup de poussière. L’aménagement d’une maison et d’un parc mit fin à ce souci, s’il en fut un. On ne sait trop à quoi ressemblait cet édifice.
 
En 1796, le bien passa par héritage à François de Leeu de Moorsele, dont la mère était une Sirejacob. Le petit-fils de ce François, lui aussi prénommé François mais baron de Wolff de Moorsele, avait hérité du domaine, ce qui l’autorisa à le vendre le 8 novembre 1829 à Marc-Julien Deby, devenu un peu plus tard mayeur de Laeken. Deby semble avoir édifié l’actuel château du Stuyvenberg. Le 12 août 1840, Marc-Julien Deby vendit son bien agrémenté de 25 bonniers de terres plus les dépendances au gouvernement belge, contre la très forte somme de 200 000 francs, dit Wauters. D’autres sources signalent que le territoire fut vendu en 1850 seulement à Jean-Michel Huhleim, qui le vendit dès 1851 directement au roi Léopold Ier ou plutôt même à une gente damoiselle qui n’avait pas l’âge de ce genre de conquête territoriale. Sans doute Huhleim était-il un homme de paille.
 
Le roi qui achetait énormément de terres (on lui doit Retie et l’essentiel des forêts de Ciergnon) était fortement intéressé à la chose, d’une part car le site était très proche de son domaine royal et qu’ensuite il voulait mettre à l’écart de Bruxelles sa maîtresse Arcadie Claret (1826-1897), fille d’un lieutenant-colonel et d’une Gantoise. Le roi s’éprit de la jeune fille quand elle avait à peine dix-sept ou dix-huit ans, vers 1842-1844. Arcadie devint en 1845 l’épouse officielle de Ferdinand Meyer, veuf et déjà père de trois enfants; il était au service de Sa Majesté. Ferdinand reconnaîtra les deux fils nés des amours du roi et d’Arcadie, à savoir Georges-Louis né à Liège en 1849 et Christian, né ici en 1852. Ils furent titrés baron von Eppinghoven (titre saxon).
 
A la mort de Léopold Ier, Arcadie quitta la Belgique pour un domaine que Léopold Ier lui avait acheté à Holzheim, près de Düsseldorf, sur ses fonds personnels. Arcadie disposait là de 170 ha, sur des terres dépendant jadis de l’abbaye d’Eppinghoven, d’où le titre précité. Du coup, le domaine du Stuyvenberg ne fut plus habité et il fallut attendre 1889 pour que Léopold II rachète officiellement cet endroit de qualité afin de l’intégrer dans ses biens. Cette terre fut incluse dans la Donation royale.
 
 
En 1929, le prince Léopold s’y installa avec Astrid. Ici naquirent Baudouin et Albert. Au décès d’Astrid, le roi Léopold s’installa au château de Laeken. Le Stuyvenberg connut alors une nouvelle période de vide jusqu’à l’arrivée de la reine Elisabeth en 1951. Elle y restera jusqu’à son décès en 1965. Alors le domaine fut utilisé par le ministère des Affaires étrangères pour y recevoir des hôtes de marques et par le Premier ministre. C’est là que furent passées des journées bien longues par le gouvernement Tindemans dans le cadre des négociations du Pacte d’Egmont. Wilfried Martens en fait part dans ses mémoires. La reine Fabiola y réside depuis 1996.
 
 
Ph.: Belga

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