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23/02/2013

Coutures italiennes

17_32_32_892835318_pucci_2.jpgLes griffes italiennes ont fait, et font encore, la tendance en matière de mode. Panorama de la couture italienne, de la plus classique à la plus habile au niveau marketing, en n’omettant pas de parler des légendaires couturiers.

Lecture de l’histoire de la mode italienne: Aurore Vaucelle

Pucci
 
Pucci est une marque très italienne, mais aussi individualisée, et, par là même, reconnaissable. Son invention n’était pas préméditée. Poussé par la revue “Harper Bazaar”, qui publie quelques-unes de ses premières créations – des vêtements de sport cependant très séduisants –, Emilio Pucci, marquis italien, lance la marque au début des 50’s. Son idée : développer des tenues de loisirs dans des matières de luxe. Le succès prend vite, en grande partie grâce à Grace Kelly ou Lauren Baccall qui deviennent les emblèmes de la marque, dans leur “palazzo pyjamas”, tenues d’apparat confortables, chargées en couleurs et motifs – une toilette dont la jet-set américaine alors se pare, dans les soirées, le long des piscines hollywoodiennes. On dit que Marylin n’échappe pas à Pucci qui, déjà, sait faire des vêtements légers et sexy. Les stars des 60’s, Liz Taylor, notre sorcière bien-aimée, traversent la décennie en psychédélique Pucci. La marque attend ensuite quelques décennies pour renouer avec le succès, une fois intégrée au groupe de luxe LVMH. Les passages de Christian Lacroix, puis de Matthew Williamson – tous deux adorateurs des motifs et couleurs, à la tête de la création – réveillent la griffe pop, au point qu’elle fait son coming out sur la red carpet.
Ph.: Reporters/MPTV
 
 
17_02_28_195975459_Reporters_014323_005.jpgDolce & Gabbana
 
Domenico Dolce et Stefano Gabbana sont ces deux Italiens qui ont su construire une image de marque au succès incontesté sur la planète mode. L’un est graphiste, l’autre est fils de tailleur, leurs talents se rencontrent en Sicile, lieu qui ne va cesser d’être un point d’ancrage dans leur ligne de conduite esthétique. Venus sur la scène mode à la fin des années 80, les deux hommes proposent une marque unique, presque régionaliste, dans le sens où leur style est habité d’une grande italianité. On retrouve, dans les silhouettes, la paysanne au châle coloré et à la peau tannée, la belle jeune fille en bas noirs – pudeur catholique oblige – ceinte d’une transgressive robe de dentelle noire, les gangsters mafieux mais chics. Le tricot, les couleurs vives, les bijoux en chapelets ravivent les stéréotypes d’une Italie du passé. Une imagerie consolidée dans la publicité de la marque par des vedettes comme Isabella Rossellini ou Monica Bellucci qui insufflent à la griffe un caractère extrêmement sexualisé. Une caractéristique que ne manque pas de saluer Madonna en se faisant habiller par les deux machos D & G, pour ses shows endiablés.
Ph.: Reporters/Crystal Pictures
 
 
17_32_37_051311644_versace.jpgVersace
 
Versace, c’est d’abord deux noms. Gianni et Donnatella. Gianni fonde la marque dans les 70’s. Il a retiré de l’enseignement de sa mère, couturière, et de ses nombreux voyages et contacts avec les artistes, que sa mode à lui se départira de ce que fait la couture italienne à cette époque. Gianni Versace réinvente un style. En exploitant des couleurs électriques, des matières nouvelles, dont le vinyle; en ajoutant fermetures Eclair et clous métalliques, il décomplexifie la mode. Dès les 80’s, il habille le Tout-Hollywood, ses collections, très sexy, sont shootées par
Richard Avedon et portées par les supermodèles qui remplissent les pages des magazines. Ses robes font des carrières – comme celle de Liz Hurley, dans sa robe qui ne tient qu’avec des épingles – et habillent le gotha, à commencer par Diana. Il est, à cet égard, l’instigateur du “Power Dressing”, avec ses collections très chères, très glam’ et très luxueuses. Les stars suivent le pas, dont Madonna. Ce qui va à Gianni V. qui ne cache pas son amour d’un bling-bling très inventé par lui : J’aime habiller les ego, si vous n’avez pas un ego très fort, ça ne sert à rien.” Assassiné à Miami en 1997, sa sœur Donnatella reprend le flambeau familial et en fait une marque d’ultra-luxe. Elle perpétue le style Versace, ultra-sexy, utra-voyant et presque provoc’, mais qui marque les esprits – ce qui compte en mode !
Ph.: Associated Press
 
 
18_42_39_217458612_gucci_3.jpgGucci
 
Gucci, c’est d’abord l’histoire d’une famille, comme bien souvent en Italie. Guccio Gucci naît dans une entreprise de chapeaux de paille, mais ce n’est pas assez séduisant pour lui. Il part alors à Londres où il devient maître d’hôtel au Savoy. Il revient avec une idée précise, celle de développer bagages et maroquinerie de luxe. L’image de la maison s’inspire du monde de l’équitation – le mors de cheval devient l’emblème de Gucci, ainsi que les deux G entrelacés. Son entreprise de produits haut de gamme connaît rapidement du succès à travers ses foulards imprimés double G – portés tout aussi bien par Raissa Gorbatchev que par Liz Taylor –, ou ses mocassins, souliers, symboles d’une certaine classe sociale et de la réussite financière – ex : Alain Delon porte alors ces fameux mocassins Gucci. Oscillant au cours des décennies suivantes, la griffe reprend très nettement du galon quand Tom Ford en prend la direction artistique en 1994. Le jeune Texan sait y faire, et propose une image de marque à la fois chic et très sensuelle. Les robes sont moulantes, échancrées, les chemises de smoking largement déboutonnées sur les torses bronzés. A la charnière des années 90 et 2000, les campagnes pub de Gucci font grand bruit, shootées par Mario Testino. Elles développent l’idée du porno chic, un concept qui s’adapte aux années fric et bling, et qui fait le succès sans relâche de ladite marque.
Ph.: Gucci
 
 
19_10_32_837648294_prada_pub.jpgPrada
 
Prada est l’une des griffes italiennes les plus anciennes, puisque c’est en 1913 que Mario Prada monte, à Milan, une entreprise de luxe, spécialisée dans la maroquinerie haut de gamme, mais aussi dans la vente des plus belles choses au monde : cristal de Bohême, argenterie d’Angleterre et bois d’Orient. “Faire du luxe” avec son nom marqué dessus, voilà une théorie qu’a bien comprise la famille Prada depuis le début. Miuccia Prada est la nièce de Mario P. Femme des extrêmes, elle fait science po, s’inscrit au Parti communiste italien, et monte sur les barricades des 60’s en tailleur Saint Laurent. Quand elle reprend l’entreprise dans les 70’s, elle pousse plus loin les paradoxes, et invente un nouveau luxe. Tout en perpétuant la production de maroquinerie haut de gamme, elle n’hésite pas à modifier la notion même de luxe, en créant un sobre sac à main en nylon, sur lequel est apposée la luxueuse griffe triangulaire, désormais mondialement convoitée. Sachant capter l’air du temps, elle imagine, à partir des 80’s, une collection de prêt-à-porter. N’hésite pas à fabriquer des vêtements dans des tissus d’ameublement. La force de la marque est d’avoir trouvé une identité visuelle à nul autre pareil. Ligne sobre, décor parfois rococo, couleurs flashy, matières alternatives, chez Prada, le luxe n’est pas ostentatoire ou clinquant, il trouve sa force en se montrant différemment, ce qui fait la réussite de la marque – dès lors reconnue et identifiable mondialement.
Ph.: Prada
 
 
18_12_50_560529057_Gamma-Rapho_ga619191_11.jpgValentino
 
Valentino Gaaravani (Volgera, 1932) est l’un de ces couturiers italiens qui marquent le XXe  siècle. Contemporain d’Yves Saint Laurent, il débute son parcours à Paris. Travaille chez Jean Dessès et Guy Laroche où il apprend, à leurs côtés, ce qui fait qu’une mode ne se démode pas. Revenu en Italie, il crée sa maison fondée sur cet enseignement : tradition des lignes, élégance atemporelle. On lit d’ailleurs chez Valentino une grande intelligence à réexploiter les formes anciennes, parmi lesquelles la mode Empire qui met en valeur le galbe du corps féminin. Pas de doute, Valentino aime les femmes et, plus que tout, les habille comme des déesses ou des femmes fleurs. A la fin des 60’s, il est d’ailleurs plébiscité par “l’élégante du moment”, Jackie O., qui lui commande sa robe de mariée. Ses collections se déclinent bientôt dans un rouge de feu, le rouge Valentino. Habillant les supermodèles des 90’s (dont Claudia Schiffer, ci-dessus) de rouge et de roses, Valentino transcrit la séduction faite femme. Son logo métallique – le V de Valentino ou Vraiment très beau –, que l’on retrouve dans les décolletés, sur les accessoires, préfigure l’utilisation du signe de reconnaissance dans le monde du luxe à venir. Le logo, qui crée ce lien d’appartenance avec le beau et l’exclusif, est créé par Valentino.
Ph.: Gamma Rapho

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