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02/02/2013

Dubaï ou la folie des grandeurs…

La Libre, Momento, Escapade, DubaïEldorado touristique, Dubaï ne jure que par l’extravagance et la démesure. Plongée au cœur de cette cité devenue 8e ville touristique du monde, avec plus de 9 millions de visiteurs internationaux en 2011.

En pays imaginaire: Slim Allagui

IDRISS ET NADIA, UN JEUNE couple français en voyage de noces, se promènent dans les couloirs de l’Atlantis The Palm, un château de la Belle au bois dormant, sorti tout droit de Disney World, posé sur une bande de sable d’une île artificielle en forme de palmier dans l’eau bleu turquoise du Golfe arabique.
A 500 euros la nuit dans ce cinq étoiles féerique de 1373 chambres et 166 suites, le couple n’a pas hésité : “Nous voulions un peu de rêve, et nous avons choisi Dubaï pour notre lune de miel, pour voir ce pays de la démesure, aux chantiers pharaoniques dont on parle tant. Regardez cet hôtel et vous comprendrez !”, dit Idriss.
Sans oublier le shopping, car Dubaï serait une caverne d’Ali Baba !”, ajoute, avec clin d’œil Nadia, qui a “hâte de découvrir les malls” de la ville, des centres commerciaux parmi les plus grands et les plus luxueux du monde, qui attirent notamment en janvier, mois d’un festival des soldes, des centaines de milliers de visiteurs du Moyen-Orient, d’Asie et d’Europe.
 
Dans le hall au décor impressionnant de 18 mètres de haut, au dôme habillé de fresques du célèbre espagnol Albino Gonzalez, des femmes habillées en abaya, tenue noire des Emiratis, sac Chanel à la main, se prennent en photo devant un bassin d’où émerge une sculpture en verre de 3 000 pièces multicolores de l’artiste américain Dale Chihuly.
Des enfants, habillés dernier cri, sont affalés sur des sofas design, les yeux rivés sur leurs tablettes à côté d’ados en shorts, l’oreille collée à leurs portables.
 
Posé comme un écrin sur le croissant de Jumeirah Palm Island, l’une des trois îles artificielles de Dubaï, l’Atlantis, du nom de la mythique cité engloutie, l’Atlantide, est l’une des grandes attractions de l’émirat.
Une foule cosmopolite se presse devant un aquarium gigantesque, construit 18 mètres sous la mer, où 65 000 poissons et animaux marins cohabitent en pleine harmonie, et Aquaventure, un parc aquatique de 17 hectares aux paysages tropicaux avec des toboggans qui vous propulsent, en toute sécurité, dans des lagons remplis de requins.
On se sent retomber en enfance !”, confie Angela Morelli, une Italienne venue avec ses enfants ébahis par ce parc plein de sensations fortes. Une sensation qui a son prix dans cet hôtel où les suites les plus chères atteignent 35 000 dollars la nuit, comme Neptune et Poseidon, immergées dans un lagon aux poissons multicolores. Un must ! Le luxe n’a pas de prix. “Je vous la réserve ?”, nous demande, non sans malice, Malin Eriksson du service marketing, en faisant une visite de ces lieux magiques “qui trouvent preneurs, sans problème”. Comme les propriétés de luxe disséminées sur les branches de Palm Island, appartenant entre autres à des stars du cinéma, du sport et de la politique, à l’instar de Brad Pitt, Robert De Niro, David Beckham, Tiger Woods ou Bill Clinton.
 
Le luxe est la marque de fabrique de Dubaï et une volonté délibérée des Maktoum, la famille régnante de cet émirat de 2 millions d’habitants, dont 80 % d’étrangers, qui a très peu de pétrole, et qui a misé depuis 20 ans sur les projets immobiliers les plus audacieux pour attirer le monde des affaires et le tourisme haut de gamme.
Le but : faire de Dubaï la Riviera du Moyen-Orient, un havre de paix et de divertissement sûr dans une région agitée, devenue le refuge des riches voisins, notamment des autres pays du Golfe et de l’Arabie saoudite, qui viennent s’y prélasser et placer leur argent. “C’est Las Vegas et Singapour réunis. Avec un zeste de magie moyen-orientale”, constate un voyagiste.
 
La Libre, Momento, Escapade, DubaïA Jumeirah, le quartier le plus opulent de la ville, les villas des nantis cachées derrière de hautes murailles et les hôtels les plus luxueux, à l’architecture époustouflante, s’égrènent le long des plages paradisiaques, à l’instar de Burj Al Arab, le seul 7 étoiles de la planète. Emblème de Dubaï, en forme de voile de bateau, bâti sur une île artificielle, il est le symbole et la fierté de l’émirat avec ses 202 suites jusqu’à 30 000 dollars la nuit et son terrain d’atterrissage pour hélicoptère sur le toit. Pour y pénétrer, il faut montrer patte blanche : y résider ou y boire un thé ou dîner avec un minimum de consommation de 25 euros. A l’intérieur son atrium est grandiose, son jet d’eau magique et sa vue du 25e étage, à 180 degrés exceptionnelle. “Le must du must” dans une orgie de luxe incomparable.
 
Tout est fait pour satisfaire les goûts les plus exigeants avec des centres commerciaux au décor tape-à-l’œil, comme Dubaï Mall – le plus grand du monde – où toutes les enseignes de luxe se sont donné rendez-vous, ou Mall of Emirates avec ses pistes de ski artificielles en plein désert. “On trouve tout à Dubaï et tout est démesuré, extravagant”, estime Hans Jensen, un touriste danois attablé, une Leffe à la main, au Belgian Beer Cafe au Souk Madinat Jumeirah, un dédale de bars et restaurants le long de l’eau.
 
Hans est venu, comme nombre d’autres touristes, avec femme et enfants goûter le 24 décembre à l’ambiance de Noël au centre de la Madinat décorée comme un paysage nordique avec petits cabanons de bois, sapins saupoudrés de neige et Santa Claus avec ses lutins, son traîneau et ses rennes sur fond de chansons de Noël.
 
 
Mais pourquoi Dubaï, à 6h30 de vol de l’Europe, est-elle devenue en deux décennies un tel aimant touristique, et comment ce coin perdu de pêcheurs et d’éleveurs de perles dans les années soixante s’est transformé en 8e ville touristique du monde, avec plus de 9 millions de visiteurs internationaux en 2011, et quelque 5,1 millions au premier semestre 2012 ?
 
Le cheikh défunt, Rached Al Maktoum avait vu juste en décidant, dans les années 60, de faire construire au bord d’une plage déserte un grand port artificiel à l’est de Dubaï, Jebel Ali, une des zones franches les plus courues de l’émirat. Son fils, l’émir actuel, Mohamed ben Rached, poursuit le même chemin visionnaire.
 
Dubaï est catapulté en moins d’un quart de siècle en une plaque tournante du commerce international de la région, une place financière et un eldorado touristique. Les gratte-ciel, à l’architecture audacieuse, abritant hôtels, bureaux et magasins s’égrènent comme un chapelet le long des autoroutes à 8 voies, témoins de la réussite spectaculaire du territoire, bâti il est vrai grâce à une main-d’œuvre indienne et asiatique à bas salaires.
 
Puis le rêve a failli disparaître dans le sable du désert. La crise financière internationale de 2008 avait acculé l’émirat lourdement endetté au bord de la faillite à la suite de l’éclatement de la bulle immobilière. Il a fallu un prêt de 25 milliards de dollars d’Abou Dhabi pour sauver Dubaï de la catastrophe. C’est pourquoi, la tour la plus haute du monde, Burj Dubaï, de 829 mètres, a été renommée Burj Khalifa, du nom de l’émir d’Abou Dhabi… en guise de reconnaissance.
 
Trois ans après la crise, la confiance est revenue. Les touristes et les hommes d’affaires aussi. Les chantiers immobilisés ont recommencé à revivre et les méga-projets sont sortis du placard, comme celui d’un hôtel sous la mer ou la reprise de la construction de 300 îles artificielles formant la carte du monde. Une folie des grandeurs sans fin.
 
 
Ferrari World
 
Pour les férus de Formule 1, il suffit de 50 min. de voiture depuis Dubaï pour atteindre Ferrari World, sur l’île de Yas à Abou Dhabi, l’émirat voisin. Dans ce plus grand parc à thème couvert du monde, couvrant 200 000 m², les amateurs de la célèbre marque à l’étalon cabré peuvent s’en donner à cœur joie.
Ouvert en novembre 2010, jouxtant le circuit de Formule 1, le parc offre une vingtaine d’attractions, dont un grand-huit à couper le souffle qui vous propulse de 0 à 100 km/h en 1 seconde et 240 km/h en moins de 5 secondes. Le must est d’essayer la conduite sur simulateur à bord d’une Ferrari pour se sentir dans la peau d’un pilote de course, ou de se prendre en photo au volant de ce bolide légendaire.
 
 
Ph.: S. Allagui

15:44 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, escapade, dubaï | |

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