Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

17/02/2013

Petits meurtres entre amis

La Libre, Momento, Ludo, jeux de société, enquête, crime, cambrioleurCrimes, enquêtes et déductions. Les experts, c’est vous.

Yves Cavalier


LE MONDE DU POLAR a inspiré pas mal de jeux de société, à commencer par le très classique “Cluedo”. Créé en 1949 et édité aujourd’hui sous de multiples formats par Hasbro, ce jeu d’enquête s’inspire très intelligemment de l’univers d’Agatha Christie. Qui a tué le docteur Lenoir, avec quelle arme et dans quelle pièce du manoir Tudor ? Trois paramètres et un peu d’imagination suffisent à transformer une matrice mathématique en jeu à succès, toujours efficace.
 
Et cette systématique de la déduction, on la retrouve dans pas mal d’autres jeux plus ou moins inspirés de la même logique. On pourrait citer “Orient Express” (Jumbo). Même logique et mêmes déductions, mais, cette fois, les éléments de l’enquête sont dispersés dans les wagons du célèbre train, et des scénarios différents sont proposés à chaque partie. C’est plus complexe, plus prise de tête et, finalement, moins ludique, mais ce fut tendance fin des années 80. Et puis, on ne peut passer sous silence ce fameux “Scotland Yard” (Ravensburger) qui date de la même époque, mais avec une trame de jeu nettement plus fun. Les joueurs se lancent à la poursuite d’un brigand qui se déplace dans Londres en métro, en bus ou en taxi. Un joueur seul contre tous : cela ajoute du piment et le jeu est forcément différent à chaque fois, selon le bluff du lièvre qu’on poursuit et qui cache son regard derrière une superbe visière en carton… Toute une époque.
 
Et quitte à remonter dans le temps, évoquons aussi ce jeu de cartes édité à la même époque sous le nom de “221b Baker Street”. Eh oui, le fin limier que vous êtes aura reconnu l’adresse de Sherlock Holmes lui-même ! Il s’agit d’abattre des cartes d’indices en fonction du lieu imposé par le joueur précédent (Londres, campagne, train, fiacre…), tout en essayant d’obliger un joueur à avouer qu’il détient le coupable dans son jeu. Pas tout neuf mais ça fonctionne encore pas mal, et c’est en tout cas en plein dans l’esprit de ce que les éditeurs de jeux nous proposent aujourd’hui.
 
 
Car les jeux qu’ on trouve actuellement sur les étals s’inspirent très fort de leurs ancêtres. Une énigme est établie aléatoirement en début de partie en piochant des cartes au hasard. La phase de jeu elle-même consiste à retrouver les différents éléments cachés. C’est la logique qui mène le jeu.
A côté de cela, il y a les formules où le crime n’est qu’un… alibi pour se lancer dans un jeu de “tchatche”, de discussion, de persuasion… et de rigolade. Et puis, il y a quelques perles originales qui, parfois, ne paient pas de mine, et qui mériteraient pourtant qu’on mène l’enquête. Quelques indices pour vous inspirer…
 
 
La Libre, Momento, Ludo, jeux de société, enquête, crime, cambrioleurDU MYSTERE, DES MOINES ET DES ASSASSINS
 
C’est dans les abbayes qu’on commet les meilleurs crimes…
 
Une question d'ambiance, sans doute… Toujours est-il que les abbayes ont inspiré pas mal d’auteurs de jeux en quête d’espaces mystérieux pour y exécuter leurs cadavres exquis. Il y a une dizaine d’années, l’éditeur Days of Wonder proposait “Mystère à l’abbaye”. Le titre n’allait pas vraiment faire un malheur, mais il avait le mérite de rajeunir le genre et de s’attirer la sympathie de tous les fanatiques de “Cluedo”. La trame est simple : le père Anselme est mort. Qui l’a tué ? Bonne nouvelle : il ne faut trouver que l’assassin. Donc, ni le lieu, ni l’arme, ni le mobile… Mauvaise nouvelle : il n’y a pas moins de 24 suspects ! Autant dire que cela va être coton ! Il faudra se lever avant l’aube. Assister à toutes les messes et rencontrer un maximum de personnages pour recueillir indices et informations permettant d’éliminer les non-coupables. N’oubliez pas le crayon… et la gomme ! Mais la mécanique fonctionne assez bien, parce que très conviviale : on se parle, on se passe des cartes, on va fouiller dans les cellules des autres moines en leur absence… Mystère à l’Abbaye reste un bon jeu, et il a été réédité en 2012 !
 
 
A côté, “Mont Saint-Michel” (Drei Magier), taillé dans le même roc, est un peu plus léger mais plus amusant aussi : les pions se dévissent et, au début du jeu, on y glisse secrètement un petit papier avec son nom. Objectif : découvrir qui est qui. C’est sympa, mais si on préfère un jeu un peu plus raffiné avec le même objectif, “Le nom de la Rose” (Ravensburger), inspiré du roman éponyme, offre une palette de subtilités qui font monter la tension et entretiennent le suspense jusqu’à la dernière seconde du jeu, avec un objectif : charger un des autres moines joueurs d’un maximum de soupçons pour l’amener à l’échafaud ! Que du plaisir…
 
 
Ph.: Reporters / Capital Pictures

Les commentaires sont fermés.