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09/03/2013

Un pour tous et tous pour un

La Libre, Momento, Ludo, jeux de société, coopérationLa coopération est une voie royale pour jouer en société.

Yves Cavalier


LES JEUX DE COOPÉRATION sont de plus en plus nombreux à envahir les étals des (bonnes) boutiques de jeu. Le principe est simple. On ne joue pas l’un contre l’autre, mais tous ensemble contre le jeu lui-même. Généralement, il y a un objectif à atteindre : permettre à tous les joueurs de quitter l’île après en avoir subtilisé les trésors (L’île interdite), éradiquer une série de virus qui s’attaquent aux cinq continents (Pandémie), partir à la conquête du Saint Graal (les Chevaliers de la table ronde), etc.
 
En général, la mécanique est similaire. Chaque joueur dispose d’une compétence particulière qui en fait l’allié incontournable des autres joueurs pour atteindre les objectifs. A chaque tour de jeu, un tirage aléatoire de cartes ajoute des contraintes supplémentaires et rend l’objectif plus difficile à atteindre. Avec un peu de chance et beaucoup de coopération, on finira par vaincre le sort qui s’acharne contre l’équipe.
 
Ce qui fait le charme – et pourquoi pas le génie ? – du genre, c’est qu’en dépit d’une mécanique assez systématique, chaque jeu est à chaque fois différent de l’autre. Mais, en outre, chaque partie d’un même jeu sera toujours très différente de la précédente, parce que ce sont les joueurs eux-mêmes, par leurs choix, par leur inspiration, par leurs craintes ou leur témérité, qui vont reconstruire le scénario.
 
C’est pourquoi les jeux de coopération sont en général très prisés dans les clubs pour initier les débutants : puisqu’on joue tous avec le même objectif, on peut conseiller ou se faire conseiller en permanence. Mais dans certains cas, il faut se méfier, car on peut fort bien dissimuler un “félon” parmi les joueurs (Démineurs)…
 
C’est aussi une manière très subtile d’initier les enfants aux jeux de société en leur inculquant d’autres valeurs que celle de la victoire en solo. La collaboration, la nécessité de penser aux autres, de jouer dans un esprit d’équipe, de gagner, mais aussi de perdre tous ensemble, autant de principes qui découlent naturellement de la pratique du jeu de coopération, sans aucune contrainte morale. Enfin, c’est aussi une manière de mettre tout le monde à égalité : adultes et enfants sont embarqués dans le même bateau.
 
Cela n’empêche pas qu’il y ait malgré tout des jeux plus adaptés à certains âges. Les mécanismes restent les mêmes. Ce qui change, en général, c’est la durée des parties, c’est parfois le matériel, et c’est souvent le thème. Encore que, parfois, on trouve des épreuves plus adaptées aux jeunes joueurs : les épreuves de mémoire, par exemple, genre dans lequel les enfants sont imbattables et disposent, dès lors, d’un atout réel vis-à-vis des adultes. Des jeux comme “Le petit Poucet” ou “Merlin pinpin” répondent parfaitement à ce critère.
 
 
La Libre, Momento, Ludo, jeux de société, coopérationAttaquons cette “Pandémie”. Ce soir, on sauve la planète 
Il y a 5 ans, est apparu au Canada un jeu qui allait ranimer et même révolutionner le genre du jeu de coopération. “Pandémie”, de Matt Leacock, oblige 4 joueurs (6 avec l’extension), à partir de 10 ans, à sauver la planète de la contamination d’une série de virus. Chacun dispose d’une compétence spécifique (médecin, ingénieur, chercheur…), et c’est en s’associant qu’on va pouvoir éradiquer le mal. Une partie dure 60 minutes d’une rare intensité, pendant lesquelles les joueurs vont discuter en permanence pour faire, ensemble, les bons choix au bon moment. Un incontournable du genre qui sera réédité ce printemps chez Philisophia (env. 40 €).
 
 
Ph.: Cava

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