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05/02/2013

Hulsberg, fierté lossaine

La Libre, Momento, Vie de château, HulsbergLa capitale du comté de Looz semble avoir été protégée par une puissante demeure castrale située à Hendrieken. Il n’en reste rien. Le château actuel a un peu plus de cent ans.

Philippe Farcy


HULSBERG, JADIS AU PAYS de Liège, comté de Looz, se situe à moins de trois kilomètres de la capitale de l’ancien comté, à savoir Looz, que les Flamands nomment Borgloon. Sur la route menant à Saint-Trond, Hulsberg est immanquable car la propriété est largement isolée et que, surtout, elle pointe avec ses deux tours, dont l’une est un vrai donjon, vers les nuages. Et d’autant plus que le sol se trouve à 108 mètres d’altitude. Nous sommes à Hendrieken, à un jet de pierre de Voort où trônait le superbe château des barons de Tornaco, détruit par la chute d’un bombardier américain en 1944 (le domaine est toujours dans leur descendance).
 
Dans cette Hesbaye limbourgeoise, le moindre arbre qui dépasse se repère facilement. Borgloon est également placée sur une petite colline, mais la vue de Hulsberg vers le Sud, et donc vers Voort, est absolument superbe et très dégagée. Vers le Sud, on balaye des paysages qui vont de Hex (aux d’Ursel) à Heers (toujours aux Desmaisières) et même Oreye. Les cultures par ici sont fruitières. Le Limbourg est un des trois “pays” principaux au monde en ce domaine, pour la pomme notamment. Dans l’autre sens, depuis les chambres, on regarde vers Kuttekoven où se trouvent un château éclectique et une ferme ancienne où figurent, visibles de la voirie, des armes Merode. C’est sans doute une ferme abbatiale. Plus loin encore pointent les tours du château-restaurant de Rullingen. Et on n’est guère éloigné de la très belle abbaye de Kerniel et des châteaux de Gors. La région est donc d’une richesse patrimoniale incroyable. Il y a, en ce paradis du vélo, des centaines de kilomètres de balades possibles. Et ce coin du Limbourg est truffé de gîtes à la ferme, en particulier.
 
 
Hulsberg en tant que château n’est pas repris par Saumery dans ses “Délices du Païs de Liège”. Il n’en restait sans doute pas grand-chose vers 1740 quand ces célèbres volumes sortirent de presse. Ce qui ne veut pas dire que rien n’a existé en ce lieu. Le site du patrimoine de la région flamande parle d’un reste de donjon qui aurait servi d’appui au château actuel. Le même site évoque une affectation religieuse, ce qui expliquerait la présence de la petite chapelle dédicacée à Notre-Dame de Lorette, postée en contrebas du château vers Voort. La chapelle, comme le château, est classée depuis le 9 juin 2004. La protection s’applique également au potager et à ses murs, plus quelques arbres. La chapelle date de 1689 et fut construite à la requête de Nicolas Poilvache. Celui-ci était le doyen du chapitre de Looz (Borgloon) et il avait fait le pèlerinage de Lorette. Ce petit édifice est évidemment la partie la plus ancienne du site. La chapelle est également sépulcrale et elle abrite, entre autres, les dépouilles des avant-derniers propriétaires, le notaire André Houyet et son épouse née Chantal Jadoul, une des dames les plus élégantes de Liège en son temps. Le notaire, qui a fini d’exercer en 1984 en son étude à Liège, avait hérité du domaine par les bontés de Madame Jo Vandionant, née Marthe Bricteux, peut-être. Elle était la grand-mère du notaire Houyet. Or ce sont les Bricteux, branche issue d’un notaire lui aussi et Liégeois pareillement, qui firent édifier cette imposante demeure.
 
Le château se voit en partie de la route nationale et, comme illustré ci-dessus, depuis le Sud quand on contourne le domaine par Voort pour rejoindre la chapelle castrale. Entouré de culture en partie fruitière, le château domine son monde avec une très belle ampleur.
 
 
Il date donc de 1882. Il aligne pas moins de sept travées inégales, calées à l’Est par une tour d’angle engagée circulaire qui monte sur trois étages sous une puissante corniche soutenant une toiture à six pans. L’autre flanc est limité par le donjon de quatre niveaux, le dernier sur encorbellement et terminé par une haute toiture en pavillon piquée de quatre tourelles carrées en échauguette. Le donjon n’a plus que la forme de son nom. Il n’en a pas l’usage comme en témoignent les très grandes baies, dont deux en bow-window, qui le percent. L’ensemble construit en briques, repose sur un soubassement de pierre ajouré.
 
On ne visite pas.
 
 
Ph.: Ph.Fy.

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