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20/01/2013

Paradis sur mer

La Libre, Momento, Escapade, Australie, Whitsunday IslandsL’Australie regorge de plages de cartes postales et autres criques désertes, propice à des vacances reposantes et réussies. Les îles Whitsunday offrent pareille félicité, avec, au loin, la Grande Barrière de Corail en toile de fond. De quoi se ressourcer et oublier, le temps d’une échappée, hiver et dur labeur.

Down under: Frédérique Masquelier

IMPOSSIBLE DE NE PAS SE LANGUIR d’un jour pouvoir tremper ses orteils dans une eau cristalline, en glissant distraitement les mains dans un sable doux et blanc, nonchalamment submergé par la chaleur, un sourire béat aux lèvres, le regard perdu dans le Grand Bleu. C’est, très certainement, le rêve de tout Nord-Européen normalement constitué… surtout quand le temps vire au gris – voire au blanc – et que la seule source de chaleur à disposition rayonne du foyer, autour duquel on se presse, le soir venu, après une longue journée de boulot. Lorsque pareils fantasmes se font de plus en plus insistants, il est temps de prendre ses cliques et ses claques et de s’envoler pour l’Australie, où – la vie est injuste – l’été bat son plein.
 
 
Avec près de 30 000 kilomètres de côtes à disposition (en ce-compris ses territoires extérieurs), l’Australie ne manque pas de plages paradisiaques. Parmi elles, la reine de beauté et ses dauphin(e)s se rencontrent au cœur des quelque 90 îles et îlots qui composent l’archipel des Whitsunday Islands, à une dizaine de kilomètres au large des côtes du Queensland, l’état le plus ensoleillé du territoire australien.
 
Situées sur le même parallèle que Rio de Janeiro et Tahiti, les îles Whitsunday sont, pour la plupart, inhabitées. A l’exception de quatre d’entre elles – Dent, Hamilton, Hayman et Daydream Island –, toutes ont, intégralement ou en partie, le statut de “national parks”, de réserves naturelles sur lesquelles veille jalousement le gouvernement australien. Pour mieux découvrir ces oasis auréolées de sable blanc perdues au milieu de la mer de Corail, le grand chic consiste à zigzaguer de l’une à l’autre à bord d’un long voilier, cheveux au vent, le visage tendu vers le soleil. Effet garanti ! On se prendrait presque à vanter les qualités d’un parfum ou d’un spiritueux, tant le cliché est vivace…
 
La tentation est grande, également, de jeter l’ancre. Et pourquoi pas ? Dans la mesure et le respect de certaines conditions, tout qui le souhaite peut faire escale sur l’île de son choix. Et y passer la journée à déambuler dans les forêts humides et les jardins tropicaux, avant de débusquer une petite crique sauvage et projeter d’y passer le reste de l’après-midi à paresser sur la plage, entre deux trempettes. La favorite en la matière est sans conteste Whitehaven Beach, à l’est de Whitsunday Island. Son nom évocateur en dit long… et pour cause, puisqu’elle a été sacrée l’une des plus belles plages au monde. Longue de sept kilomètres et vierge de toute présence humaine, elle est réputée pour son sable d’un blanc aveuglant. Qui plus est, la belle sait se faire désirer – ce qui ajoute encore à son charme. Impraticable par voie terrestre, elle ne se découvre à ses prétendants qu’au terme d’un voyage en bateau.
 
Moyennant l’obtention d’un permis au préalable, il est possible de camper sur certaines plages et, ce faisant, de faire durer le plaisir jusqu’à la félicité d’une nuit étoilée, bercée par le murmure des vagues… et les bruits – légèrement inquiétants – de la faune environnante. Les partisans d’étoiles moins… authentiques et plus… sophistiquées, préféreront accoster sur l’une des quatre îles qui se soustraient à la supervision des autorités australiennes, peuplées de “resorts” et autres lieux de villégiature pour touristes plus ou moins fortunés.
 
Chaque année, des centaines de milliers d’entre eux embarquent à Airlie Beach, porte d’entrée des Whitsundays, pour, à leur tour, goûter au paradis. Mais aussi, et surtout, pour réaliser l’un des points d’orgue de toute “bucket list” digne de ce nom : plonger sur la Grande Barrière de Corail (“Great Barrier Reef”). Les eaux turquoise sur lesquelles flottent ces îlots de cocagne font, en effet, partie intégrante du parc marin (3 600 km) du plus grand récif corallien au monde, classé Patrimoine mondial de l’Unesco. Les spots de plongée sous-marine les plus proches de l’archipel sont à deux heures de bateau seulement, depuis Hamilton Island.
 
Se déployant à quelque 60 kilomètres au large du continent, le “Reef” s’étire sur 2300 kilomètres, depuis le nord de Bundaberg jusqu’au détroit de Torres. Les astronautes qui l’admirent depuis l’espace la décrivent comme “une cicatrice blanche sur la surface de l’océan Pacifique”. A y regarder de plus près, on distingue 2900 massifs coralliens distincts, qui forment cette immense “barrière”, parallèle à la côte australienne. Celle-ci abrite la plus grande biodiversité de tous les écosystèmes de la planète, à une échelle bien supérieure à celle des forêts humides. Il suffit d’un masque, d’un tuba et d’une paire de palmes pour pénétrer l’univers des 1500 espèces de poissons, 400 types de coraux, 4 000 sortes de palourdes et mollusques, 500 variétés d’algues, 1500 types d’éponges et… 6 espèces de tortues qui gravitent autour du Reef.
 
De quoi largement se rincer les mirettes, en se faisant le plus discret possible, même si l’on n’est pas spécialement amateur de plongée.
 
 
La Libre, Momento, Escapade, Australie, Whitsunday IslandsLa Grande Barrière de Corail
La Grande Barrière de Corailfait l’objet de toutes les attentions des scientifiques et d’une protection sans cesse accrue. En effet, les polypes coralliens sont directement menacés par le réchauffement climatique, sans compter les polluants organiques et la pêche excessive. Certains écologistes ont mis en garde les autorités publiques australiennes, prédisant que si la situation se maintient, il pourrait ne plus rester que 5 % à peine des récifs coralliens à l’horizon 2050. Le gouvernement de Canberra s’est mobilisé et, depuis 2004, 33,33 % du récif est en zone protégée – contre 4,5 % auparavant. Il y est interdit de prélever des spécimens de la faune et de la flore. Par ailleurs, les autorités fédérales et régionales (Queensland) se sont unies pour lancer un programme visant à protéger l’eau de la pollution terrestre. Même si les résultats ne seront appréciables que d’ici des années, ces mesures constituent une avancée considérable en matière de protection du récif.
 
 
Ph.: Frédérique Masquelier

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