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21/01/2013

“The Voice”, clap 2e

La Libre, Momento, Derrière l'écran, The Voice, 2, 2013Nouvelle mécanique, nouvelle règle, nouveaux coaches… La seconde saison du télécrochet international “The Voice” revient sur La une. La superproduction – qui avait réuni une moyenne de 500 000 téléspectateurs – devra cette fois concurrencer la version française de TF1. Mardi, à 20 h 20 sur La une.

Aurélie Moreau


ILS FURENT PRÈS DE 3000 À DONNER de la voix lors des présélections de cette seconde édition (lancées le 16 juillet via des auditions en ligne, formulaires ou recherche active de la production). “C’est deux fois plus d’inscrits par rapport à la première saison”, s’était d’ailleurs félicité Jean-Michel Germys, directeur des divertissements à la RTBF. Seuls 130 d’entre eux, âgés entre 16 et 68 ans, ont été sélectionnés pour participer aux auditions à l’aveugle.
Pour rappel, la mécanique de jeu – même si elle subit quelques aménagements (lire ci-dessous) – demeure fidèle au principe fondamental du télécrochet : à travers trois phases d’élimination (auditions à l’aveugle, duels et directs), un jury formé de quatre coachs devra amener ses poulains jusqu’à la victoire.
 
Une nouvelle mécanique
 
Deux nouveaux coaches. La Québécoise Natasha Saint-Pier (lire l’interview ci-contre) et Marc Pinilla (chanteur du groupe Suarez) remplacent les jurés Lio et le groupe belge Joshua. Ils rejoignent Quentin Mosimann et B.J. Scott, toujours en poste. Adrien Devijver, quant à lui, interviendra désormais dès les auditions à l’aveugle auprès de Maureen Louys, qui conserve les rênes de l’émission.
 
Une nouvelle règle : le talent volé. Lors des duels, les “sing-off” imposaient à certains candidats – qui avaient pourtant convaincu – de s’affronter à nouveau. “Cette formule, que certains jugeaient trop cruelle, est désormais supprimée”, explique Jean-Michel Germys.
Talpa (société de production néerlandaise détentrice des droits du télécrochet dont elle est la créatrice) impose donc une nouvelle règle : le “talent volé”. “Durant les duels, chaque coach pourra voler deux talents aux autres coachs. Ce qui génère une dynamique plus positive”, poursuit le responsable. “Aussi, l’année dernière, seules deux des quatre équipes intervenaient dans chaque direct. Cette année, un ou plusieurs talents de chaque équipe chantera à chaque émission.
 
Plus de vécu. La superproduction – qui avait réuni jusqu’à 700 000 téléspectateurs (soit 52,2 % de pdm) – s’était toutefois essoufflée, en fin de parcours. Pour ne pas reproduire ces écueils d’audience, la RTBF modifie la mécanique de jeu. D’une part, la seconde saison ne compte plus 17 mais 16 rendez-vous hebdomadaires qui – pour renforcer le côté “télé-réalité” – accueilleront davantage de séquences filmées sur “la passation du savoir entre coachs et candidats, confessions face caméra, etc.”
Enfin, celui qui succédera au gagnant de la 1re saison, Roberto Bellarosa (prochain candidat belge à l’Eurovision) issu de l’équipe de Quentin Mosimann, signera un contrat d’artiste avec Universal (et non plus avec Sony Music). Sans oublier la voiture dont nous ne citerons ni la marque ni le modèle. En revanche, Endemol assure toujours la production exécutive tout en recourant aux équipes et au matériel de la RTBF.
 
Quelques incertitudes à épingler
 
Une concurrence française de taille. L’année dernière, La une était parvenue à diffuser la première saison de “The Voice” avant TF1. Mais il n’en sera pas de même cette année. Programmé le samedi 2 février en prime-time, le 1er numéro de la version française n’entrera certes pas en collision frontale avec “The Voice” Belgique (programmé les mardis soirs) mais elle laissera en tout cas planer quelques doutes sur les prochains résultats.
 
L’interdiction du placement de produits. Le nouveau contrat de gestion de la RTBF (2013-2017), signé et approuvé le 12 décembre 2012, interdira le placement de produits en juillet 2013. Or, cette forme de publicité commerciale permettait à la RTBF de financer en grande partie l’émission. Cette deuxième saison, qui s’achèvera début mai, échappe de justesse à cette restriction. Mais quel sera l’impact sur la prochaine saison, si troisième édition il y a ?
 
 
 
La Libre, Momento, Derrière l'écran, The Voice, 2, 2013PLAIRE AU PUBLIC AVANT TOUT
 
Natasha St-Pier est, avec Marc Pinilla, chanteur du groupe Suarez, une des deux nouvelles recrues parmi les coaches pour la saison 2 de “The Voice”.
 
Contrairement à l’intitulé de l’émission (“The Voice”), le gagnant n’est pas spécialement celui qui a la plus belle voix…
Si on n’a pas une chanson qui plaît aux gens, une très belle voix peut passer inaperçue. Cela fait partie du métier. Après, il y a aussi le travail de diffusion par les médias.
 
Lors des télécrochets qui prenaient place dans les années 60, on pouvait éventuellement appeler pour le même concurrent 4 ou 5 fois et cela en restait là. A notre époque, les réseaux sociaux jouent un rôle tout à fait autre…
Oui, en même temps, ce sont eux le public. Il ne faut pas oublier que, quand on fait de la musique, on le fait, certes pour soi, mais aussi pour le public. Si on ne prend pas en considération ce dernier, autant chanter dans sa salle de bain.
 
Et pourquoi pas inverser la tendance ?
J’ai envie d’offrir de la qualité. Je ne vais pas essayer d’imposer quoi que ce soit parce que ce n’est pas ma carrière que je défends. Ce que je m’impose à moi, c’est de toujours faire de la qualité. Il y a plusieurs paramètres à prendre en considération pour faire les bons choix : trouver quelque chose qui me plaira, que les talents apprécieront et qui retiendra l’attention du public.
 
Dans la variété ou dans le classique, les techniques sont fort différentes. Cela peut être un handicap d’avoir une formation classique et de se présenter à “The Voice”…
J’ai rencontré aussi des problèmes. Dans le chant classique, il ne faut pas avoir de souffle dans la voix. Il faut le son pur, propre. Quand j’ai commencé à travailler avec Pascal Obispo, il me disait : “Mets de l’air dans ta voix”et je n’y arrivais pas.
 
A un certain stade de l’émission, on assiste à des duos. Vous, avec quel artiste rêveriez-vous de réaliser un duo ?
Ce n’est plus possible aujourd’hui, mais j’aurais rêvé de faire un duo avec Whitney Houston. Pour moi, c’est la plus grande voix que j’ai pu entendre.
 
Et avec un artiste encore en vie ?
Au jour d’aujourd’hui, il s’agit d’une artiste belge : Selah Sue.
 
Pensez-vous qu’elle aurait pu passer par “The Voice” ?
Pourquoi pas ? Elle est arrivée totalement autrement, mais comme elle possède une voix qui intrigue, si elle s’était présentée, elle aurait retenu l’attention. Outre sa voix, elle a un placement, une rythmique. En blind test, cela se perçoit, le groove.
 
Quelle expérience pensez-vous retirer de votre rôle de juré et coach ?
Cela va peut-être m’amener à avoir du tact. Je veux être honnête dans mes jugements. Je n’ai pas envie de blesser les gens. Je n’ai pas non plus envie de leur mentir. Je veux leur dire la vérité, mais de manière délicate.
 
Entretien: Marie-Anne Georges
 
 
Ph.: STÉPHANE LARUELLE

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