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11/02/2013

Rester authentique

La Libre, Momento, Autoportrait, Willy TaminiauxWilly Taminiaux est un ancien homme politique. Il est aujourd’hui président de la section du Centre de l’AFrAHM (Association Francophone d’Aide aux Handicapés Mentaux), asbl qui soutient les personnes déficientes intellectuelles.


WILLY TAMINIAUX EN 6 DATES

17 décembre 1939 : je suis né à Ecaussinnes – le pays de l’amour – avant la Seconde Guerre mondiale. Quelques minutes après Fredy, mon frère jumeau. Des jumeaux ! Normal : papa était typographe…

Septembre 1958 : après des études d’instituteur à l’Ecole normale provinciale de Morlanwelz, j’ai enseigné (à 18 ans et demi) en 6e primaire; certains élèves – qui attendaient l’âge de 14 ans pour aller travailler – étaient presque aussi âgés que leur instituteur. La classe comptait 35 élèves et nécessitait la mise en œuvre d’une pédagogie active et participative qui laissait peu de répit mais ouvrait de belles voies citoyennes.

1964 : mon mariage avec Anne-Marie. Cette année-là, je me suis également beaucoup investi à Houdeng-Goegnies, aussi bien pour les activités extrascolaires que pour la solidarité. En juin, sous l’impulsion de mon frère Fredy et de moniteurs de la plaine de jeux communale, nous avons créé “Vraies Vacances”, association que j’ai animée pendant 15 ans.

Années 1970-80 : j’ai œuvré successivement en tant que membre de la Commission Enseignement spécial de l’Union des Villes et Communes belges, puis à ce titre, militant actif d’un groupe essentiel à mes yeux, “le groupe pluraliste de l’Enseignement spécial” qui, sous l’égide de Reine-Marie Braeken, unissait dans un même combat des directions du “Libre confessionnel”, du “Communal”, du “Libre laïque”, du “Provincial” et de la “Communauté française”.

1989-1990 : fondation et présidence des asbl “Edelweiss” (1989), service d’accompagnement pour personnes handicapées à Houdeng-Goegnies, et “Le Service d’Aide précoce” de l’AFrAHM (1993) qui font preuve d’un dynamisme très efficace, malgré des moyens très limités.

2007 : j’ai été contacté par une délégation de l’ETA Deneyer (anciennement Atelier protégé L’Espoir) pour présider le conseil d’administration. J’ai accepté.


UN EVENEMENT DE MA VIE

La 2e Triennale de l’Art Hors Normes, organisée par l’AFrAHM, commence le 6/2 au château de Seneffe. Ce projet de triennale est né et a mûri suite à un voyage en Suisse et à la découverte de la Collection de l’art brut, à Lausanne, en 2004. La manifestation, présentant des créations émanant d’artistes singuliers, s’est ainsi fait jour. Elle se concrétise en 2010 à travers l’exposition Regards dans l’Art Hors Normes. Par cette deuxième triennale, “Reflets de Vies”, nous cheminons dans l’extraordinaire parcours que nous a préparé Mélanie Papia. Nous permettons ainsi à celles et ceux qui recourent à l’art d’être valorisés, reconnus, et à celles et ceux qui découvrent ces œuvres de vibrer, de s’enrichir d’émotions nouvelles. Une visite à la lumière de “reflets de vies”.
J’ai passé ma vie à créer, à servir, mais les agissements que j’ai dû subir ont miné ma fin de carrière politique et même, sans excès, ma fin de vie… Pendant une vingtaine d’années, malgré des obstacles bien naturels, j’ai été heureux en politique, mais comme m’a dit un ami : “Si tu étais resté ministre, tu aurais évité de venir t’abîmer à La Louvière.” Mais, tout simplement, j’ai fait mon devoir, et surtout, malgré toutes ces agressions de bas étage, j’ai gardé intactes toutes les valeurs qui ont déterminé mon engagement, mon idéal. Vivre ! C’est préserver son authenticité.


UNE PHRASE

“L’authenticité est une richesse qui ne fait pas fortune.”
Fredy Taminiaux
Publié en 1992 dans “Les comptes du petit granit” aux Editions La Taminerie du Meunier.
 
 
TROIS LIVRES
 
“Le Rouge et le Noir”, de Stendhal
Le personnage principal, Julien Sorel est soucieux de s’assurer une place relativement élevée dans l’échelle sociale. Toute son attitude pour y parvenir est un mélange de calcul et de passion parfois très violente. Il sait aussi que la stratégie pour créer son statut social doit rester secrète, prudente et hypocrite. A cette fin, il accepte la fonction de précepteur pour les enfants d’une famille bourgeoise et entreprend la conquête amoureuse de la maman. Après bien des rebondissements dramatiques l’amour reste jusqu’à la mort au détriment de l’ambition sociale.
 
 
“Le cri de la mouette”, d’ Emmanuelle Laborit
Emmanuelle Laborit est une personne sourde qui lutte pour la reconnaissance du langage gestuel pour les personnes qui vivent dans une “prison de silence”. En effet, pendant très longtemps les autorités concernées ont privilégié la démutisation pour les personnes sourdes et malentendantes, ce qui n’était pas possible pour tous. A cette époque, sont nés des “patois” gestuels différents selon les familles, les cercles d’amis. Il fallait donc créer un langage gestuel global accessible à tous les sourds.
 
 
“De Gaulle” (4 volumes), de Max Gallo
Le personnage m’impressionnait beaucoup par sa stature, son parcours militaire et surtout politique, son art oratoire, sa vision de la France, mais surtout son refus clair et immédiat d’accepter Vichy et Pétain. Les livres de Max Gallo m’ont appris que de Gaulle a été souvent seul, même dans l’Alliance avec Londres et Washington. De Gaulle dérangeait souvent mais s’est imposé quand même comme représentant de la France à la Victoire finale et difficilement mais certainement pour créer la Ve république. Il affirmait à juste titre que le conformisme n’est pas facteur de progrès et s’en prenait à “tout ce qui grouille, grenouille et scribouille”...
 
 
DEUX LIEUX
 
Gaza,1994
Lors d’une mission organisée par le groupe socialiste du Sénat en Israël, en Palestine, à Gaza, et en Jordanie en 1994, nous nous sommes entretenus avec Shimon Perez et lavons découvert le “mur des lamentations”. Puis, nous nous sommes dirigés vers Gaza et avons pu franchir un “check point”. Le territoire de Gaza ses étendues sablonneuses, sa très fragile urbanisation, ses camps de réfugiés, juxtaposant la luxuriante Tel Aviv, la pauvreté de la population et surtout des enfants, l’environnement abandonné aux déchets, le peu de moyens affectés une politique de santé ont suscité chez moi un puissant sentiment d’injustice, de révolte. Signe d’espérance, nous avons visité, avec grande émotion, un kibboutz accueillant des Israéliens et des Palestiniens. Comme quoi une entente est possible ! C’était “Givat Haviva”. Des années plus tard j’ai confié cette information à un ancien colonel israélien en visite pour affaires dans notre région. Il a contesté cette information... Comme quoi...
 
 
Moscou, 1990 - 2008
J’ai effectué deux voyages à Moscou et à Leningrad (Saint-Pétersbourg). En 1990 c’était la Perestroïka. Chaque Sénateur PS qui apportait sa contribution financière pouvait participer à cette mission historiquement importante conduite par Roger Lallemand. En gros, de la part des Russes la demande était grande d’entrer dans “la maison Europe”. Ensuite visite de musées, spectacles folkloriques, découverte de Zagorsk, le “Vatican Orthodoxe”... Le sentiment religieux est très présent en URSS. L’ensemble de cette mission fut extrêmement instructive et montrait clairement l’évolution du système en place. Nous avons eu l’occasion mon épouse et moi de retourner à Moscou et Saint-Pétersbourg avec l’Association PRO LEGE, en 2008. Quel changement ! Les larges boulevards qui étaient presque vides en 1990 devenaient en 2008 de très larges voies de pénétration à 8 bandes de circulation bien remplies, notamment de grosses voitures de luxe (Maserati, Mercédès, Ferrari...). Une chose était claire : il y a maintenant une classe de très riches en Russie qui n’est donc plus l’URSS. Il semble que la PRAVDA ait disparu de même que le KGB. Mais les gens ?!
 
 
TROIS PRODUCTIONS
 
“Le maître de musique”, de Gérard Corbiaux
Ce film qui touche les zones les plus sensibles de l’âme humaine valorise les sentiments de droiture, de correction des artistes face à l’altérabilité de la renommée. L’art soutient la qualité et ne supporte pas l’éphémère eût-il connu ses heures de gloire ! Il montre aussi combien cette confrontation peut être âpre, dure, sans merci, sans complaisance.
 
 
“Les enfants des autres”, de Gérard Corbiaux et André Dartevelle
Le reportage RTBF diffusé dans le cadre de l’émission “9 millions neufs” en 1973 fêtera bientôt son quarantième anniversaire. Il reste sans doute d’actualité. J’en étais le personnage central en tant qu’instituteur dans une classe d’enseignement spécial annexée à l’enseignement primaire ordinaire mais aussi en tant que personne assurant seule les revenus pour un ménage de 4 personnes. Portrait sans fard qui fit l’objet de critiques positives unanimes.
 
 
“Shalom – Salam”, de Claude Lebrun et Josy Dubié
Il s’agit également d’un remarquable reportage de la RTBF diffusé dans la même émission à la même date. Ici également, la liaison avec l’actualité mérite une reprise pour un éclairage historique. En effet, cette séquence mettait en scène deux enfants à Bruxelles, un Israélien et un Palestinien. Tous les deux aspiraient à une entente cordiale entre les deux peuples. On sait que la situation n’a pas évolué vers la paix. Que sont devenus ces enfants, adultes d’âge mûr aujourd’hui ?
 
 
UNE DATE
 
Le 26 août 1789
En France, l’Assemblée Nationale Constituante, a voté la “Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen” et ce, après avoir aboli quelques jours plus tôt la Féodalité. Ainsi aux Nations Unies, l’Assemblée Générale a voté le 10 décembre 1948 la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, malgré notamment l’abstention de l’URSS.
Ces documents législatifs forment la base des dispositions sociales de nombreux pays d’Europe et du Monde.
 
 
Ph.: Johanna de Tessières

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